RTBFPasser au contenu

Regions

La monnaie locale bruxelloise "la Zinne" est disponible en version digitale

Le QR Code à scanner pour payer en Zinne est mis en évidence près de la vendeuse de Ozfair.

Dans 30 des 220 commerces et services de la Région bruxelloise adeptes de "la Zinne", on peut maintenant dépenser cette devise avec le scan de QR Code de notre smartphone. Cette monnaie est en circulation depuis 2019. L’objectif est d’inciter les utilisateurs à dépenser leur argent dans la capitale. Des billets, elle passe au digital pour "fluidifier sa circulation", précise Jérémy Bacon, de l’ASBL Zinne. Les structures participantes pourront également payer leurs factures en Zinne électronique.

Dans la boutique fairtrade Ozfair, le QR Code est bien en place. Mais peu de clients connaissent le concept, encore moins cette monnaie locale bruxelloise. La dimension cosmopolite de la région n’aide pas, beaucoup de gens sont de passage. Surtout, la plupart comprennent mal le fonctionnement de la Zinne d’après la vendeuse Lidwine : "Je ne suis pas certaine que ce soit si bien maîtrisé comme outil. Certaines personnes trouvent ça difficile de l’employer." D’après elle, seuls deux clients habitués emploient la Zinne chez Ozfair.

Les Zinnes valent la même somme à l’unité que les Euros. "1 euro = 1 Zinne", comme le dit la vendeuse de Ozfair.
Les Zinnes valent la même somme à l’unité que les Euros. "1 euro = 1 Zinne", comme le dit la vendeuse de Ozfair. Sandra Farrands – RTBF

Une monnaie avec des valeurs

En tout cas, la vendeuse d’Ozfair soutient la démarche. "L’idée de la monnaie locale de promouvoir les commerces locaux est sympathique. Mais étonnamment, lorsqu’on a commencé à utiliser la Zinne, cela avait beaucoup plus de succès qu’aujourd’hui." Juste à côté, sa collègue Dominique rapporte la plainte de quelques clients : "Certains viennent me dire qu’ils aimeraient une monnaie alternative à l’Euro." Elles font toutes deux part d’un manque de visibilité de la Zinne. Dans le centre-ville, le gérant du concept store Manneke, Lawrence Louis-Charles, ne voit pas encore d’évolution avec la Zinne digitale : "J’ai un peu plus de Zinne dans ma caisse dernièrement, mais ce sont des billets physiques." Ce vendeur soutient l’idée que cela peut rassurer une clientèle aux considérations éthiques. "Tout ce qu’on essaye de vendre ici vient de producteurs locaux, et les bénéfices des ventes circulent au sein de la région."

Tristan Dissaux et Jérémy Bacon sont les deux concepteurs de l’application autour de la Zinne digitale.
Tristan Dissaux et Jérémy Bacon sont les deux concepteurs de l’application autour de la Zinne digitale. Sandra Farrands – RTBF

Une utilisation plus rapide

Jusqu’ici, la Zinne s’échangeait dans des comptoirs de change, situés dans les boutiques volontaires. Le passage au digital retire cette contrainte. "Avoir la Zinne sur son téléphone en version électronique est beaucoup plus simple", explique Tristan Dissaux, socioéconomiste et bénévole à l’ASBL Zinne. "Il faut simplement faire un virement bancaire. Le compte est crédité et le client peut directement le dépenser."

Pour les commerces, c’est aussi avantageux indique le bénévole. "C’est entièrement gratuit pour eux, c’est une grosse différence par rapport au système de paiement électronique traditionnel. Il n’y a pas de freins majeurs à part que c’est un nouveau système à adopter, relativement simple pour les prestataires." Leur prochain objectif est de démarcher plus de fournisseurs sur Bruxelles, pour prendre plus d’ampleur encore.

Loading...

Articles recommandés pour vous