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La Louvière: ils se bougent, au sein de l'école, pour le climat

La Louvière: ils se bougent, au sein de l'école, pour le climat
31 janv. 2019 à 08:46 - mise à jour 31 janv. 2019 à 10:27Temps de lecture3 min
Par Charlotte Legrand

Manifester? Ils iront! Mais pourquoi s'en contenter? Les élèves de l'Institut Sainte-Marie veulent du concret, tout de suite! Leur école est devenue un lieu de réflexion, et d'action pour changer les choses, même au plus petit niveau. Professeurs et direction les soutiennent, mais doivent parfois tempérer leurs ardeurs.

"On nous dit que ça ne sert à rien tout ça, manifester, mettre en place des nouvelles habitudes...c'est faux!" Alizée s'insurge. Avec quelques amis de cinquième et de rhéto elle est venue trouver le directeur ce matin, car quelque chose "les chipote" avec le projet Saint-Valentin.

"On voulait vendre des roses", explique William. "Mais les roses...ce n'est peut-être pas la meilleure idée, quand on pense au climat?" José Montero, le directeur est bien de cet avis. "Elles viennent du Kenya, ces roses...vous pouvez trouver autre chose! Réfléchissez, avec vos professeurs!"

La Louvière: ils se bougent, au sein de l'école, pour le climat
La Louvière: ils se bougent, au sein de l'école, pour le climat © Tous droits réservés

Réfléchir, faire bouger les lignes: cela fait des mois qu'ils s'y appliquent, et ils en sont fiers. "Bien sûr! Cela ne se passe pas comme ça dans toutes les écoles. Là où j'étais avant, on ne triait pas les déchets, par exemple" poursuit Alizée.

Naomi fait "campagne" dans le tram. C'est ainsi que s'appelle l'endroit où on mange, le midi. "On se moque de moi, avec ma boîte à tartines. Moi, je m'en fiche! Et je crie que j'en suis fière, de ma boîte à tartines, et de ne plus utiliser d'aluminium. Tout le monde devrait faire pareil".

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La Louvière: ils se bougent, au sein de l'école, pour le climat © Tous droits réservés

Mardi midi, ils étaient une centaine, réunis autour du directeur. "Certains élèves se montrent de plus en plus radicaux pour qu’on mène des actions en faveur de l’environnement, je trouve que c’est bien ! Mais on a déjà un plan d’action, depuis 2015. Les élèves n'ont pas toujours perçu ce qui était en route. Il faut que "des francs tombent" (rires)"

L'école s'est dotée d'objectifs, comme le remplacement des luminaires, petit à petit. "Les néons sont remplacés par des leds, en fonction des possibilités budgétaires. Nous mettons aussi des éclairages automatiques par endroits".

Autres exemples, l'école lance des "challenges" zéro déchet. "C'était le cas à la Saint Nicolas, notamment. Les élèves ont partagé des produits locaux, faits maison". De la vaisselle réutilisable a également été achetée, "nous avons 1500 gobelets, financés en partie grâce à un budget laissé par d'anciens élèves de rhéto! ils avaient récolté suffisamment pour contribuer au voyage et voulaient que l'argent serve à un objectif durable. un beau geste de leur part! explique Valérie Vast. Elle est professeur de latin et coordonne les initiatives "Planète Attitude".

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La Louvière: ils se bougent, au sein de l'école, pour le climat © Tous droits réservés

Mais pour les jeunes, tout cela n'est pas suffisant. Ils questionnent, soulèvent des points problématiques. "Lors des dernières réunions, les élèves nous ont interpellé sur la question du chauffage", confirme le directeur. "Ils ont raison! On est obligé en plein hiver parfois d’ouvrir la fenêtre parce qu’il fait trop chaud, il faut une réflexion ! Mais c’est difficile, les bâtiments sont anciens…"

La motivation de ses élèves et leur lucidité est pour José Montero une grande source de fierté. "C’est une éducation à la citoyenneté, c’est porteur de valeurs, même si on ne sait pas tout faire. A travers ce qu’ils disent dans les échanges, beaucoup d’élèves ont déjà des outils d’analyse de la situation. Ils ont compris, ils sont lucides, ils ont envie de se mobiliser. Ils ont le sentiment d’une urgence. ce sentiment existe et donne envie de se mobiliser".

En pratique, l'école s'est donnée un nouvel objectif pour le mois de mars. "Les fontaines à eau arrivent!" Elles viendront remplacer les désormais très contestés distributeurs. "Je vais d'ailleurs apposer un écriteau dessus, annonçant que leur mort est programmée!", rigole Valérie Vast.

A la salle des profs, et au secrétariat, la consommation de papier est dans le collimateur. "C’est le chantier de cette année. Le papier, on en consomme énormément, dans une école", explique Valérie Vast. Alors désormais, le mot d'ordre est d'imprimer en recto-verso, autant que possible. Dimitri, le responsable du local polycopie, voit la différence.

"Quasi tous les documents sont imprimés des deux côtés, sauf les contrôles". "Evidemment, cela demande une organisation", poursuit notre prof de latin. "Ca semble tout bête, mais vous ne pouvez pas toujours donner comme feuille de brouillon des questions d'interro, cela demande une petite gestion!".  

 

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La Louvière: ils se bougent, au sein de l'école, pour le climat © Tous droits réservés

Mélanie Celli enseigne l'anglais à l'Institut Sainte-Marie. Elle culpabilise un peu d'être "à la traîne" question réduction de déchets. "Je distribue encore beaucoup de photocopies". Mais elle veut évoluer, encouragée par ses collègues et l'esprit zéro-déchet qui "souffle" sur l'école. "je vais développer l’outil interactif, et surtout...l’interaction orale ! ça permettrait d’économiser du papier et c'est finalement ce qui servira le plus à mes élèves. Avec des grands groupes, ce n'est pas toujours évident. Mais je me fixe cela comme objectif"