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La revue de presse : Ce que la Flandre fait elle-même…

La revue de presse

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27 sept. 2022 à 07:30Temps de lecture4 min
Par Nicolas Vandenschrick

… provoque la crise. Depuis hier, le gouvernement flamand traverse en effet une crise politique, objet de tous les commentaires de la presse néerlandophone, ce matin.

La crise est complète pour Het Nieuwsblad, et profonde, pour Het Belang Van Limbourg. Symptôme le plus évident : pour la première fois de son histoire, la Flandre a dû, hier, reporter sa déclaration de septembre, discours politique censé marquer le début de l’année parlementaire.

C’est loin d’être anodin. Jusqu’ici, explique l’éditorialiste du Belang, à chaque fois qu’on interrogeait le ministre-président flamand Jan Jambon, il renvoyait à la déclaration de septembre. Hier, face aux parlementaires flamands, Jambon ressemblait à un étudiant qui arrive à l’examen sans s’être suffisamment préparé. Oui, ses cheveux étaient bien coupés et son costume magnifique, mais non, entre les mains du premier flamand, il n’y avait aucun discours. A peine une courte déclaration : "nous n’avons pas d’accord, nous allons continuer à travailler."

Apparemment, ce week-end de négociation budgétaire n’a pas été de tout repos. Lors du dernier round de négociation, il se serait laissé aller aux émotions, accusant le CD&V de le lâcher. Constat très dur de la presse : le ministre président a perdu tout leadership.

Voilà, ajoute un éditorialiste que le fameux slogan "ce que la Flandre fait seul, elle le fait mieux" ferait mieux d’être rangé dans les cartons de la n’Va. Sterke Jan – surnom que lui donne Het Laatste Nieuws – est à la peine.
Le ministre-président a 3 jours, prévient De Morgen, pour sauver son gouvernement.
 

La Flandre peut-elle se payer une crise politique ?

Côté francophone, deux quotidiens évoquent le cas d’une boulangerie, terrassée par la crise de l’énergie. "Assassinée" disent l’Avenir et la Dernière Heure, la boulangerie Dumont (à Vensimont) est forcé de fermer boutique. La facture mensuelle d’énergie est passée de 1860 à plus de 11.000€. A moins de faire passer le carré blanc à 16€80, impossible de maintenir le commerce à flot. Ces petits artisans "assassinés par la crise", c’est une honte écrit l’Avenir en édito. Pas seulement un défaut d’anticipation politique. Mais une démonstration flagrante de l’immoralité économique présente dans des marchés dérégulés. La fameuse, la soi-disant main invisible du marché ne contribue pas au bien commun. Uniquement aux intérêts des particuliers.

On devine que la Flandre doit elle aussi connaître son lot d’artisans dont l’activité menace sous les factures d’énergie. Pour ceux-là comme pour bon nombre de citoyens, la crise politique passe mal, explique Het Laatste Niewus. "On nous a demandé d’être patients. Dans l’intérêt d’une politique bien pensée." Et voilà qu’au jour de découvrir ce que les décideurs politiques ont choisi pour leur région, voilà qu’il faut entendre que c’est la crise (politique). Jusqu’où les partis flamands oseront-ils aller ? Demande le quotidien qui l’admet, le constat a déjà été tiré, mais cette manière de jouer avec la confiance des citoyens est dangereuse.
Pour De Standaard, l’équipe de Jambon se retrouve debout, le pantalon sur les chevilles. Difficile d’imaginer pire certificat d’inefficacité.

La N’Va qui a toujours plaidé qu’à l’échelon régional flamand il était possible d’être bien plus efficace qu’au régional, aura désormais bien dû mal à développer cet argument. Le CD&V, au départ de cette crise politique, a perdu son statut (autoproclamé) de parti de bonne gouvernance.

Difficile, ajoute de Standaard, de contredire les citoyens qui se plaindront des politiciens incompétents. Et inquiétant, car l’article qui borde cet édito porte sur les résultats des élections italiennes et rappelle à tous qu’en politique, la déception des électeurs peut rapidement se payer comptant.

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