Murmures du monde

La Nueva Cancion, ce genre musical au rôle important dans les luttes politiques et culturelles de l’Amérique latine

Mercedes Sosa
16 sept. 2022 à 09:49Temps de lecture2 min
Par Hélène Van Loo

Hélène Van Loo vous emmène en Amérique latine, à la découverte de la nueva cancion, un genre musical mais aussi tout un mouvement qui, dans les années 60 et 70, exprimera la voix du peuple en marche vers la libération des exploités, avec des accents de contestation politique.

Les artistes de la nueva cancion s’accompagnent sobrement à la guitare et puisent dans les traditions populaires des Amérindiens floués, du petit peuple exploité et écrasé… Parmi ces artistes, des noms comme Victor Jara, la Chilienne Violetta Parra ou encore Atahulpa Yupanqui et Mercedes Sosa en Argentine, et Daniel Viglietti en Uruguay…

Assassinat de Victor Jara

C’est dans les années 60, donc, que la Nueva canción s’est développée, notamment au Chili, en Argentine et en Uruguay, ainsi qu’à Cuba où elle est connue sous le nom de nueva trova.

Paroles d’amour ou chroniques, lamentations ou appels à l’action, la nueva cancion a joué un rôle important dans les luttes politiques et culturelles de l’Amérique latineUn courant qui fut porté à l’attention internationale, surtout grâce aux chansons de l’auteur-compositeur-interprète chilien Víctor Jara, assassiné par les voyous de Pinochet lors du coup d’État de 1973, tandis que des groupes comme Inti Illimani ont été contraints à l’exil.

En Argentine également, Atahualpa Yupanqui et Mercedes Sosa ont été arrêtées par des gouvernements militaires.

Destins d’Atahualpa Yupanqui et de Violetta Parra

Atahualpa Yupanqui, né Hector Roberto Chavero, a adopté comme déclaration politique le nom d’un des derniers Incas. Il a passé une grande partie de sa jeunesse à voyager à travers l’Argentine, recueillant des chansons populaires de payadores itinérants, des poètes improvisateurs, et de chanteurs folkloriques dans les zones rurales.

Au cours de sa longue carrière, Atahualpa Yupanqui a introduit une vision politique affirmée et un style de jeu distingué dans la musique folklorique argentine. Sa chanson la plus célèbre est "¡Basta ya !".

Atahualpa Yupanqui sera, à plusieurs reprises, contraint à l’exil. En 1967, il s’installe définitivement à Paris. C’est d’ailleurs à Paris, alors qu’il évolue dans les clubs de la rive gauche, avec son style austère et intense, qu’il s’attire l’admiration d’Edith Piaf. C’est à Paris aussi qu’Atahualpa Yupanqui rencontre et partage la scène avec Violeta Parra.

Atahualpa Yupanqui
Atahualpa Yupanqui © Calle Hesslefors / ullstein bild via Getty Images

Comme Yupanqui, Violeta Parra a beaucoup voyagé, chantant et recueillant, puis préservant et popularisant des chansons d’anciens payadores. Elle a également créé, à partir de ces traditions de chant rural, un modèle et un répertoire pour ce qui deviendra la nueva canción. Ses chansons célèbrent le rural et le régional, la musique du paysan, du travailleur agricole et du migrant marginalisé.

Musicalement, Violetta Parra est pionnière dans l’utilisation d’instruments andins ou amérindiens – le charango à carapace de tatou, notamment ou encore la quena (flûte de bambou) et la flûte de pan.

Violetta Parra laissera un héritage de chansons exquises, dont beaucoup avec une pointe d’ironie, comme dans sa célèbre chanson "Gracias a la vida" (Merci à la vie), reprise plus tard par Joan Baez et une foule d’autres.

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