Monde Europe

La Commission propose un plan pour revenir à un Espace Schengen normal

La Commission européenne appelle aussi les États membres à passer, en matière de contrôles aux frontières internes, d'une approche éclatée à une approche cohérente.
04 mars 2016 à 12:23 - mise à jour 04 mars 2016 à 12:23Temps de lecture2 min
Par Belga

La Commission européenne a présenté vendredi sa feuille de route visant à revenir à un fonctionnement normal de l'Espace Schengen, sans contrôles aux frontières intérieures, au plus tard à la fin de l'année.

La feuille de route reprend des actions déjà annoncées, comme la création d'un corps européen de garde-côtes et garde-frontières, pour mieux protéger les frontières extérieures de l'Union, ou l'aide humanitaire octroyée à la Grèce pour lui permettre de gérer l'afflux de demandeurs d'asile qui arrivent sur son territoire depuis la Turquie.

La Commission européenne appelle aussi les Etats membres à passer, en matière de contrôles aux frontières internes, d'une approche éclatée à une approche cohérente. Huit pays européens ont rétabli, de manière unilatérale, des contrôles à leurs frontières, relève la Commission, qui rappelle le coût que la généralisation de cette mesure. Le démantèlement de l'Espace Schengen coûterait directement de 5 à 18 milliards d'euros par an.

La Commission espère pouvoir revenir à un fonctionnement normal de l'Espace Schengen au plus tard à la fin de l'année.

"La coopération avec la Turquie, et le sommet UE-Turquie de lundi, sont cruciaux", a souligné vendredi le commissaire européen aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, qui a reconnu que l'Europe était "dans un moment critique". "Mais ce n'est pas le premier", a-t-il précisé.

Il faudra ouvrir des voies légales de migration, que les personnes voulant bénéficier d'une protection devront suivre, sous peine d'être refoulées, a encore indiqué le commissaire européen.

Le processus de renvoi vers la Turquie des personnes ne pouvant pas prétendre à une protection a d'ailleurs déjà commencé, a souligné M. Avramopoulos. Environ trois cents personnes ont été renvoyées en Turquie.

Il faudra aussi enfin commencer à appliquer le mécanisme de relocalisation, que certains pays rechignent à appliquer. "On ne peut pas dire que les Etats membres, certains en tout cas, aient été très enthousiastes à l'idée de la relocalisation", a reconnu le commissaire. "Mais la décision a été prise à la majorité qualifiée et est obligatoire. Les postures unilatérales ne sont pas justifiables." Le commissaire en a appelé à la responsabilité et la solidarité de chaque Etat membre.

La Commission présentera aussi, normalement le 16 mars, une communication pour la réforme du Règlement Dublin, qui détermine quel pays doit enregistrer la demande d'asile d'un réfugié.