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Un jour dans l'histoire

La pénicilline, exemple type de sérendipité

06 janv. 2022 à 06:28Temps de lecture2 min
Par RTBF La Première/Aline Jacobs

La sérendipité est un mot entré dans le dictionnaire il y a quelques années à peine et qui se définit comme la capacité, l’art de faire une découverte par hasard. La pénicilline, les rayons X ou encore le four à micro-ondes… ces inventions ont toutes quelque chose en commun : elles ont été découvertes un peu par hasard.

L’histoire de la pénicilline nous est racontée par Aline Jacobs, avec les archives de la SONUMA.

Une découverte surprenante

Alexander Fleming dans son laboratoire de l’hôpital Sainte-Marie de Londres.

L’histoire de la pénicilline commence pendant l’été 1928.

Alexander Fleming, bactériologue écossais, diplômé de l’école de médecine de Saint Mary Hospital de l’Université de Londres, s’apprête à partir en vacances. Il laisse derrière lui un laboratoire bien rempli. Sur des étagères, des boîtes de Petri avec des staphylocoques, ces bactéries d’apparence jaunâtre, responsables à l’époque d’infections graves, et que Fleming est en train d’analyser.

A son retour quelques jours plus tard, il constate qu’une moisissure verte a fait son apparition sur les échantillons. Elle a la même apparence que celle que l’on retrouve sur les fruits moisis, un champignon appelé le Penicillium notatum et qui semble avoir tué les staphylocoques dans les boîtes de Petri, car ils sont devenus transparents.

Comment ce champignon s’est-il retrouvé là ?

L’hypothèse la plus probable est le vent. Il aurait transporté les spores du Penicillium notatum par la fenêtre restée ouverte, qui se serait alors déposé sur les boîtes de Petri pour s’y développer.

Il est probable que d’autres scientifiques ont observé ce phénomène. Alexander Fleming n’est pas le seul, à l’époque, à travailler sur les microbes et autres moisissures, mais le bactériologue décide d’investiguer. Il s’adapte à l’imprévu et explore des contrées inconnues. Il conclut que ce champignon, le Penicillium notatum, doit produire une substance bactéricide, et il la nomme logiquement "la pénicilline".

Une découverte incomprise

Alexander Fleming a 47 ans quand il découvre que la pénicilline est une toxine qui s’attaque à la paroi de la bactérie, l’empêchant de se développer et de coloniser le corps humain. Sûr de ses résultats, il décide de présenter sa trouvaille devant une assemblée de scientifiques renommés, le Medical Research Club. Mais sa découverte n’est pas prise au sérieux, les scientifiques désapprouvent sa méthode de travail. Ils avancent aussi que la pénicilline semble bien compliquée à reproduire.

Alexander Fleming est bien forcé de laisser sa découverte au placard, faute de soutien et de laboratoire adapté. Dix ans plus tard, en 1939, des chercheurs d’Oxford, Howard Florey et Ernst Chain, s’intéressent enfin à la pénicilline. Ils parviennent à isoler la toxine, à la concentrer et à la purifier.

Le temps de la reconnaissance

1939, c’est aussi le début de la Seconde Guerre Mondiale, qui fera entre 50 et 60 millions de morts. Ce nombre aurait pu être plus important encore si Alexander Fleming et ses confrères n’avaient pas fait usage de leur avancée scientifique sur les champs de bataille. Grâce à la pénicilline, les infections provoquées par les blessures sont stoppées et des vies sont sauvées. La toxine est alors industrialisée durant cette période de conflit.

La pénicilline, cette substance antibiotique, devient un produit très apprécié. Des maladies potentiellement mortelles comme la tuberculose ou la pneumonie sont guéries en quelques semaines. Ses effets secondaires sont peu nombreux.

La fin de la guerre marque l’heure de la reconnaissance pour Alexander Fleming et ses confrères. En 1945, ils reçoivent tous les trois le Prix Nobel de médecine.

Alexander Fleming décédera 10 ans plus tard, en 1955, d’une crise cardiaque, à l’âge de 73 ans.

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Sérendipité : la pénicilline

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