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Exposition - Musées

La pandémie n'a pas découragé le mécénat culturel

Les ultra-riches américains se montrent particulièrement généreux vis-à-vis du monde de la culture.
31 janv. 2022 à 08:512 min
Par AFP

De nombreuses institutions culturelles ont craint un recul du mécénat au profit d’autres urgences, sanitaires et sociales. Mais les philanthropes continuent de soutenir financièrement les arts, selon un nouveau rapport du cabinet Wealth-X.

En matière de philanthropie, les plus riches de ce monde ne regardent pas à la dépense. Ils ont reversé 175 milliards de dollars à diverses causes caritatives en 2020, d’après la dernière édition du rapport "Ultra High Net Worth Philanthropy"de Wealth-X. Un tiers de ces dons philanthropiques ont été effectués par des individus dont la fortune avoisine les 30 millions de dollars. Leur montant ? 590 000 dollars, en moyenne.

Le cabinet Wealth-X a constaté que les ultra-riches sont de plus en plus nombreux à donner une partie de leur patrimoine à des associations caritatives. "Ce phénomène s’explique par l’évolution des attitudes à l’égard de l’engagement civique au sein d’une population ultra-riche plus diversifiée et multigénérationnelle, par sa sensibilisation accrue aux problèmes environnementaux et sociaux et par la consternation croissante du public face à l’augmentation des inégalités sociales et économiques dans le monde (ce qui a été accentué par la pandémie de Covid-19)", peut-on lire dans l’étude.

Les Américains sont ceux qui consacrent le plus d’argent au mécénat. Ils ont reversé 85 milliards de dollars à différents projets philanthropiques en 2020, contre 51,7 milliards de dollars chez les Européens. Ces ultra-riches se montrent particulièrement généreux vis-à-vis du monde de la culture. Ainsi, 37% d’entre eux ont fait des dons à des institutions artistiques en 2020. C’est bien plus que les mécènes européens (28,7%) et surtout que ceux originaires d’Asie (9%).

Des mécènes parfois encombrants

Le monde de la culture n’a jamais ménagé ses efforts pour attirer de nouveaux mécènes. Dîners mondains, visites en avant-première d’exposition, rencontres avec les artistes… Tous les moyens sont bons pour chouchouter ces bienfaiteurs, dont les donations sont particulièrement précieuses dans ce contexte de crise sanitaire. Au début de la pandémie, certains musées et galeries d’art ont demandé à des artistes de renommée internationale comme Jack Pierson et David Shrigley de créer des masques ou de donner des œuvres d’art inédites pour lever des fonds pour le secteur culturel.

Si la crise du Covid-19 a souligné l’importance du mécénat dans les arts, les acteurs du milieu sont conscients que la philanthropie a vocation à changer. Plus question de recevoir les fonds d'"amis des arts" controversés, comme les Sackler. Longtemps érigée en modèle de philanthropie, cette riche famille américaine et britannique a vu ses dons refusés par de nombreux musées en 2019. La raison ? Les Sackler ont bâti leur fortune grâce au laboratoire pharmaceutique Purdue Pharma, qui est accusé d’être à l’origine de la crise des opiacés aux Etats-Unis avec son médicament, l’OxyContin.

La même année, le prestigieux Turner Prize a dû rompre le contrat avec son sponsor Stagecoach sous la pression de la communauté artistique. La société de transport a été vivement critiquée suite à la découverte des positions conservatrices de son actionnaire, Sir Brian Souter, concernant l’enseignement des questions LGBT à l’école. D’autres entreprises comme BP et Total sont aussi regardées d’un mauvais œil dans le milieu.

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