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La rentrée scolaire et la ministre de l'Enseignement obligatoire

La rentrée scolaire et la ministre de l'Enseignement obligatoire
06 sept. 2012 à 09:112 min
Par Bertrand Henne

A première vue, c’est un changement important, notable, qui va transformer notre école. Une formation plus longue, c’est pour mieux préparer les enseignants aux difficultés de leur métier, ça va aussi revaloriser les instituteurs qui auront accès à des salaires plus élevés. Cet allongement de la formation, c’est une des réponses principales au problème lancinant de la pénurie des enseignants. Vous le savez, il y a de très nombreux abandons en début de carrière des jeunes profs. Ça démontre donc à l’envi l’urgence du problème.

Pourtant, cette communication de rentrée est tout sauf une bonne nouvelle. Ce n’est pas une bonne nouvelle de voir en Une de la presse une idée soi-disant neuve mais qui est déjà présente dans un accord de gouvernement vieux de 4 ans. Depuis 4 ans, le sujet a déjà été évoqué à plusieurs reprises, notamment au Parlement et dans les médias. Et depuis 4 ans, on attend des décisions sur le calendrier de la mesure, sur le contenu -qu’est-ce qu’ils vont apprendre ces professeurs pendant ces deux années supplémentaires ?-, et puis sur le financement. Évidemment, c’est tout le nœud du problème.

Rien de neuf, ou presque, ici. Pas de date avancée, avant ou après les élections de 2014, quelques vagues idées sur le fond et pas d’idée claire sur le financement.

Non, ce n’est pas une bonne nouvelle de voir que ce dossier est bloqué et que la ministre n’annonce donc rien de décisif. Elle fait miroiter aux profs une très hypothétique revalorisation, c’était sans doute trop tentant à un mois des élections…

Non, ce n’est pas une bonne nouvelle de voir que Marie-Dominique Simonet communique alors que le problème de la pénurie de profs semble s’aggraver, notamment en primaire. L’idée de parler d’autre chose que du décret inscription, d’évoquer la formation des profs et le pédagogique ; c’est évidemment louable de la part de la ministre, mais à condition, évidemment, de ne pas en rester dans le discours d’intention.

Souvenez-vous, il y a une semaine, Benoit Lutgen, le président du cdH sortait sur le financement du libre. On comprend, après cette deuxième sortie de Marie-Dominique Simonet, que ce n’est pas une rentrée où le politique va parler de l’apprentissage de la lecture, va parler de l’intégration de l’enfant en difficulté, va parler de l’absence de philosophie dans les programmes, va parler du choix des manuels scolaires, va parler d’apprentissage à la diversité ; tous ces sujets si importants.

 

On comprend que c’est une rentrée où les problèmes lancinants -la compétition scolaire, le coût très élevé de notre modèle, sa piètre efficacité, le découragement des jeunes profs-, eh bien on n’a pas trouvé un début de réponse forte. C’est encore une rentrée où l’on ne va pas vraiment parler de l’école, de ce qu’on y fait, de ce qu’on y apprend, et du modèle que nous voulons. Pour l’école, cette rentrée politique, c’est une rentrée pour rien !

Bertrand Henne

 

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