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Drame migration

"La participation de la Belgique à une intervention militaire en Syrie n'est pas à exclure"

"La participation de la Belgique à une intervention militaire en Syrie n'est pas à exclure"
11 sept. 2015 à 12:02 - mise à jour 11 sept. 2015 à 12:582 min
Par RTBF.be avec agences

C'est le Premier ministre Charles Michel (MR) qui l'a évoqué lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil des ministres restreint (kern) tenu par le gouvernement fédéral ce vendredi : "Toutes les pistes diplomatiques sont pour l'instant évoquées et explorées au niveau international, mais une intervention militaire, à laquelle pourrait participer la Belgique, n'est pas exclue". 

Confirmation de 8000 places supplémentaires pour les demandeurs d'asile

Lors de ce kern, le gouvernement fédéral s'est également accordé sur le principe d'ouvrir progressivement 8000 nouvelles places pour des demandeurs d'asile. "Elles seront mobilisées progressivement, dans le cadre d'un phasage et d'une concertation avec les acteurs impliqués et utilisées si nécessaire en vertu du monitoring" qui analyse l'afflux de réfugiés en Belgique, a annoncé le Premier ministre Charles Michel.

Concrètement, un appel public pour 5000 places sera finalisé pour le mois d'octobre et 3000 places supplémentaires, soit dans de nouveaux centres soit dans des centres existants, à Bourg-Léopold (500 à Moorslede), Lanaken (120) et Belgrade-Namur (400) s'ajouteront à terme à l'offre d'accueil. La Belgique disposera à terme de quelque 40 000 places d'accueil dans des centres ouverts ou via des initiatives locales.

Le WTC III adapté

Concernant l'optimisation du pré-accueil pour l'enregistrement des réfugiés candidats à l'asile, les concertations se poursuivent notamment avec les autorités locales, les opérateurs et le propriétaire. Parmi les pistes sur la table figure celle de rendre les 500 places du bâtiment WTC III mises à disposition de ces réfugiés en demande d'enregistrement opérationnelles 24 heures sur 24. L'amélioration des conditions sanitaires (douches) est également à l'étude.

Critiqué, le gouvernement a répliqué en mettant en avant le "travail gigantesque" effectué dans l'urgence. Ce travail se poursuit, notamment en améliorant les conditions de pré-accueil, mais surtout en ouvrant des places d'accueil partout dans le pays. Il y a les concertations avec les autorités locales, les opérateurs, les propriétaires, les assureurs.

Réponse aux attaques d'Yvan Mayeur

Yvan Mayeur (PS), dont le parti siège dans l'opposition, s'en est sévèrement pris à l'action du gouvernement dans les colonnes du Standaard vendredi, évoquant une politique "xénophobe et anti-bruxelloise" organisée par la N-VA depuis Anvers. Il y a "des déclarations excessives qui n'aident pas" à la recherche de solutions constructives, a estimé Charles Michel.

Principalement visé par Yvan Mayeur qui avait appelé à le mettre "hors d'état de nuire", le secrétaire d'Etat Theo Francken a dit se refuser à "entrer dans le jeu des petites querelles politiciennes, certainement pas sur le dos des réfugiés qui fuient des régions de guerre et la misère".

Le bourgmestre de Bruxelles est particulièrement remonté contre l'absence de plan de répartition et vis-à-vis de l'abandon de centaines de migrants pris en charge par les autorités locales et les ONG dans le parc Maximilien à deux pas de l'Office des étrangers. La plateforme citoyenne qui organise la coordination des bénévoles dans ce parc a invité le secrétaire d'Etat Francken à se rendre sur place.

"J'ai reçu une bonne éducation et je réponds toujours aux invitations", a indiqué Theo Francken selon qui la plateforme a annulé, pour des raisons d'agenda, une première tentative de rencontre. Il se dit prêt à se rendre sur place dans les prochains jours, dimanche ou lundi.

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