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La filière du circuit court reste marginale, malgré son succès pendant la pandémie

Les circuits courts : une filière encore rentable?

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16 mai 2022 à 08:10 - mise à jour 16 mai 2022 à 08:103 min
Par Manu Delporte

Le circuit court, c'est quand il y a maximum un intermédiaire entre le producteur et le consommateur. C’était très tendance pendant le confinement, mais selon les producteurs et les responsables des petites épiceries, le marché se tasse. En 2022, les Belges ont repris la direction des supermarchés.

Manon Posocco, gérante de l'épicerie "T'emballe pas" à Ciney.
Manon Posocco, gérante de l'épicerie "T'emballe pas" à Ciney. Manu Delporte - RTBF

Le goût et le prix

À l'épicerie "T’emballe pas" à Ciney, on trouve de tout en vrac. On trouve aussi bien les légumes des producteurs que le fromage du fermier. "C’est très important pour nous, parce qu’on connait le producteur, la manière dont il travaille, et en plus on travaille en direct, donc les asperges par exemple coûtent moins cher qu’en grande surface et elles ont vraiment un meilleur goût ", explique Manon Posocco, la patronne. "Au début du Covid, on a eu beaucoup de nouveaux clients, mais les gens ont repris les habitudes du supermarché."

Et ces clients, rencontrés dans un supermarché bruxellois, le reconnaissent : "On aimerait aller plus souvent dans les marchés ou chez les producteurs, mais on n’a pas le temps, et ici on peut trouver de bons produits. Et puis, si nous faisons attention à l’origine du produit, notre premier critère reste le prix".

Grégoire Baert, producteur des "Jardins de Mimie" à Houyet.
Grégoire Baert, producteur des "Jardins de Mimie" à Houyet. Manu Delporte - RTBF

"Asperges de Wallonie" : mettre en avant la qualité

16 producteurs d’asperges wallons viennent de se regrouper pour proposer le label "Asperges de Wallonie". L’objectif est de rappeler que la saison des asperges vertes, celles qu’on produit majoritairement dans le sud du pays, ne démarre pas avant mi-avril. "Un label, c’est un gage de qualité, on remplit un cahier des charges, pour assurer que les asperges ont un certain calibre, une forme, une certaine taille de coupe, une fraîcheur", explique Grégoire Baert, le patron des Jardins de Mimie à Houyet.

L'agriculteur passe ses journées au champ : "Le but du label, c’était d’être aussi reconnu par la restauration et les consommateurs, et essayer qu’ils attendent que ce soit la saison avant de proposer des asperges qui viennent de l’autre bout du monde. Celles du Pérou arrivent au mois de février, alors que nous commençons à peine à installer nos tunnels pour réchauffer nos buttes. Après, quand c’est la saison, les gens se lassent". 

Il n’y pas de statistiques officielles mais Eric Gessel, le manager du département alimentaire du Cora de Woluwé, nous l’a confirmé : ses magasins proposent des asperges toute l’année. Et pour reprendre l’exemple des asperges vertes, son enseigne a vendu 50 % de produits venant d’Amérique du Sud, principalement du Pérou en 2021.

Nouveau label "Asperges de Wallonie".
Nouveau label "Asperges de Wallonie". Manu Delporte - RTBF

Circuit court : maximum 12 ou 13 % de nos achats

Et en ce moment, Grégoire Baert est évidemment très occupé avec les asperges et les fraises, mais il faut aussi surveiller les tomates, les melons, les concombres et les aubergines qui ne vont pas tarder.

A ce stade, il vend tout ce qu’il produit et il pourrait bien sûr s’agrandir, mais il faut pour cela, être certain que la demande va suivre et trouver le personnel, la production d’asperges, comme celles des fraises demandent beaucoup de main d’œuvre.  "À mon avis, on va un peu augmenter, un peu diversifier les variétés, essayer d’avoir des asperges blanches aussi, élargir la gamme et plaire à tout le monde."

Le C.I.M., le centre interprofessionnel maraîcher, regroupe plus de 100 producteurs wallons et fait ce constat : "En termes de vente directe, à la ferme, on se situe plus ou moins à 12 % de tout ce qui est vendu".

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Florent Hawotte est conseiller technique et pense que la production locale pourrait progresser.  moyen terme c’est clairement faisable et il y a les terres pour le faire. Mais ce qu’on voit maintenant, c’est clairement une diminution de la demande".

L’ApaqW, l’Agence wallonne pour une agriculture de qualité en Wallonie, vient de créer un observatoire de la consommation agroalimentaire. Les premières estimations évoquent une consommation en circuit-court d’un peu plus de 13%. Mais comme c’est une première estimation chiffrée, il est impossible à ce stade de dégager une tendance, à la hausse ou à la baisse.

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