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Classic 21 Metal

La Muerte invité dans Classic 21 Metal

CLASSIC 21 METAL

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22 nov. 2022 à 15:29Temps de lecture123 min
Par Classic 21/Communiqué

Ce vendredi 25 novembre, Marie-Amélie Mastin et Cyril Wilfart ont reçu le groupe La Muerte dans l’émission Metal sur Classic 21.

Une émission à réécouter dès à présent ci-dessus.

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Quatre ans après leur album éponyme unanimement acclamé, LA MUERTE continue de repousser ses limites avec SORTILEGIA, un tout nouvel album sorti pour la première fois sur le label COUNSOULING (AMENRA, WIEGEDOOD, JARBOE,…).

SORTILEGIA est probablement leur œuvre la plus lourde et la plus sombre à ce jour. Tout au long de sa carrière et jusqu’à aujourd’hui, le groupe ne ressemble à rien d’autre qu’à lui-même, et il est donc toujours impossible de le classer dans un genre spécifique. La couleur musicale du projet a bien sûr évolué du fait du parcours des nouveaux membres, mais pas de manière radicale, et on retrouve sur ce nouveau disque une bonne partie de ce qui fait son caractère unique et inclassable. L’album est à nouveau produit par LA MUERTE et Déhà (Wolvennest, Mongolito…) et sort ce mois-ci.

Le groupe sera notamment de passage au Botanique à Bruxelles le 25 janvier prochain pour présenter en live ce nouveau projet.

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" Sortilegia " ? Une incandescente bande-son de l’Apocalypse. La Muerte revient au combat avec un brûlot encore plus intense, massif et homogène que leur cru 2018. Jadis, en réponse à une question journalistique, Dee-J et Marc du Marais avaient qualifié leur travail de " surréalisme morbide ", ce qui définissait mieux leurs intentions que toute étiquette formelle.

Mais s’il faut vraiment catégoriser, pourquoi pas : " Borderline Rock " : toujours pousser la lame un cran plus loin, et la conserver bien aiguisée. Dans le chaudron de la bande mijote encore une décapante mixture de sonorités psychédéliques, métalliques et bruitistes à nulle autre pareille.

La Muerte n’a rien perdu de sa radicalité crue et farouche. Choisir l’édition vinyle ! Pour sa pochette, par l’artiste français Fabrice Lavollay au recto dantesque et au verso très… tranchant. Et car chaque face à sa cohérence, forte. Face A : A la gutturale et oppressante ouverture striée de brèves explosions de colère (" Sortilegia ") succède une séquence furieuse, cadencée de martèlements puissants, ponctuée de courts motifs mélodiques répétitifs hypnotiques, secouée de brutales saccades de stridences distordues, à l’allure de plus en plus frénétique (ouf !) – le triptyque " No Fear ", " Kiss My Fist " (en duo avec Ross, de Length of Time) et " Snake in My Hand ". Arrive alors l’inquiétant " Brother Satan ", fausse accalmie vite striée d’éclairs. Le premier acte se conclut par l’étrange " Pontiac Firebird " au texte scandé sur fond de bruitages menaçants sur lesquels s’incruste une lugubre mélopée à 5 notes. Pause.

On retourne la plaque, juste le temps de penser à d’autres fous d’un rock sans concessions, Blue Cheer, Hawkwind, Amon Düül, Celtic Frost, Killing Joke… Eux aussi, en leurs temps, surent se maintenir en équilibre sur la ligne de crête de leur choix, en toute intégrité… Avant pour certains d’abdiquer ou de rentrer dans le rang…

Face B : Entrée tourmentée avec " Monster ", sauvagement mélodieux (si, si !) – on y reconnaît au deuxième couplet la voix de Dominique Van Cappelen (Von Stroheim, Fleur de feu…). Déboule ensuite un agressif doublé convulsif – " Blood on the Moon " où se bousculent accélérations et ralentis subits et " Dust, You Will Return " encore plus impétueux. Et l’on se dirige à pas plus lents vers d’autres contrées hantées avec le lent et lourd " Keep Your Secret " tout en souffrance retenue, qui nous mène (nous prépare ?) à " Longue misère ", une pièce finale d’exception, lancinante et lugubre, où la voix gutturale profère : " Je suis celui qui marche, vipère au poing, dans les ruines de mon univers… " Mais par quel sortilège, La Muerte n’a rien perdu de sa radicalité crue et farouche ?

Jacques ‘Pompon’ de Pierpont

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