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Unesco: adhésion de la Palestine, les Etats-Unis coupent leur financement

Unesco: adhésion de la Palestine, les Etats-Unis coupent leur financement
28 oct. 2011 à 17:09 - mise à jour 31 oct. 2011 à 18:084 min
Par AFP

Le vote à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), dont le siège est à Paris, a eu lieu en fin de matinée lundi. 

La Belgique a voté pour

"Aujourd'hui, une très large majorité d'Etats membres de l'Unesco, dont la Belgique, vient de voter en faveur de l'admission de la Palestine à l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, les Sciences et la Culture. La Belgique a voté en ce sens tout comme dix autres Etats membres de l'UE", a expliqué le porte-parole du Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères, Michel Malherbe, dans un communiqué.

Selon lui, ce vote "reflète le fait que l'Autorité palestinienne a considérablement progressé" sur la voie de la constitution d'un Etat, grâce notamment aux contributions de l'UE et de la Belgique.

Les Etats-Unis stoppent leur financement en représailles

L'admission palestinienne embarrassait particulièrement les Américains, placés dans une position délicate vis-à-vis de l'Unesco. La pleine adhésion des Palestiniens, qui bénéficiaient jusqu'à présent du statut d'observateur, a provoqué l'arrêt de leur contribution financière à l'organisation, soit 22% de son budget.

Les Etats-Unis ont annoncé lundi qu'ils suspendaient leurs versements à l'Unesco après l'adhésion de la Palestine à cette agence de l'ONU.

"Nous devions effectuer un versement de 60 millions de dollars à l'Unesco en novembre et nous ne le ferons pas", a déclaré la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland à la presse.

Après l'avoir boycotté pendant 20 ans (1984-2003) pour protester contre sa mauvaise gestion et son idéologie tiers-mondiste, les Etats-Unis participent désormais activement aux programmes de l'agence, y voyant un moyen de diffuser certaines valeurs occidentales sans se mettre en première ligne.

Les diplomates de l'Unesco insistent notamment sur l'importance à leurs yeux des programmes en faveur des femmes et des filles dans certains pays.

Les Américains sont tenus par deux lois votées au début des années 1990 par le Congrès, qui interdisent le financement d'une agence spécialisée des Nations unies qui accepterait les Palestiniens en tant qu'Etat-membre à part entière.

Les Européens divisés

"La Conférence générale (qui réunit l'ensemble des Etats-membres, NDLR) décide de l'admission de la Palestine comme membre de l'Unesco", indique la résolution adoptée par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre, parmi les pays présents.

"Ce vote permettra d'effacer une infime partie de l'injustice faite au peuple palestinien", a déclaré devant la Conférence générale le ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, Ryiad al-Malki.

Outre les Etats-Unis, l'Allemagne et le Canada ont voté contre, tandis que l'Italie et le Royaume Uni se sont abstenus.

Le Brésil, la Russie, la Chine, l'Inde, l'Afrique du sud et la quasi-totalité des pays arabes, africains et latino-américains se sont prononcés pour l'adhésion.

La France, qui avait émis de sérieuses réserves sur la démarche palestinienne à l'Unesco, a finalement voté pour l'adhésion.

La représentation française a justifié son vote positif. "Aujourd'hui, la question qui était posée était de savoir si la communauté internationale répondait oui ou non à la demande d'adhésion de la Palestine à l'Unesco", a expliqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.

"A partir du moment où elle l'est, il nous faut prendre nos responsabilités et répondre sur le fond. Et sur le fond, la France dit oui", a-t-il précisé.

"L'Unesco, ce n'est ni le lieu, ni le moment. Tout doit se passer à New York. On espère que les choses vont bouger, mais il faut continuer à convaincre", avait pourtant déclaré vendredi le même Bernard Valero.

Un enjeu symbolique

Les Palestiniens voient dans ce vote un premier succès dans leur démarche d'adhésion à l'ONU en tant qu’État membre à part entière.

"C'est vraiment un moment historique qui rend à la Palestine certains de ses droits. La Palestine est le berceau des religions et des civilisations", s'est félicité devant les Etats-membres le ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, Riyad al-Malki.

"L'entrée de la Palestine porte le nombre d'Etats membres de l'Unesco à 195", a dit l'organisation dans un communiqué. Elle s'ajoute à celle du Soudan du Sud, votée vendredi dernier.

Les pressions diplomatiques des États-Unis et de certains pays européens n'ont pas découragé les Palestiniens, qui n'avaient jusqu'ici qu'un statut de "mission d'observation" à l'Unesco.

Le président palestinien Mahmoud Abbas avait été ferme jeudi. "Nous ne renoncerons pas à la demande d'adhésion de la Palestine à l'Unesco, où la bataille est très intense", avait-il déclaré, affirmant ne voir "aucune justification" à l'abandon de cette candidature.

Pas seulement un problème financier

Pour la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova, la décision des États-Unis aura "de graves conséquences". Washington fournissait 22% du budget de l'UNESCO.

"Il faudra couper des programmes, réajuster l'équilibre de notre budget. Mais ce n'est pas seulement un problème financier, c'est un problème qui concerne l'universalité de notre organisation", a-t-elle dit à l'AFP, en jugeant que c'est "dans l'intérêt des États-Unis" de rester à l'Unesco.

Les Européens voulaient convaincre les Palestiniens de se contenter d'adhérer à trois conventions de l'Unesco, dont celle du Patrimoine mondial, ce qui est possible pour un "Etat non membre". Mais les représentants palestiniens et d'une écrasante majorité d'Etat membres n'étaient pas de cet avis.

RTBF avec agences

Vote de l'Unesco sur l'ouverture de ses portes à la Palestine

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