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La Conversation avec le chef Raphaël Pichon « Mon éveil à la musique s'est faite dans l'idée d'une naissance au collectif »

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Raphaël Pichon, au début il y eut le son

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C'est le hasard, comme souvent, qui a poussé un petit garçon à pousser les portes d'une maîtrise de chant. Là, happé par ce qu'il appelle la naissance du collectif, Raphaël Pichon est esbaudi de son, mais surtout par l'architecture de celui-ci, dans l'idée du chant choral. La suite est bien connue : enseignement spécialisé, naissance de l'ensemble Pygmalion et la sauce prend presqu'immédiatement. Le jeune chef, né en 1984, fait le tour du monde, admiré pour ses enregistrements de Bach et pour ses Mozart avec, notamment, son épouse la soprano Sabine Devieilhe. 

Dans la foulée des représentations de Requiem à La Monnaie (Mozart | Castellucci | Pygmalion), production jouée à guichets fermés, qui chaque soir fut accueillie par une standing ovation, le chef nous offre un premier bilan, à cet âge si particulier - l'automne de la trentaine - où tout semble déjà dessiné et où, pourtant, la vie n'est qu'un vague nuage indistinct. 

Raphaël Pichon
Raphaël Pichon Droits réservés

Biographie de Raphaël Pichon

Raphaël Pichon, né en 1984, débute son apprentissage musical à travers le violon, le piano et le chant en se formant dans les différents conservatoires parisiens (CNSMDP & CRR). Jeune chanteur professionnel, il est amené à se produire sous la direction de personnalités telles que Jordi Savall, Gustav Leonhardt, Ton Koopman, ou encore au sein des Cris de Paris de Geoffroy Jourdain, avec lequel il aborde la création contemporaine. 

Il fonde en 2006 Pygmalion, chœur & orchestre sur instruments d’époque, qui rapidement se distingue par la singularité de ses projets. Les Missae Breves de Bach, les versions tardives des grandes tragédies lyriques de Rameau, la mise en perspective de raretés mozartiennes sont autant de projets qui fondent l’identité de Pygmalion. Par un travail centré sur la fusion entre chœur et orchestre, mais aussi par une démarche dramaturgique dans l’exercice du concert, les différentes réalisations de Pygmalion sont rapidement saluées unanimement en France et à l’étranger. Aux côtés de son ensemble, Raphaël Pichon se produit notamment à la Philharmonie de Paris, au Château de Versailles, aux BBC Proms, au Bozar Bruxelles, au Konzerthaus de Vienne, à la Philharmonie de Cologne, au Palau de la Musica Catalana de Barcelone, au French May de Hong-Kong ou encore au Beijing Music Festival. Sur la scène lyrique, Raphaël Pichon dirige différentes productions à l’Opéra Comique, au Festival lyrique d’Aix-en-Provence, au Théâtre du Bolshoi à Moscou, à l’Opéra d’Amsterdam, à l’Opéra National de Bordeaux. Il collabore ainsi avec des metteurs en scène tels que Katie Mitchell, Romeo Castellucci, Simon McBurney, Michel Fau, Pierre Audi, Aurélien Bory ou encore Jetske Mijnssen. 

En 2020, en pleine pandémie, Raphaël Pichon crée le festival Pulsations à Bordeaux ; fête éclectique et polymorphe, le festival travaille avec les acteurs du territoire et programme des concerts exceptionnels dans des lieux inattendus disséminés dans la ville et la métropole.

Parmi les projets les plus marquants de ces dernières années, citons ses débuts au Festival d’Aix-en-Provence avec la création de Trauernacht sur des musiques de Bach, mise en scène par Katie Mitchell (2014), la redécouverte de l’Orfeo de Luigi Rossi à l’Opéra national de Lorraine et à l'Opéra royal du Château de Versailles (2016), la spatialisation des Vespro della Beata Vergine de Monteverdi avec Pierre Audi (Holland Festival, BBC Proms, Chapelle royale de Versailles, Festival Bach de Leipzig), le cycle de rencontres artistiques autour de cantates de Bach à la Philharmonie de Paris, l’intégrale des Motets et la Messe en si de J.S. Bach. Invité au Festival d’Aix-en-Provence en 2018 pour diriger La Flûte Enchantée mise en scène par Simon McBurney, il revient en 2019 pour une création scénique du Requiem de Mozart portée par Romeo Castellucci.

Comme chef invité, il fait ses débuts au festival de Salzburg en 2018 aux côtés du Mozarteum Orchester, à la Philharmonie de Berlin aux côtés du Deutsches Symphonies-Orchester, et il est invité à diriger l’Orchestre de Chambre de Lausanne, la Scintilla de l’Opéra de Zürich, MusicAeterna de Teodor Currentzis, les Violons du Roy de Québec ou encore le Freiburger Barockorchester et le SWR Symphonieorchester au côté d’Isabelle Faust. Cette saison, il fera ses débuts à Boston avec la Handel & Haydn Society.

En 2021-2022, Raphaël Pichon dirige Pygmalion pour une nouvelle production de Fidelio de Beethoven à l’Opéra-Comique ainsi qu’un projet mis en scène par Romeo Castellucci autour des musiques opératiques du Seicento italien. En concert, il retrouvera Bach pour un triptyque autour de la figure du Christ ainsi que pour des concerts avec Sabine Devieilhe ; Brahms pour le Requiem Allemand et enfin Mozart pour les trois dernières symphonies et les reprises de la version scénique du Requiem.

Ses nombreux enregistrements paraissent désormais exclusivement chez Harmonia Mundi, dont les dernières parutions sont la fresque Stravaganza d’amore (2017) et l’opéra imaginaire Enfers avec le baryton Stéphane Degout (2018), Libertà ! (un projet singulier autour des origines de la Trilogie Mozart/Da Ponte) et plus récemment les Motets de J.S. Bach. L’intégralité de sa discographie a été acclamée unanimement en France et à l’étranger. Raphaël Pichon est officier dans l’ordre des Arts & des Lettres.

Entretien avec Romeo Castellucci

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