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« La mesure des choses » : un documentaire sur le désordre du monde

La mesure des choses

© Iota Production

A quelques jours de l’ouverture du Festival International du Film Francophone à Namur, La Trois propose ce documentaire qui a remporté la Mention Spéciale du Jury au FIFF l’an dernier. Réalisé par Patric Jean, ce film nous embarque dans un voyage poétique en Méditerranée, là où se croisent pêcheurs, migrants, sauveteurs et scientifiques. Raconté par la voix de Jacques Gamblin, il nous offre une réflexion profonde sur l’état de la planète, la question migratoire et le sens du monde.

La mesure des choses un film à ne pas manquer dans Fenêtre sur doc sur La Trois le lundi 16 août 16/08 à 22h30 et à revoir sur Auvio

La mesure des choses
La mesure des choses © Iota Production

Le film s’ouvre en Crète, berceau de la légende de Dédale et son fils Icare. Ingénieur-architecte et artiste, Dédale donne les derniers conseils à Icare avant qu’il ne s’envole du labyrinthe dans lequel ils sont enfermés. Il lui recommande de ne voler ni trop haut, ni trop bas et de chercher la juste mesure.  Icare a volé trop haut et s’est brûlé les ailes. Et si nous étions en train de faire la même chose ? Nous brûler les ailes à force de ne pas comprendre la " juste mesure des choses ". La légende sert de point de départ et de fil rouge tout au long du film.

Partant de la méditerranée, celle qui sépare le sud de l’Europe au nord de l’Afrique, il nous invite à regarder le monde tel qu’il est et à réfléchir sur ce que l’Homme en a fait. C’est en méditerranée que se fondent nos racines et où les savants comme Euclide, Pythagore ou Archimède ont cherché à mesurer et à ranger le monde dans des règles et des calculs mathématiques. " Pouvaient-ils craindre que nos technicités réchaufferaient la planète entière au point d’en faire monter les eaux ? " se demande Patric Jean ?  Partant du passé vers le présent, il nous emmène là où se croisent aujourd’hui les marins, les pêcheurs, les migrants qui espèrent des jours meilleurs, les sauveteurs qui secourent les naufragés, les chercheurs qui analysent les conséquences du réchauffement sur les fonds marins.

Dans un port d’Afrique du nord, des dizaines de pêcheurs s’activent. " Il n’y a que misère et la faim ici " dit l’un d’eux. La force des images racontent à elles seules les conditions de travail, le danger de la mer, la misère …  Pendant ce temps, une scientifique italienne parle de l’augmentation inquiétante des méduses en méditerranée à cause du réchauffement climatique. Une embarcation part au secours de migrants naufragés en mer. Les cris des enfants résonnent dans le noir de la nuit. Cette même puissance des images et des sons rend chaque propos qui suit plus fort encore. Dans le camp de réfugiés de Moria, Ahmed, un réfugié irakien, raconte les conditions de vie indignes dans lesquelles sa famille et lui vivent depuis des mois. Les humanitaires qui y travaillent témoignent de la détresse qui règne ici. 

On ressort chamboulé par ces 90 minutes d’images poétiques et terribles à la fois, par ce film d’une force inouïe qui nous pousse immanquablement à réfléchir sur notre rapport au monde, à la Terre, sur notre façon de vouloir tout dominer, contrôler, produire, consommer … quitte à se brûler les ailes !

Un film produit par Iota Production en coproduction avec TAG Film et la RTBF

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