Belgique

La plupart des cellules d’isolement dans les prisons belges sont incompatibles avec la dignité humaine

23 oct. 2021 à 04:00 - mise à jour 23 oct. 2021 à 09:25Temps de lecture2 min
Par Fabrice Gérard

C’est la conclusion d’un rapport d’une centaine de pages rédigé par le Conseil central de surveillance pénitentiaire (CCSP). Un rapport détaillé de la situation de chacune des 36 prisons du pays en ce qui concerne les cellules d’isolement ou de punition. Un travail "transversal" réalisé après avoir interrogé la plupart des directeurs de prison. Ainsi que de nombreux détenus passés par ce que l’on appelle plus communément les cachots.

Des conditions matérielles déplorables

"Il faut bien avouer que la situation n’est guère reluisante, explique l’avocat Marc Nève qui préside le CCSP. Il y a quelques jours, lorsque nous sommes allés à la prison de Tongres, nous avons constaté qu’un détenu placé en cachot n’avait pas trouvé d’autre moyen pour se vêtir, que de s’enrouler le corps avec du papier toilette. C’est totalement inacceptable".

Le rapport pointe d’abord les conditions matérielles déplorables de la plupart des cellules d’isolement. Il est question d’absence de lumière, de manque d’aération, de literie moyenâgeuse.

Les droits élémentaires des détenus bafoués

Dans le même temps, il est également fait mention de droits élémentaires bafoués. "Même lorsque l’on est à l’isolement, indique Marc Nève, tout détenu a le droit de sortir de sa cellule pour une promenade à l’air libre. Or ce n’est que très rarement le cas".

Le CCSP dénonce aussi le recours régulier aux menottes depuis la cellule classique jusqu’au cachot : "La prison est un endroit sécurisé. Des agents pénitentiaires y travaillent. Pas besoin d’avoir recours à ce genre de pratique qui stigmatise le détenu".

Enregistrer tous les placements à l’isolement

Aujourd’hui, excepté à la prison de Dinant, toutes les prisons belges disposent de cellules d’isolement. Mais à moyen terme, celles-ci, si elles ne vont pas disparaître du jour au lendemain, ne font désormais plus partie de l’arsenal répressif des derniers projets du gouvernement : "il n’y aura plus de cachots dans les établissements de transition. C’est ce qu’a indiqué Vincent Van Quickenborne, l’actuel ministre de la justice. C’est une petite lueur d’espoir dans ce tableau particulièrement sombre".

En attendant, le Conseil central de surveillance émet une série de recommandations. Notamment, c’est essentiel selon lui, l’enregistrement systématique des détenus qui sont placés à l’isolement, ce qui n’est pas le cas pour le moment.

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