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Murmures du monde

La musique jamaïcaine : à l’origine du reggae de Bob Marley

La musique jamaïcaine : à l’origine du reggae de Bob Marley

Dans son émission Murmures du monde, Hélène Van Loo vous emmène en Jamaïque, pour découvrir les origines de la musique Reggae.

La Jamaïque et le mento, berceaux du reggae

C’est dans cette île des Caraïbes, dont la capitale est Kingston, que tout a commencé…

Et l’histoire commence, comme souvent dans les pays colonisés, par l’intervention des colons, d’abord espagnols puis britanniques, qui, estimant que la vie serait plus belle si les esclaves faisaient le sale boulot à leur place, décident de faire venir de la main-d’œuvre d’Afrique dès le XVIIe siècle.

Les esclaves noirs emportent dans leurs bagages leur culture, semant la "mauvaise graine" dans les habitudes des colons… Musicalement parlant cette graine, loin d’être mauvaise, donnera le "mento".

Le mento c’est donc un mélange d’influences diverses : chant de travail, chants de tradition africaine mêlés aux emprunts de traditions anglaise et française… Les Noirs y chantent les événements de leur vie quotidienne, leur condition, avec une certaine férocité. Le Mento sera l’un des éléments constitutifs du Reggae.

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Le rastafarisme

Mais on ne peut pas parler du reggae sans évoquer son côté spirituel. Les esclaves noirs n’avaient que la religion comme refuge. Et malgré l’abolition de l’esclavage, comme l’île est restée aux mains des Anglais jusqu’en 1962, les inégalités, elles, étaient loin d’être abolies… La religion conserve sa fonction salvatrice et devient même, dans les années 20, un moyen de contester l’emprise britannique.

La pensée et l’action d’un certain Marcus Garvey, militant jamaïcain influenceront alors le mouvement “back to africa”, une vision indissociable du rastafarisme…

Le rastafarisme est cette croyance, née dans les années 1930, implicite dans le reggae, qui consiste à vénérer le dernier empereur d’Ethiopie : Hailé Sélassié Ier, autrement appeler Ras Tafari. Adoration justifiée par le fait que Ras Tafari, "le dieu noir", régnait sur un des seuls états africains indépendants. Les Jamaïcains devenus "rasta" voient en lui leur libérateur, celui par qui ils reviendront à la terre promise : L’Afrique.

Avec le temps, subsiste surtout une philosophie de résistance à un système corrompu et hostile. Rassemblés en communautés durant les années 30, les rastas, qui fument la ganja et se laissent pousser les cheveux en dreadlocks, n’ont pas de musique propre… Jusqu’à ce qu’ils se rapprochent des burrus, une communauté restée proche des traditions africaines.

Du Rythm and Blues au Ska

Durant la seconde guerre mondiale, les soldats afro-américains installés dans l’île écoutent leur musique, le "rythm and blues".

Les jeunes Jamaïcains tendent l’oreille et découvrent un son nouveau… Les discothèques s’en emparent et font danser les habitants de l’île.

Au début des années 60, sous l’influence du rythm and blues, la Jamaïque invente sa propre musique : le Ska.

Le ska garde le rythme boogie-woogie en 4/4 propre au rythm and blues, mais déplace l’accent et marque le contretemps, qui restera caractéristique des musiques de l’île.

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Dans le milieu des années 60, le ska perd de sa vitesse au propre comme au figuré : le rythme se ralentit, les cuivres laissent place aux guitares et aux claviers, le son de la basse s’alourdit et s’impose. C’est la création d’un bref mouvement appelé "le rock steady", dernier maillon avant l’arrivée du reggae.

C’est en 1968, avec la chanson Do the Reggae du groupe Toots and the Maytals que le terme "reggae" s’installe…

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Le reggae, la synthèse du ska et du rock steady

Avec l’apparition du rythme one drop en 1970, popularisé par le titre “satta massagana” des Abyssinians, le reggae ralentit encore son tempo.

Avec le reggae, la sensation d’inversion du temps se renforce et le tempo augmente. Les guitares électriques marquent chaque temps. La basse dégage une sensualité torride. On sent la moiteur de la Jamaïque… Et les effets de la ganja.

Car la ganja, cette herbe de la Jamaïque réputée magique, Bob Marley, dieu du reggae en a fumé plus d’un brin.

Bob Marley ! Bob Marley reprend d’ailleurs tous les dogmes du rastafarisme : vénération de l’Afrique et retour à sa source, les dreadlocks nattes de cheveux qui symbolisent la beauté noire et bien sûr la ganja.

Au début des années 70, Chris Blackwell, le fondateur de la maison de disques ISLAND, signe de nombreux artistes jamaïcains. Bob Marley et son vieux complice Peter Tosh fondent le groupe The Wailers dont le premier album "catch a fire", sort en 1972.

Découvrez la suite de l’histoire du reggae dans l’émission Murmures du monde d’Hélène Van Loo, ci-dessous

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