Tennis - Serena Williams

La retraite de Serena Williams : ce record qu’elle n’égalera jamais

Serena Williams prend sa retraite : portrait de cette légende du tennis

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Serena Williams prend sa retraite, après avoir passé 27 ans sur le circuit professionnel. Elle a tout gagné, et notamment 23 titres du Grand Chelem en simple (7 Australian Open, 3 Roland-Garros, 7 Wimbledon, 6 US Open). Mais ce n’est pas un record…

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Quand Serena Williams remporte l’Australian Open, à la fin du mois de janvier 2017, elle a déjà 35 ans. Mais elle est toujours la meilleure, en atteste cette place de numéro un mondiale qu’elle retrouve, grâce à ce triomphe à Melbourne. Des plus jeunes qu’elle, Angelique Kerber, Victoria Azarenka, Garbine Muguruza, l’obligent à se battre un peu plus, et l’empêchent de tout gagner, mais elle arrive régulièrement à les mater, y compris dans les plus grands rendez-vous.

Globalement, c’est encore elle qui domine, et qui est la plus régulière. Sur les huit derniers Grands Chelems disputés, elle en a gagné quatre, a atteint deux finales, et deux demi-finales.

De record en record

Et chaque triomphe lui permet d’asseoir encore un peu plus sa place dans l’histoire du tennis. D’abord, elle égale le record de 22 victoires en Grand Chelem dans l’ère Open, détenu par Steffi Graf. Et puis, elle le bat.

En Australie, en 2017, elle gagne son 23e "Majeur", en s’imposant face à sa sœur, Venus Williams, en finale. Elle n’est plus qu’à une longueur de l’Australienne Margaret Court. Là, on ne parle plus seulement de l’ère Open, mais de toute l’histoire du tennis. Hommes et femmes confondus, en plus. Il est évident, aux yeux de tous, que ce record absolu, Serena Williams va l’égaler, puis se l’approprier rapidement. Peut-être dès cette année, après l’US Open.

Margaret Court s’illustrant depuis quelques années par des déclarations ouvertement homophobes, la voir disparaître très vite du Guinness Book tennistique est une perspective qui réjouit beaucoup de monde.

Seulement, ce que l’on ignore, c’est que quand Serena Williams gagne le dernier point de l’édition féminine de l’Australian Open, en 2017, elle est enceinte de deux mois. Que sa saison est terminée, et qu’elle devra se battre pour revenir au sommet en tant que maman, comme Kim Clijsters l’a fait avant elle.

Alexis Olympia Ohanian, que l'on appelle Olympia, naît le 1er septembre 2017. Et sa célèbre maman reprend la compétition dès le mois de mars suivant, à Indian Wells.

Des défaites cruelles

En conférence de presse, elle parle de ce fameux record de 24 Grands Chelems. Oui, elle le veut, bien sûr, sinon elle ne serait pas revenue. Et elle se sent capable d’atteindre cet objectif, sans se mettre trop de pression sur les épaules.

Ce qu’elle ne sait pas à ce moment-là, c’est qu’elle devra répondre aux mêmes questions, encore et toujours, pendant plusieurs années. Et que la (trop) grande envie d’y arriver va l’inhiber dans les grands rendez-vous. "Bien sûr que je pense à ce record, et que cela pèse lourd", finira-t-elle par avouer. Sinon, comment expliquer qu’après son congé de maternité, Serena Williams soit encore capable d’atteindre des finales en Grands Chelems, mais plus de les gagner ?

Elle les perd même très sèchement, sans remporter le moindre set. Elle ne parvient jamais à se libérer complètement, et à jouer son meilleur tennis. En 2018, elle se fait laminer par Angelique Kerber à Wimbledon (6/3-6/3) et par Naomi Osaka à l’US Open (6/4-6/2). Rebelote lors de ses 2 finales de Grands Chelem en 2019. A Londres, elle est écrasée par Simona Halep (6/2-6/2), et à New York, elle s’incline face à Bianca Andreescu (6/3-7/5).

Après le premier de ces quatre rendez-vous "manqués", on pensait que c’était un accident de parcours, et que ce n’était que partie remise. Après le deuxième, au cours duquel elle a craqué nerveusement à la suite d’une décision arbitrale, le doute s’est installé. Chez les amateurs de tennis, et peut-être chez elle.

Après le quatrième, perdu contre une adversaire inexpérimentée à ce niveau, il est devenu évident que l’Américaine ne faisait plus aussi peur à des adversaires jeunes et téméraires. Et que le temps jouait contre elle. Les occasions allaient se raréfier, les blessures peut-être se multiplier, et surtout son rôle de maman devenir prioritaire. Cette quête d’un 24e Grand Chelem allait devenir une mission quasiment impossible à réussir.

La plus grande, malgré tout

Et en effet, la marche était trop haute, et le compteur est désespérément resté bloqué à 23. Serena Williams n’a plus jamais été proche d’un nouveau sacre dans l’un des quatre tournois les plus importants du monde. Elle s’en va, après avoir battu pratiquement tous les records du tennis, mais pas celui-là.

Pour le coach de ses plus belles années, Patrick Mouratoglou, cela ne change rien. Quand sa joueuse de l’époque a fêté ses quarante ans, il s’est dit persuadé que quoi qu’il arrive, l’Histoire la considérerait comme la plus grande de tous les temps. "Sans vouloir manquer de respect à Margaret Court, elle jouait à une autre époque, où toutes les filles n’allaient pas en Australie, où le tennis était un sport amateur, où les tableaux n’accueillaient souvent qu’une quarantaine de participantes". Ajoutant qu’au-delà du palmarès, Serena Williams avait eu un impact considérable. "Elle a changé ce sport, en lui apportant une dimension athlétique et mentale qui n’existait pas auparavant. Sa sœur et elle ont ouvert des portes, dans une discipline considérée comme réservée aux blancs, avant elles. Donc, il ne fait aucun doute que c’est elle, la plus grande joueuse de tous les temps, même sans le record".

Serena Williams a gagné 23 titres du Grand Chelem en simple
Serena Williams a gagné 23 titres du Grand Chelem en simple AFP or licensors

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