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On n'est pas des pigeons

La majorité des communes wallonnes vont augmenter la taxe poubelle : pour quelles raisons ?

La majorité des communes wallonnes vont augmenter la taxe poubelle : pour quelles raisons ?

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18 nov. 2019 à 15:172 min
Par On n'est pas des pigeons

Mauvaise nouvelle pour le portefeuille : la majorité des communes wallonnes vont augmenter la taxe poubelle. Son nom officiel c’est "taxe sur la collecte et le traitement des déchets ménagers". Mais pourquoi est-ce que ça grimpe ?

Ce n’est pas tout à fait le choix des communes, contrairement à ce qu’on pourrait penser. En matière de collecte et de traitement des déchets, les communes n’ont pas de marge de manœuvre. C’est un arrêté wallon qui impose le calcul de la taxe.

Un calcul qui correspond au coût vérité du service collecte et traitement. Autrement dit, ce n’est pas une taxe qui rapporte aux communes puisque cette recette sert à payer les intercommunales (au nombre de 7 en Wallonie) qui sont chargées de ce service. Arnaud Ransy est spécialiste de la question à l’Union des villes et communes de Wallonie. Il explique qu’il y a beaucoup d’éléments qui influencent les coûts de gestion des déchets ménagers. " Vous avez les carburants, ça peut être certaines augmentations de taxe. Cela peut aussi être des diminutions de subsides… Tous ces éléments-là, font qu’au final, le service presté par l’intercommunale devient plus cher, et la commune est obligée de répercuter cette facture-là sur le citoyen ".

Une taxe qui fait râler les citoyens

Les intercommunales sont donc aussi sous pression financièrement. Augmentation des flux de recyclage, taxe kilométrique, prix des carburants, recyparcs vieillissants, subsides régionaux en berne… Autant d’éléments qui font que la collecte et la gestion coûtent plus cher.

La taxe sur la collecte et le traitement des déchets ménagers est sans doute, avec la taxe égouttage, celle qui fait le plus râler les citoyens. D’ailleurs, au moment de confectionner le budget, les communes y regardent à deux fois avant de revoir les montants à la hausse. Pour Arnaud Ransy, même si c’est compréhensible que cette taxe fasse râler, il est important de la mettre en perspective. " Il faut la mettre en perspective avec d’autres dépenses. C’est un service qui est important, lié à la salubrité publique. C’est quelque chose de précieux, et on peut considérer qu’en général pour la partie forfaitaire on tourne autour d’une centaine d’euros l’année. C’est à peu près 10 euros par mois, et quand on compare à d’autres services qu’on peut considérer comme moins fondamentaux, on est loin de certaines autres factures mensuelles des ménages ".

Une pression double pour les communes

Globalement, les augmentations de la "taxe poubelle" votées dans les communes wallonnes sont donc contenues : de 2 euros à un peu moins de 10 euros selon les régions pour une taxe socle qui n’excède que rarement les 100 euros.

La pression sur les communes, en plus, est double. Non seulement imposer une augmentation de la taxe déchet aux ménages de ladite commune. Mais en plus, dans la déclaration de politique régionale, on parle de relever le prélèvement sanction, qui est une taxe régionale qui vise à sanctionner les communes directement dans le cas où le tri n’est pas assez bien effectué par les ménages qui y habitent.

Chose qui, évidemment, n’est pas uniquement et entièrement de la responsabilité des communes. On le comprend donc, en matière de gestion des déchets, la pression se retrouve à tous les niveaux.

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