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Coupe du Monde 2022

La Coupe du monde au Qatar, c'est (déjà) dans 3 ans

Ce 21 novembre, nous sommes tout pile à 3 ans du coup d'envoi de la Coupe du monde 2022
21 nov. 2019 à 06:00Temps de lecture2 min
Par David Bertrand

C'est un pays jeune, un minuscule état de moins de 3 millions d'habitants, à la superficie trois fois plus petite que celle de la Belgique. Un gigantesque chantier à ciel ouvert. Ici, tout est nouveau, les buildings du centre-ville, le réseau routier et les stades. Le pays en construit huit pour le mondial dont celui d'Al Janoub, à vingt minutes de route de Doha, la capitale. Ici, tout est déjà terminé. Une enceinte ultra moderne, dessinée par une femme, la célèbre architecte Zaha Hadid. Un stade équipé d'un toit rétractable mais qui sera, comme tous les autres, climatisé. Une aberration écologique diront certains, une prouesse technologique se défendent les concepteurs. "Nous refroidissons uniquement les zones où se trouvent les joueurs", explique Saud Abdulghani, ingénieur et professeur à l'université du Qatar. "Nous utilisons également un système d'isolation pour maintenir l'air froid là où il a été généré. Nous avons réalisé de nombreuses études pour nous assurer qu'il n'y avait qu'une couche d'air conditionné au niveau du sol. Une couche que nous maintenons comme une bulle de savon. On crée de l'air froid et on le maintient dans cette bulle. C'est ça le truc."

Des stades dont la construction pose question: recours à de la main d'œuvre exploitée, conditions de travail difficiles pour les ouvriers, accidents mortels sur les nombreux chantiers. Le groupe Besix, basé à Bruxelles, a coordonné la construction de deux nouvelles enceintes au Qatar. Il se défend des accusations véhiculées dans la presse. "Sur nos chantiers, deux des huit nouveaux stades qui sont construits au Qatar pour la coupe du monde, nous n'avons eu aucun accident mortel lié à la chaleur parce que nos ouvriers ne travaillent pas aux heures les plus chaudes de la journée" précise Pierre Sironval, directeur des opérations du groupe de construction. "Nous devons cependant déplorer deux accidents mortels et nous le déplorons."

Retour au Qatar où le sport est aujourd'hui au cœur de la stratégie politique du pays et dont la carte de visite, c'est l'Académie Aspire. Un centre de sport de haut niveau ultra moderne et une académie de foot unique au monde. "Avec la coupe du monde qui approche, de nombreuses personnes nous rendent visite "explique Emmanuel Lopez, responsable de la préparation physique au sein de l'académie. "Et tous nous disent que nous disposons d'un outil de travail unique et que même dans 10 ans, personne ne sera en mesure de proposer de pareilles infrastructures. Quant à savoir si nous accueillerons des équipes pendant la coupe du monde, nous ne savons pas quelle sera la décision du comité d'organisation. mais nous avons évidemment la capacité des les accueillir."

Autre point d'interrogation? Le public. Les supporters vont-ils se déplacer et remplir les stades? La question se posait aussi avant le coupe du monde en Russie. "Je serais curieux de voir le ratio de ce qu'il s'est passé en Russie et de voir la proportion d'étrangers et de locaux qui ont rempli les stades" explique Serge Van Poelvoorde, belge expatrié au Qatar où il travaille pour le comité olympique national depuis plus de 15 ans. "Je suis pratiquement certain que le public va se déplacer et faire du tourisme sportif dans une région qui a beaucoup de choses à offrir. D'autant que le Qatari est généralement fan de foot."

En attendant le pays poursuit sa gigantesque opération séduction planétaire en organisant, plusieurs fois par an, de grands, de très grands évenements sportifs.

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