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La reine Beatrix, populaire "chef de l'entreprise" Pays-Bas

La reine Beatrix, populaire "chef de l'entreprise" Pays-Bas
26 avr. 2013 à 09:44 - mise à jour 29 avr. 2013 à 12:522 min
Par Belga News

Dès son intronisation en 1980, elle a souhaité s'impliquer dans la vie de son pays, à l'opposé du style effacé de sa mère Juliana. Très populaire auprès des Néerlandais, elle choisit ainsi de transformer en "palais de travail" un palais de La Haye, ville où siègent le gouvernement et le parlement.

Surnommée "chef de l'entreprise Pays-Bas", elle y a reçu fréquemment ministres, ambassadeurs et représentants de la société civile. Mais si sa mère préférait être appelée "Madame" (en Français), Beatrix tient au titre de "Sa Majesté".

Premier enfant de Juliana et du prince Bernhardt, Beatrix Armgard Wilhelmina, princesse d'Orange-Nassau, est née le 31 janvier 1938. Peu après sa naissance, elle est emmenée par ses parents en exil en Grande-Bretagne et au Canada pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après ses études de droit, son mariage avec le diplomate ouest-allemand Claus von Amsberg, le 10 mars 1966, provoque la controverse. Les Néerlandais acceptent mal que leur future reine épouse un prétendant ayant porté l'uniforme de la jeunesse hitlérienne durant la guerre.

Beatrix, à la mise en plis toujours impeccable et souvent coiffée d'un chapeau parfois excentrique, a eu trois fils, dont son successeur Willem-Alexander, qui aura 46 ans samedi.

Son deuxième fils, le prince Johan Friso, est dans le coma depuis un accident de ski en février 2012, plongeant la reine dans une profonde tristesse. Celle-ci a toutefois continué stoïquement à exercer ses fonctions.

Durant la vie de Beatrix, les Pays-Bas connaissent de profonds changements, donnant au pays sa réputation d'expérimentateur sociétal : légalisation de l'avortement, dépénalisation du cannabis, mariage homosexuel...

Lors de son intronisation le 30 avril 1980, la cérémonie est perturbée par de violentes manifestations anti-royalistes menées par le mouvement des squatters, alors très actif à Amsterdam, au slogan de "pas de logements, pas de couronnement! ".

"Ni le pouvoir, ni la volonté personnelle ou la prétention à l'autorité héréditaire, mais seule la volonté de servir la communauté peut donner un sens à la royauté moderne", réplique-t-elle alors.

Beatrix la travailleuse a toujours tenu à avoir une relation privilégiée avec ses Premiers ministres successifs qui, selon la tradition, venaient chaque lundi matin l'informer des affaires du royaume.

L'un d'eux, Dries van Agt, a loué son côté "organisé" et son "sens des affaires". "Beatrix est très forte sur le fond des dossiers", a-t-il dit : "elle est comme une buse qui des hauteurs tiendrait à l'oeil son pays".

"La maison royale est vraiment gérée comme une entreprise", renchérit Henk Weseling, historien et conseiller de la cour.

Le 30 avril 2009, lors des cérémonies de la Fête de la Reine à Apeldoorn (centre), la mort de sept personnes, tuées par un chauffard qui avait foncé dans la foule, manquant de peu le bus dans lequel se trouvait la famille royale, semait la consternation. "Nous sommes tous sans voix devant le fait qu'une chose aussi terrible ait pu arriver, " avait déclaré Beatrix, très émue, lors d'une allocution télévisée, peu après le drame.

Après son abdication, Beatrix se retirera en tant que "princesse" dans le château champêtre de Drakensteyn, au coeur des Pays-Bas. Elle y avait déjà vécu 18 ans avant son intronisation et son déménagement à La Haye. Ses trois fils ont grandi dans ce château.

"Je ne me retire pas car ma fonction m'est trop lourde, mais parce que je suis convaincue que la responsabilité de notre pays se trouve dans les mains d'une nouvelle génération", avait déclaré la reine le 28 janvier, lors de l'annonce de son abdication.

Belga

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