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Belgique

La FGTB promet une "guérilla permanente" pour relancer la concertation

La FGTB promet une "guérilla permanente" pour relancer la concertation
07 oct. 2015 à 07:123 min
Par Jean-Claude Verset

Non, la manifestation de ce mercredi matin ne doit pas être interprétée comme un test, mais comme une des actions qui devront permettre au gouvernement et aux employeurs de revenir à une réelle concertation sociale, assure le secrétaire général de la FGTB Marc Goblet, qui reproche au patronat son arrogance et au gouvernement Michel le refus de toute alternative à sa politique. À plusieurs reprises, il rappelle aussi la nécessité de travailler en front commun avec les autres organisations syndicales.

Pas question pour Marc Goblet, invité de Matin Première ce mardi, de fixer un nombre de participants en dessous duquel la manifestation de ce mercredi serait un échec. "Ce n’est jamais une manifestation qui fait changer les choses. Mais face à un patronat arrogant, nous devons maintenir une action constante, d’où notre plan d’action qui s’étendra jusqu’en décembre. Et je ne désespère pas de le faire en front commun."

Une majorité de "droite extrême" qui refuse la concertation

Ce que reproche le patron de la FGTB, c’est la situation du fait accompli imposée par un gouvernement qui n’écouterait que les employeurs : "Les syndicats ont des alternatives progressistes à avancer. La difficulté vient d’un patronat qui n’est plus favorable à la concertation." Et de critiquer l'Union Wallonne des Entreprises (UWE) avec laquelle le FGTB dit avoir toujours entretenu des relations correctes, mais qui, aujourd’hui, pratique un langage idéologique en clamant que le syndicat est un concept dépassé.

"Quand on veut déposer des propositions concrètes pour l’emploi et la compétitivité, on ne nous écoute pas", déplore Marc Goblet qui qualifie le gouvernement "de droite extrême" où l’argent domine sur l’humain : "Les mesures ne touchent que les travailleurs, les allocataires et les petits indépendants, mais jamais le capital. Et j’attends encore de voir la mise en application de la taxe Caïman. Il n’y a aucune volonté d’évoluer vers une taxation plus juste".

Le secrétaire général de la CNE, Felipe Van Keirsbilck (CSC) ne disait pas autre chose, ce mercredi matin encore, en se déclarant déçu par le par le taxshift. Il a déclaré "entrer en résistance".

Pour le secrétaire général du syndicat socialiste, l’arrogance du patronat s’explique par le fait qu’il obtient "ce qu’il veut" du gouvernement Michel. C'est ce qui explique l’absence de concertation et entraîne l’action de ce mercredi : "Il faut créer la pression pour faire revenir les patrons à la concertation et pour une société plus juste."

Les mesures favorisent la Flandre

Voici un an, au micro de la RTBF (Jeudi en Prime), Marc Goblet déclarait : "Nous voulons que le gouvernement s’en aille au plus vite". Son constat aujourd’hui est qu’avec seulement 19% de francophones et un parti nationaliste au gouvernement, les mesures qui sont prises favorisent la Flandre : "Au groupe des 10, il n’y a pas de représentation de l’UWE et l’on compte 8 Flamands pour 3 francophones. La politique va vers ce qui se passe en Flandre."

Des marges de manœuvre faibles

Mais pas question pour autant de vouloir faire tomber le gouvernement : "Je suis un démocrate. Le gouvernent dispose d’une majorité parlementaire. Ou bien il change d’orientation et prend en compte les problèmes des travailleurs et allocataires sociaux, ou bien nous resterons dans la résistance vis-à-vis des entreprises et du gouvernement."

Marc Goblet sait que, dans la configuration actuelle, ses marges de manœuvre sont faibles, notamment à propos du saut d’index et de l’allongement de l’âge de la retraite. Mais il reste du grain à moudre dans le cadre de la concertation : "Nous devons encore discuter de la révision de la loi de 1996 pour déterminer le maintien de l’index, de la notion de 'travail soutenable' et la Commission nationale des pensions." Mais le secrétaire général de la FGTB nourrit des doutes sur l’évolution de la concertation : "Le gouvernement a déjà écrit toutes les décisions qui vont être prises."

"Guérilla permanente"

Face à un gouvernement qui devrait encore durer quatre ans, le patron du syndicat s’apprête à entrer dans "une forme de guérilla permanente" qui devra pousser les employeurs et le gouvernement à "la prise de conscience qu’il faut revenir dans le jeu de la concertation". Il les estime cependant loin du compte : "J’ai fait des propositions au Premier ministre et à plusieurs ministres, mais l’idée de la réduction collective du temps de travail que nous avons proposée est critiquée comme idéologique par Pieter Timmermans (patron de la FEB, ndlr)".

Alors que débute la première journée d’action de la FGTB, Marc Goblet ne fait pas mystère de sa stratégie de combat : "Ce qui m’intéresse, c’est l’unité du monde du travail", et donc le front commun qui n’existe pas aujourd’hui.

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