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Jam

La réincarnation musicale de la reine Zenobia

04 août 2022 à 10:46Temps de lecture2 min
Par Rémy Nakhla

On est au troisième siècle après Jésus-Christ, l’empire autour de Palmyre s’étend sur l’actuelle Syrie, Turquie, Egypte et Jordanie et ce royaume, il appartient à la reine Zénobie. Une souveraine de caractère qui a su développer son territoire et sa culture de façon remarquable pour cette époque Romaine. C’est un peu en hommage et continuité spirituelle que Nasser Halahlih et Isam Elias ont lancé le projet musical Zenobia.

Une techno baignée dans les sons traditionnels orientaux, un mélange propre à eux. À l’occasion de leur passage au festival Esperanzah, on a pu discuter avec les deux artistes palestiniens.

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Les deux artistes composant Zenobia nous décrivent leur projet comme "un mix entre la musique électronique, les sonorités du Moyen-Orient et les mélodies que l’on apporte de notre pays natal". Ils prennent le meilleur d’Haifa, leur ville où ils puisent leur inspiration, "pour mélanger le sens de la mélodie arabe aux beats de la production électronique". Et étant originaire de Nazareth, Isam rajoute qu’il est baigné dans la musique traditionnelle très présente là-bas d’Oum Kalthoum à Fairuz.

Ce mélange est une réussite sans aucun conteste, pourtant il restera toujours le fruit du hasard : "Le projet est né d’une erreur. On s’orientait vers un projet beaucoup plus techno, plus deep avec une troisième personne qui ne fait pas partie de Zenobia mais celle-ci n’a pas poursuivi l’idée plus que ça. Du coup j’ai demandé à Isam s’il savait jouer des airs de musique arabe au clavier et puis on a commencé à faire une jam. Le projet a commencé d’une séance de jam et la semaine suivante on avait notre premier show. Depuis lors, c’était en 2018, nous jouons quasiment chaque semaine."

De leurs shows se dégage une énergie incroyable et le sentiment de partage le plus total. Une fois qu’ils montent sur scène la magie opère, "De base on a 30 à 40% du show qui sont toujours préparés, où on sait ce que l’on fait et le reste s’improvise encore comme une jam sur le moment. Donc chaque show sera un peu différent. Pour donner l’exemple de la Belgique, le concert que l’on donne ici à Esperanzah est un peu différent de celui d’il y a quelques mois au Listen festival. On essaye de créer un moment avec le public, on ressent l’ambiance pour construire notre concert. Après les shows, quasiment tout le monde à le sourire."

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Zenobia et la Belgique c’est une histoire solide puisqu’ils sont sur un label belge, Crammed Disc via leur branche Acid Arab records. "On a ce lien avec le label ici en Belgique mais aussi avec le public qui a accroché à notre univers. La première fois que nous avons joué ici c’était il y a 4 ans et cette année on vient jouer 3 fois. Et c’est 3 fois pour des belles personnes."

L’une des dates de cette année pour le groupe s’est faite avec le duo Acid Arab ; "On est sur leur label et on joue souvent ensemble". Un groupe qui a une base commune de mélange d’électro et de traditions du Moyen-Orient mais un produit fini que l’on ne peut pas comparer. "On aime le travail d’Acid Arab et comme tu le dis, on est dans le même registre musical mais ça sonne différemment." Deux univers qui pourraient se croiser car quand la question d’une jam commune est posée, Nasser répond que ça ne s’est pas encore fait mais que l’idée est très bonne.

Enfin, pour envelopper leur univers dans une sorte de mythe qui nous transporte, les deux amis ont choisi d’appeler leur projet Zenobia venant du nom de la reine Zenobie, "l’une des uniques reines dans un monde de rois qui en fait une personnalité particulière tout comme notre musique l’est. Un cas particulier dans un paysage global." C’est donc l’esprit de Zenobie qui revit, "qui revient d’une autre dimension" au travers de la musique de Zenobia.

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