Chronique cinéma

"La nuit du 12", un polar doublé d’un drame, une excellente plongée dans nos états d’âme

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01 sept. 2022 à 13:07Temps de lecture3 min
Par Nicolas Buytaers

C’est la rentrée pour notre chroniqueur cinéma, Nicolas Buytaers, qui va nous parler des sorties cinéma de la semaine, et il commence par un polar, La nuit du 12. 

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La nuit du 12, c’est cette nuit-là que la jeune Clara a été assassinée, brûlée vive. La Police Judiciaire de Grenoble est chargée de l’enquête, qui malheureusement piétine. Chaque fois que les hommes de la PJ croient tenir une piste ou un éventuel suspect, l’alibi est béton… Et pour ces policiers, il faut se rendre à l’évidence, jamais, ils ne retrouveront le meurtrier de Clara. Il va falloir apprendre à vivre avec ça.

"La nuit du 12", réalisé par Dominik Moll démarre comme un polar puis, habillement, vire au drame avant de continuer comme une excellente plongée dans nos états d’âme. Le film évoque le féminicide, les rapports hommes-femmes… ou plutôt le rapport de l’homme aux femmes - ce sont d’ailleurs les mots de l’un des deux policiers, excellemment bien interprété par Bouli Lanners - comment il les voit, comment il les juge, comment il les imagine. Mais ce film raconte surtout nos angoisses, nos craintes, nos faiblesses, celles qui nous empêchent d’avancer et de continuer à vivre. Ce film nous raconte comment nous devons surpasser ces embûches, comment nous devons les accepter, apprendre à vivre avec et surtout, comment elles peuvent nous faire grandir. 

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La dégustation

D’un côté vous avez Hortense. Elle aimerait être maman et son horloge biologique lui dit qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps pour que ça fonctionne. De l’autre, vous avez Jacques, tout aussi bourru que son alcool de prunelle peut bourrer. Ces deux-là étaient donc faits pour se rencontrer. Où ça ? Pendant les cours de dégustation donnés par Jacques. Ils vont surtout apprendre à mieux se connaître, à se regarder, à se sentir, à se goûter… Bref, ils vont apprendre à mieux s’apprécier. Vous l’aurez deviné, les rapports humains sont comme un bon vin, ils s’apprennent sans modération.

Ce film est réalisé par Ivan Calbérac qui avait déjà écrit la pièce dont il s’inspire et qui avait déjà mis en scène ladite pièce. Une pièce jouée à de nombreuses reprises mais dont les représentations ont été stoppées net par ce vilain virus dont nous tairons le nom, sorte de Voldemort de la Culture. Ivan Calbérac a donc réuni toute la troupe de théâtre pour faire de cette pièce un film, avec, comme sur les planches, le duo Isabelle Carré et Bernard Campan. Un duo qui se reforme 20 ans après "Se souvenir des belles choses", film pour lequel Isabelle avait remporté le César de la Meilleure actrice.

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"La ruse" en DVD

Le film était sorti en salles en avril dernier, le voilà donc en DVD et Blu-ray chez Warner Home Video. Nous sommes en 1943. Les troupes alliées veulent débarquer en Europe. Elles ont choisi la Sicile. Pour éviter un véritable bain de sang, pour éloigner les Allemands des côtes italiennes, les renseignements britanniques mettent alors au point une ruse. Ils prennent un cadavre anonyme, ils l’habillent et glissent dans un porte-documents des papiers annonçant que les Alliés vont finalement débarquer en Grèce. Cette opération est baptisée Mincemeat ou en français dans le texte Opération Viande hachée…

Ce film "La ruse" s’inspire d’une véritable histoire, d’un incroyable récit, d’une opération folle, celle de faire passer un homme mort pour le plus grand des agents secrets. L’Histoire nous l’a déjà démontré, plus c’est gros, plus ça passe. Les services secrets de l’époque ont fabriqué de toutes pièces cet énorme mensonge pour tromper les Nazis. Ils ont inventé la vie d’un homme pour que leur histoire reste crédible. Ils ont poussé l’art de la fake news à l’extrême. C’est d’ailleurs ce que nous explique ce film : en temps de guerre, la désinformation est une arme redoutable. Un film qui pose aussi des questions comme "ça veut dire quoi être vivant ?", "qu’est-ce qui marque la vie d’un homme ?"

Il y a dans cette production anglaise du suspens et de la tension. On y retrouve tout le charme des films d’espionnage so british des années 50. Mais aussi de cette littérature noire si particulière, romanesque et vraie. Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans le film "La ruse" un personnage comme Ian Fleming. C’est le papa de James Bond et c’est lui qui a soufflé l’idée de faire vivre ce mort ! Rajoutez encore à ce film de John Madden, le réalisateur de "Shakespeare in Love", un casting de fou emmené par Colin Firth et vous l’avez votre spectacle de la semaine.

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