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La liste citoyenne Kayoux se met temporairement en retrait du conseil communal d’Ottignies-Louvain-la-Neuve. "Il y a une forme d’épuisement sur laquelle on s’interroge"

Un des principes de fonctionnement de la liste Kayoux, c'est l'organisation régulière d'assemblées citoyennes

Depuis fin mai, les représentants du groupe Kayoux sont absents du conseil communal d’Ottignies-Louvain-la-Neuve. Les deux conseillers de la liste citoyenne, qui a décroché deux sièges aux élections communales de 2018, ont décidé de ne plus siéger temporairement. "Nous reviendrons au conseil le 20 septembre prochain, indique Stéphane Vanden Eede, l’un des deux conseillers de la liste. Nous avons estimé nécessaire de faire une pause, de prendre un congé sabbatique d’une centaine de jours, pour réfléchir à notre organisation, nos forces, notre engagement vis-à-vis de la population". Le fonctionnement de Kayoux exige en effet notamment d’organiser des assemblées citoyennes régulières pour valider ses prises de position au conseil communal.

Ce qu’on a sous-estimé, c’est le rythme et l’énergie pour faire face aux ordres du jour du conseil communal

La liste joue le jeu de la démocratie participative jusqu’au bout, mais vient d’en rencontrer les limites. L’engagement de ses électeurs s’essouffle, surtout depuis la crise sanitaire. Ils étaient de moins en moins nombreux à se brancher sur les assemblées participatives organisées en vidéoconférence. "Ce qu’on a sous-estimé par ailleurs, c’est le rythme et l’énergie pour faire face aux ordres du jour du conseil communal, reconnaît le conseiller communal. En dix jours, il faut se mobiliser et s’informer très vite. Cela aboutit à une forme d’épuisement sur laquelle on voudrait s’interroger aujourd’hui". Le politologue Vincent Jacquet (UNamur) le confirme cette forme de participation est loin d’être facile à mettre en œuvre : "Cela prend plus de temps, plus de travail, cela demande une organisation particulière et c’est parfois compliqué pour les listes locales".

Multiplication des listes citoyennes en 2018

Le politologue s’est penché sur ces listes citoyennes dans un ouvrage collectif consacré aux élections communales de 2018. A ce moment-là, ces listes ont littéralement explosé. On était après l’affaire Publifin et une certaine défiance vis-à-vis des partis traditionnels s’était installée. Elles sont apparues sous diverses formes : des listes assez classiques, mais sans étiquette politique à des formations du même profil que Kayoux. "Ces listes veulent mettre la question de la participation citoyenne au cœur de la vie démocratique communale", décrit Vincent Jacquet. Stéphane Vanden Eede confirme les obstacles auxquels Kayoux s’est déjà confronté : "Ce n’est pas évident de mobiliser une population sur des achats de balayeuses ou un budget de police, même si ça a beaucoup d’intérêt", confie-t-il.

Revoir les règles au niveau régional?

"C’est à nous maintenant de faire un effort d’imagination pour que l’envie citoyenne puisse s’adapter aux règles d’airain de la gestion communale et d’en tirer les leçons de sorte qu’un jour, peut-être, au niveau régional, on puisse adapter les règles pour qu’elles soient compatibles avec les motivations citoyennes", ajoute le conseiller. La liste n’en est pas encore à se demander si elle se représentera en 2024 et sous quelle forme. Elle espère d’abord reprendre un nouveau souffle.

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