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La FWB entend contrer les stéréotypes de genre dans toutes les communications officielles

La FWB entend contrer les stéréotypes de genre dans toutes les communications officielles
28 sept. 2021 à 11:462 min
Par Belga

La commission Droits des femmes du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé mardi à l'unanimité un projet de décret visant à promouvoir l'usage d'une écriture plus respectueuse de l'égalité des genres dans les communications publiques.

Le texte, déposé par la ministre des Droits des femmes Bénédicte Linard (Ecolo), fait notamment le constat des stéréotypes véhiculés par la langue française et de la primauté donné au genre masculin pour les accords grammaticaux.

"Ces normes ont contribué à rendre notre discours sexiste et invisibilisent les femmes", a déploré la ministre mardi matin lors de la présentation de son projet.

Un décret de 1993 de la Communauté française avait déjà balisé la féminisation des noms de métiers, mais le nouveau texte veut aller plus loin, tout en veillant à trouver le juste équilibre entre égalité des genres et lisibilité de la langue.


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Concrètement, le décret demande aux organes de la FWB (gouvernement, parlement,...), aux communes, aux provinces, mais aussi aux institutions subsidiées par la FWB (écoles, RTBF, fédérations sportives,...) de féminiser dans leurs communications officielles et formelles les noms de fonctions, de métier, de grade et de titre lorsqu'il s'applique à une femme ou un groupe de femmes.

Sont concernés toutes les communications écrites ou orales, mais aussi les contrats, les supports de cours, les diplômes,...

Pour contrer les stéréotypes de genre, le décret préconise de recourir dans les communications à une série de solutions offertes par la langue française, sans forcément pratiquer l'écriture inclusive et son usage controversé du point médian.

Formes doubles ou collectives

Est ainsi suggérée l'utilisation avantageuse de formules doubles ("les instituteurs et les institutrices"), de mots épicènes (qui ne varient pas en genre, comme "les artistes") ou les formes collectives (écrire "la population liégeoise", plutôt que "les Liégeois"). 

Par ailleurs, l'usage de la forme passive, pointe également le texte, permet de neutraliser l'opposition de genre (remplacer la phrase: "Les abonnés peuvent renouveler leur carte en s'adressant à..." par "La carte d'abonnement peut être renouvelée auprès de..." par exemple).

Le décret impose enfin à tous ces mêmes acteurs, lors de la publication d'offres d'emploi, de possibilités de promotion ou de propositions de formations en leur sein, de faire suivre le nom de la fonction formulé au masculin et féminin par la mention F/M/X également.

Le texte a été approuvé mardi matin à l'unanimité des membres de la commission. 

Tout en soutenant l'initiative, l'opposition cdH a toutefois déploré que le décret ne soit qu'incitatif, aucune sanction n'étant en effet prévue en cas de non-respect de ces consignes d'écriture.

Le projet devrait être approuvé sous quinzaine par la plénière du Parlement. 

L'entrée en vigueur du décret est, elle, prévue au 1er janvier 2022.

 

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