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Monde Europe

La commissaire Cecilia Malmström: "Une majorité de pays européens soutient le TTIP"

Cecilia Malmström, l'invitée de Matin Première

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20 sept. 2016 à 06:59 - mise à jour 20 sept. 2016 à 06:593 min
Par Jean-Claude Verset

Faut-il croire dans les deux traités transatlantiques? Cecilia Malmström, commissaire européenne au Commerce en est persuadée. L’accord CETA avec le Canada -déjà atteint, mais pas encore ratifié- serait, selon elle, l’opportunité, pour l’Europe et le Canada de prendre le contrôle de la mondialisation. Un avis que ne partagent ni la France, ni l’Allemagne, ni… la Wallonie.

"Avec le Canada, l’accord CETA est tout à fait réalisable. Avec les USA, la négociation est plus récente et il reste beaucoup à faire... Plus le temps passe, moins l’accord est probable." Pour l’accord TTIP avec les États-Unis, le temps joue donc en faveur des opposants à l’accord transatlantique. Mais la commissaire européenne reste optimiste: "Il y aura un traité avec les USA, peut-être après le mandat de Barack Obama."

L’Europe, ce n’est pas l’Allemagne et la France

Face aux deux plus puissants pays de l’Union, largement opposés à la signature du TTIP, Cecilia Malmström invoque l’ensemble de tous les pays membres:  "Douze États m’ont assuré de leur soutien et, dans ces pays, le soutien populaire est très fort. Nous allons tous nous voir vendredi à Bratislava. Les 28 doivent se prononcer. Il ne faut pas déjà interrompre les négociations." La commissaire assure être consciente des manifestations d’opposition aux traités de commerce transatlantiques, mais se dit persuadée que la majorité des pays soutient ce traité.

Et c’est pour convaincre ces opposants qu’elle a rencontré, lundi, les ONG, les syndicats, les associations de consommateurs, les environnementalistes et les entreprises belges "pour discuter de tous les contenus." Ce marathon pro-transatlantique se poursuit ce mardi à la Chambre des représentants, après être déjà passé par les assemblées régionales du pays. 

Les principales craintes

Ceux qui s’opposent aux deux traités critiquent principalement le système des tribunaux d’arbitrage qui permettrait à des entreprises étrangères de faire condamner des États pour leur politique commerciale. Pour Cecilia Malmström, cette critique n’est plus fondée : "On a ouvert les négociations et on a réformé ce système. Dans l’accord avec le Canada, où l’accord est fait il n’y aura pas de tribunaux d’arbitrage et on ne pourra pas non plus obliger la privatisation des services publics."

L’accord CETA avec le Canada est bien acté, mais loin d’être ratifié. D’autant que le parlement wallon a pris la résolution de ne pas signer l’accord avec le Canada. Or, les assemblées régionales sont parties prenantes à l’adhésion de la Belgique. La ratification du CETA étant soumise à un accord unanime des États membres, le sort de son application est donc, notamment, entre les mains des Wallons? Et la règle sera la même pour le TTIP si un accord arrive sur la table.

TTIP, CETA : favorable ou non à l’emploi ?

Dans un climat économique très chahuté en Wallonie, les avis s’opposent sur les effets de ces accords sur l’emploi. Pour la commissaire au Commerce, cela donnera des chances supplémentaires aux compagnies belges. "TTIP et CETA vont faciliter l’exportation des produits des PME. Du moins pour le Canada où l’accord est atteint. C’est une réponse à la crise économique et c’est l’opportunité, pour l’Europe et le Canada de prendre le contrôle de la mondialisation."

Pas de poulet au chlore

A propos de la crainte des consommateurs européens de devoir manger des poulets au chlore ou à l’ammoniaque, Cecilia Malmström veut calmer le jeu: "C’est une décision technique. Le fameux poulet au chlore est interdit en Europe, de même que le bœuf aux hormones. Et, dans le cadre de l’accord CETA, tout cela restera interdit en Europe."  Au Canada, les entreprises qui voudront exporter vers l’Europe auront donc deux lignes de production. Et à en croire la commissaire européenne, c’est la même stratégie qui sera menée dans les discussions pour l’accord TTIP avec les États-Unis.

Aux PME qui craignent la concurrence, Cecilia Malmström assure qu’en ouvrant les marchés avec des règles, des PME américaines viendront en Europe, mais que nous pourrons également exporter plus facilement nos produits, comme la bière belge. "Il y aura aussi la facilitation technique, avec moins de 'double testing', et moins de bureaucratie pour les PME. Mais sans baisser les standards et les normes."

Preuve que la commissaire doit encore convaincre, une manifestation regroupant les anti-transatlantistes a lieu ce mardi... à Bruxelles.

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