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La gestion de la crise sanitaire en plus de la mise en place du Pacte d’excellence : "C’est trop", pour les directions d’école

L'invité de Matin Première: Daphné Piette, directrice d'une école

Dernier jour pour les élèves de maternelles et primaires

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17 déc. 2021 à 07:573 min
Par Marie-Laure Mathot avec Thomas Gadisseux

Épuisée, en colère, fatiguée. C’est avec ces mots que la directrice d’une des plus grosses écoles fondamentales en région bruxelloise décrit l’état d’esprit des directions en cette fin d’année 2021. "C’est trop", affirme Daphnée Piette, directrice du Paradis des enfants à Etterbeek.

"Essoufflée, résume en un mot l’invitée de Matin Première. Et je ne suis pas la seule. Nous avons réuni plusieurs directions autour de ce débat. C’est trop ! C’est trop tant au niveau de la gestion de crise sanitaire qu’au niveau de tout ce qu’on doit soutenir pour mettre en place la réforme de l’enseignement." Cette réforme, c’est le Pacte pour un enseignement d’excellence qui instaure notamment un tronc commun de la 1re maternelle à la dernière année de secondaire en commençant par les plus jeunes. Les écoles fondamentales sont donc les premières touchées.

"En plus du tronc commun, il y a les plans de pilotage, les contrats d’objectifs qu’on doit soutenir pour amener le changement dans nos écoles." Concrètement, chaque direction doit montrer comment elle compte implémenter le Pacte d’excellence. "Ça se fait au travers d’un travail collaboratif. Ce qui est compliqué en ce moment puisqu’on ne peut pas réunir nos enseignants."


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La directrice ajoute à ces problèmes le manque d’effectifs. "Certaines écoles ont réellement besoin de renfort. Je pense à mes collègues directeurs avec classes (ndlr : ceux qui enseignent en plus du boulot de direction), qui eux, ont une charge de cours de 12 périodes plus toute cette gestion au niveau de la direction. Nous demandons à la ministre de tenir compte de nos réalités et de nous donner du temps."

Reporter une réforme comme celle-là, ça a forcément un impact sur la pédagogie ? Oui, mais si on se dépêche, elle ne sera pas bien mise en place selon la directrice. "Cette réforme peut prendre un tout petit peu plus de temps selon nous. Si on la précipite, elle ne sera pas bien implémentée. Au contraire, si on laisse le temps aux enseignants, aux équipes et aux directions de bien réfléchir à toutes ces nouvelles notions, elle sera beaucoup plus inscrite dans le temps et durable."

Rendez-vous le 21 décembre

Voilà pourquoi près de 600 directions d’école se retrouveront mardi prochain devant le cabinet de la ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie Bruxelles, Caroline Désir. "Ce qu’on demande à la ministre, c’est principalement de nous permettre de prendre le temps de soutenir cette réforme, d’avoir conscience de ce qu’il se passe à l’heure actuelle dans les écoles."

Ça met l’enfant dans une situation compliquée

Car pour le moment, le contexte est loin d’être idéal avec la crise sanitaire. Ce vendredi, c’est le dernier jour d’école de l’année 2021 pour les primaires et les maternelles. Dernier jour avec le masque aussi. S’il a été bien vécu par les parents et les enfants dans l’établissement de Daphnée Piette, ce n’est pas le cas partout. "Des parents ont écrit des lettres argumentées aux directions en interdisant le port du masque à leurs enfants. Et donc, ça met l’enfant dans une situation compliquée entre ce que l’école veut et ce que les parents veulent, c’est vraiment une situation délicate pour les enfants."

Une mesure incomprise par une partie des parents. D’autant plus que l’effet n’est pas toujours perceptible. "Chez nous, il y a moins de cas covid depuis la mise en place du port du masque mais je ne pense pas que ce soit lié. Depuis le mois de septembre, j’ai fermé 11 classes sur les 27 que compte l’école, dont quatre il y a quelques jours."

Une relation pas toujours facile avec les parents

Le dialogue entre les écoles et les parents est rendu d’autant plus difficile dans le contexte de la crise sanitaire. "C’est très compliqué car les règles changent tout le temps. On ferme à deux cas. On ferme à 25%. On ferme à 3 cas. On revient après le J-1. On ne revient pas après le J-1, énumère la directrice. Tout doit passer par une communication claire. Dans notre école, on passe par un système de mail collectif où on explique bien les différentes mesures, ce qui rassure les parents je pense."

Mercredi prochain, un Comité de concertation aura lieu. Ce qu’en attend la directrice ? "Reprendre le 10 janvier sans le masque pour les enfants."

Car malgré tout ce que les études en disent, la directrice partage une expérience plus que mitigée. "Ce n’est pas une situation qualitative pour les apprentissages. Ne fut-ce que pour les langues ou la lecture. On ne voit pas les enfants, la manière dont ils réagissent. Ça masque ! Le ressenti, les émotions, ça met un filtre, c’est compliqué."

Sur le même sujet, au JT de 19h30 ce 17/12/21

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