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La poésie urbaine, synthétique et "fragmentée" de Grand Blanc: une envie de faire sonner le français "autrement"

La poésie urbaine, synthétique et "fragmentée" de Grand Blanc: une envie de faire sonner le français "autrement"
18 févr. 2016 à 13:42 - mise à jour 18 févr. 2016 à 13:422 min
Par AFP Relax News

Révélé par une poignée de chansons coups-de-poing, le jeune quatuor pop rock Grand Blanc déploie sa poésie urbaine, synthétique et "fragmentée" dans un premier album avec l'ambition de faire sonner le français "autrement".

Une voix masculine grave et rentre-dedans accolée à une voix féminine aiguë et plus éthérée. Des musiques semblant sortir tout droit de synthés et de boîtes à rythmes des années 1980 mais dont les structures et les mouvements sont celles de l'ère numérique et des ordinateurs.

Des textes plongeant tantôt vers la noirceur et regardant tantôt vers la "Tendresse" ou "L'amour fou"... Grand Blanc aime jouer des contrastes et des collages.

S'ils vivent désormais à Paris, ces Messins "élevés à l'ombre des hauts-fourneaux" restent attachés à leur région d'origine, marquée par "les blessures de l'Histoire".

"C'est un endroit dont tu vois assez bien l'espace et le temps de l'Europe. Il y a des fantômes, des traces, tu as énormément de nationalités, une culture extrêmement multiple mais sauvage", confie à l'AFP le chanteur Benoît David, regard direct et voix posée.

S'il sort vendredi son premier album, "Mémoires vives" (Entreprise), Grand Blanc, dont le nom est un hommage aux rugueux hivers lorrains, n'est pas inconnu.

Depuis plusieurs mois, on peut le voir arpenter les scènes avec une poignée de chansons rageuses, dont un tube, "Samedi la nuit", qui avait fait danser les Trans Musicales de Rennes fin 2014.

Pour ce premier disque, le groupe a capté et réuni les bribes d'une nouvelle vie "intense" sur les routes dans des chansons composées de façon collective et "fragmentaire".

"Au gré des envies, l'un de nous ouvre une session sur un ordinateur et commence quelque chose. Chacun apporte ensuite sa touche, un peu comme un cadavre exquis. Cela peut partir d'une mélodie, d'un texte, d'une rythmique ou d'une petite ligne au synthé", explique sous sa mèche blonde Camille Delvecchio, chanteuse et claviériste du groupe.

Une façon de composer, par "juxtaposition" d'idées, qui convient à un groupe pour qui la "forme" du propos compte autant que le fond.

Au Printemps de Bourges en avril

"Cela a coïncidé avec ma rencontre avec une certaine forme de théâtre où il n'y a plus d'écriture qui précède le jeu. En théâtre, on appelle ça l'écriture au plateau", ajoute Benoît David.

"Cela amène une urgence qui fonctionne très bien aussi en musique. Si on considère qu'un studio peut aussi être l'endroit où on peut construire une narration", ajoute cet ex-étudiant en lettres.

Grand Blanc impose ainsi sa singularité dans la pop rock en français, dans un registre différent des confidences rageuses d'un Fauve ou des chansons lettrées d'un Feu! Chatterton, deux groupes qui ont récemment secoué la scène française.

Les Messins ont le goût des jeux de mots qui claquent et ne craignent pas, dans des chansons comme "Verticool" ou "Evidence", "les textes courts ni "l'esthétique de la répétition", qui n'a pas forcément "une grande noblesse" mais s'avère "puissante", selon Benoît.

L'enjeu est aussi pour Grand Blanc de se débarrasser d'une image parfois sombre qu'ont pu leur apporter leurs premières chansons. Une image qui, clament-ils, ne leur ressemble pas.

"On ne fait pas de la musique des cocotiers ni des tropiques, mais il y a des messages optimistes dans notre musique", assure Camille.

Les morceaux fondateurs de leurs débuts, dont "Samedi la nuit" et "Montparnasse", figurent toutefois bien à la fin de ce premier album, après les dix nouvelles chansons.

Et ils seront évidemment en bonne place dans les concerts que le groupe va reprendre à partir du 4 mars à Marseille, avec un passage à Paris (Maroquinerie) le 15 mars et au Printemps de Bourges le 12 avril.

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