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Belgique

La faillite de Hamon coûte des dizaines de millions à la Région Wallonne. L’opposition renonce toutefois à une commission spéciale

La société Hamon, de Mont-St-Guibert, spécialisée dans les systèmes industriels de refroidissement, de dépollution de l’air et de la récupération d’énergie a fait aveu de faillite en avril. Depuis lors, au Parlement wallon, l’opposition s’interroge sur les sommes perdues par la Région dans cette faillite et sur d’éventuels conflits d’intérêts qui auraient conduit à la gabegie.

Hamon est un fleuron technologique. Son centre de décision et de recherche est basé dans le Brabant wallon mais elle est principalement active à l’international avec 42 filiales en Europe, en Asie et aux Etats Unis.

Un leader ébranlé

Hamon connaissait des soucis depuis 2005. Appelée à la rescousse, la Sogepa, le bras financier de la Région wallonne spécialisé dans le redressement d’entreprises, a chaque fois répondu présent lorsque le besoin s’en manifestait. Dès 2005, elle a apporté 5 millions à l’entreprise. Mais les difficultés ont continué à s’accumuler. En 2014, en 2016, 2017, 2019, 2020 et 2021, les actionnaires ont à nouveau dû cracher au bassinet. Sollicitée, la Sogepa a investi près de 128 millions au total au point qu’elle est devenue actionnaire principal avec 60% des parts.

Persévérance, inconscience ou tripotage ?

Le secteur d’activité de Hamon, prometteur, valait sans doute la peine d’investir pour préserver l’outil. Mais lors de la dernière injection d’argent, il semble bien que le comité de direction de la Sogepa se soit majoritairement opposé à une nouvelle avance de fonds… qui a, malgré tout, été réalisée. C’est là que certains croient déceler l’indice d’un conflit d’intérêts. Pour faire la lumière, l’opposition – Les Engagés et le PTB – avait plusieurs fois demandé les documents relatifs à l’action de la Sogepa mais ils avaient trouvé porte close. Du coup, ce mardi ils annonçaient une demande de commission spéciale.

Willy Borsus rebat les cartes

Certains membres de la majorité, notamment au MR et chez Ecolo paraissaient réceptifs aux demandes d’éclaircissement de l’opposition. Ils admettaient que, s’il n’y avait pas conflit d’intérêts, il y en avait au moins l’apparence. Est-ce ce qui a fait changer le ministre Borsus de stratégie ? Toujours est-il qu’il a formulé une proposition que n’a pas refusée l’opposition : en entame des travaux, il a annoncé qu'il demanderait un rapport circonstancié à la Sogepa et qu'il le transmettrait aux députés. Cette main tendue a été saisie par l’opposition, avec tout de même, une certaine circonspection.
PTB et Les Engagés se félicitent que le gouvernement ouvre enfin la porte mais ils attendent un rapport étayé et les preuves qui authentifient les conclusions. Poussant leur avantage, dans la foulée, Les Engagés ont réclamé les délibérations du gouvernement. Ils exigent aussi que les auteurs du rapport viennent eux-mêmes le défendre.

Pas de commission spéciale finalement ?

A ces conditions, s’ils obtiennent satisfaction à leurs différentes demandes et si la Sogepa se montre suffisamment ouverte à leurs questions, PTB et Engagés ne réclameront pas de commission spéciale. Pourquoi le faire d’ailleurs puisqu’une commission "classique" pourra faire le job de la même façon si le rapport est livré, à la rentrée de septembre.
Une remarque des Engagés ponctue encore les débats. André Antoine suggère qu’à tout le moins, Laurent Levaux, à la fois président du conseil d’administration de la Sogepa et administrateur de Hamon et, à ce titre, suspecté de conflit d’intérêts, fasse sans attendre un pas de côté.

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