Justice

La mère de la petite fille tuée par des chiens voit sa condamnation suspendue par la justice.

Chien American Staff

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12 sept. 2022 à 15:07Temps de lecture2 min
Par Valérie Labonne

La maman de Talya, une fillette de 8 ans, qui avait été tuée par des chiens de la famille, le 12 juillet 2021, a bénéficié de la clémence du tribunal. La sixième chambre du tribunal correctionnel du Hainaut a suspendu, ce lundi matin, le prononcé de sa condamnation.

 

Talya vivait à Strépy-Bracquegnies avec sa mère et 4 chiens dont 2 de race American Staff, des chiens considérés comme des chiens d’attaque et qui sont soumis à une réglementation spécifique. La fillette de 8 ans est morte après avoir succombé aux blessures infligées par au moins un de ces chiens. Dans la nuit du 11 au 12 juillet 2021, sa mère l’avait laissé seule dans le domicile en compagnie des animaux, c’est à ce moment-là qu’un des molosses, particulièrement agressif, l’a mordu à plusieurs reprises. Quand la police est arrivée sur place, le chien qui aurait mené l’attaque a été abattu, le second American staff a été placé à la SPA de La Louvière.

 

Le 27 juin 2022, le ministère public avait requis devant le tribunal correctionnel de Mons une peine d’un an d’emprisonnement, assortie d’un sursis probatoire contre la mère poursuivie pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution. Elle avait été maintenue depuis en liberté et avait strictement respecté son contrôle judiciaire

Chien American staff
Chien American staff CC

Le tribunal a suspendu le prononcé de sa condamnation

Ce lundi 12 septembre, la sixième chambre du tribunal correctionnel du Hainaut a prononcé la suspension de sa condamnation, pour une durée de 5 ans. Elle reste reconnue coupable des faits qui lui sont reprochés c’est-à-dire avoir laissé seule sa fille pendant 20 minutes en compagnie des 2 chiens d’attaque.

Le tribunal a assorti sa décision de mesures probatoires très strictes qui impliquent notamment un suivi social auprès d’un assistant de justice pendant une période de 5 ans mais aussi un suivi psychologique adapté à sa situation. Son avocat, Maître David Gelay, nous explique que sa cliente est très affectée par toute cette situation et qu’elle reste anéantie par la perte de sa fille. Elle bénéficiera également d’un suivi pour lui permettre un retour vers l’emploi. La mère de Tanya ne sera plus autorisée à détenir de chien, quelle que soit sa race et ne pourra détenir qu’un seul animal domestique à la fois.

L’avocat du Barreau de Charleroi se dit satisfait de cette décision du tribunal où la détresse psychologique et économique de sa cliente a été prise en compte.

Un drame qui s’est noué dans une grande précarité.

Le père de Tanya s’était porté partie civile, il réclamait des dommages et intérêts de 15.000 euros. Le tribunal a réduit sa demande à 1 euro provisionnel. Les magistrats ont pris en compte la situation économique de la mère qui a signalé, pendant son procès, que le père ne l’avait jamais aidé financièrement pour subvenir aux besoins de la fillette. Par ailleurs, il n’avait pas reconnu son enfant et n’avait pas pu démontrer qu’il était bien le responsable légal de l’enfant.

Le procureur et le père de Tanya ont 30 jours pour faire appel de cette décision.

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