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Belgique

La Lettonie rétablit le service militaire obligatoire : en Belgique, vers un "Service d'Utilité Collective"

Relancer le service militaire obligatoire en Belgique n’est pas à l’ordre du jour, indique la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder.

Le 6 juillet, le ministre de la Défense letton Artis Pabriks annonçait réintroduire le service militaire obligatoire pour les hommes dès 2023. Une décision prise dans le cadre de la guerre en Ukraine et des tensions croissantes avec la Russie voisine alors que le système militaire letton atteint ses limites.

Une telle décision pourrait-elle être prise en Belgique ? "Tout d’abord, il est important de souligner, pour rassurer la population, que la Belgique ne se trouve pas dans une situation qui pousserait le gouvernement à une telle décision. Il n’est pas question de le réactiver à court terme", rassure la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS).

"La Défense belge a une excellente réputation, pour la qualité de ses prestations qui repose sur la qualité de son personnel, des engagés volontaires et ce, que ce soit à temps plein ou sous le régime des réservistes, les militaires à temps partiel. Je veux maintenir cela d’autant plus lorsque nous avons une armée réduite, son professionnalisme est vital pour la nation."

Chez nous, le service militaire obligatoire a été suspendu légalement en 1992 au profit d’une armée de militaires professionnels et civils experts dans leurs domaines.

Le Service d’Utilité Collective avance

Par contre, la mise en application d’un Service d’Utilité Collective (SUC) est bel et bien sur la table. Le cabinet espère que l’étude chargée d’adapter la législation relative au SUC sera finalisée cette année. Il ne s’agira pas d’un service militaire volontaire, nous indique le cabinet, mais d’un service qui "permettra à des jeunes filles et garçons, de 18 à 25 ans, de développer leurs potentialités individuelles et collectives ainsi que l’esprit de solidarité en se mettant au service de la population tout en bénéficiant d’un encadrement de la Défense", nous explique la ministre

"Le Service d’Utilité Collective s’adressera aux jeunes demandeurs d’emploi ou bénéficiaires d’un revenu d’intégration sociale (RIS), lesquels continueront à bénéficier d’une protection sociale pleine et entière et toucheront aussi une solde nette en complément de leurs allocations."

Toutefois à l’issue de cette expérience, les personnes concernées ne seront ni militaires, ni agents de l’État mais pourront choisir d’intégrer la défense en tant que soldates ou réservistes par la suite ou de travailler sur le marché privé, en particulier dans un secteur dans lequel la main-d’œuvre fait défaut (transport, logistique, construction) : "Leurs tâches seront des missions d’appui qui présentent un intérêt pour la Défense et qui ne demandent pas de formation de longue durée. La durée maximale du SUC serait de 1 an."

Précisons que les jeunes resteront disponibles sur le marché de l’emploi durant le service.

Augmenter les moyens humains et financiers

Selon la ministre, la Défense ne manque pas de candidats actuellement. "Le besoin en personnel du département est une réalité dont je tiens compte, car un manque de personnel affecterait immédiatement la capacité d’action de la Défense. […] Au début du mois de mai, 5.550 personnes ont postulé à la défense depuis le 1er janvier et parmi celles-ci, on dénombre 16,37% de femmes", détaille-t-elle. "Ces chiffres sont encourageants, car ils montrent que la Défense reste attractive sur le marché de l’emploi."

En janvier, la ministre de la Défense Ludivine Dedonder présentait son nouveau plan stratégique. L’objectif était de porter à 1,54% la part du PIB à l’armée belge plutôt qu’à 1% comme actuellement. Une décision qui devrait entre autres permettre de recruter 10.000 militaires et plusieurs milliers de civils (2.500 annuellement), de sorte à atteindre le chiffre de 29.000 militaires d’ici 2030.

 "Avec le Plan STAR qui vient être approuvé en commission Défense, ce nombre de recrutements annuels va monter à hauteur de 2.800 militaires à partir de 2026. En parallèle, les recrutements de personnel civil et de contrats de premier emploi vont se poursuivre et accélérer afin d’atteindre une proportion entre 15 et 20% du personnel."

De nombreuses places sont déjà à pourvoir via le site www.mil.be.

Au début des tensions russo-ukrainiennes, la ministre a également annoncé octroyer un budget supplémentaire d’un milliard d’euros pour 2022, 2023 et 2024 afin d’augmenter à court terme le niveau de préparation et de réactivité de la Défense. "L’effort permettra de renforcer les stocks, la protection des soldats, le cyber et les communications", tweetait la ministre.

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Par la suite, le gouvernement fédéral déclarait avoir trouvé un accord visant à consacrer 2 % du PIB à la Défense d’ici 2035. De cette manière, le pays répond à une demande de l’Otan formulée en 2014.

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