RTBFPasser au contenu

Diables Rouges

La chair de poule de Philippe Albert, les explications de Rodrigo Beenkens et Michel Lecomte

La chair de poule de Philippe Albert, les explications de Rodrigo Beenkens et Michel Lecomte
03 juil. 2018 à 11:54 - mise à jour 03 juil. 2018 à 11:543 min
Par Maxime Berger

Grâce à sa victoire in extremis 3-2 contre le Japon en 1/8 de finale, la Belgique a validé son ticket pour les quarts du Mondial russe. La tension retombée, place au débriefing.

"C’est un sentiment de satisfaction qui prime. Notre 1ère période a été relativement bonne. Dans le 4ème quart d’heure, on a été défensivement à la ramasse. Enfin, il y a cette dernière demi-heure absolument spectaculaire à tous les niveaux avec un retournement de situation. L’entrée de Chadli et Fellaini a insufflé un dynamisme incroyable à cette équipe. On est passé par tous les sentiments pour finalement se qualifier pour le match du siècle contre le Brésil. Dans 20 ans, on retiendra la qualif et non le quart d’heure catastrophique. Rien que de reparler de notre dernier but, j’en ai la chair de poule", a précisé Philippe Albert.

Et le consultant foot RTBF de poursuivre : "Je n’ai pas pensé au match contre le pays de Galles à l’Euro 2016. En inscrivant un but rapidement, ce qui a été fait par Vertonghen, je savais qu’il y avait la possibilité pour en inscrire 3 ou 4. Il fallait rester confiant. Sans les deux changements apportés par Martinez, on rentrait à Bruxelles, la honte pour cette génération dorée, qui aurait été éliminée par le 60e mondial. Ca aurait été inconcevable."

Ce match incroyable, ce moment de folie collective, a aussi été vécu par Rodrigo Beenkens, notre commentateur maison présent en Russie.

"A 0-2, pendant dix minutes, j’ai eu l’impression de perdre les pédales. Ca ne m’est jamais arrivé. Je ne suis plus un commentateur, je suis un supporter, submergé par trop d’émotions. Tout ce qui est excessif n’est jamais bon. Pendant dix minutes, on croit que le scénario catastrophe pourrait se produire. Voyant que les joueurs ne savent plus trop quoi faire, le commentateur regarde le coach. J’ai essayé de décrire ce qui se passait. Probablement que ma description est allée un peu trop loin, dans de l’interprétation. Il faut reconnaitre que, in fine, les choix de Martinez ont été bons", précise Rodrigo Beenkens.

Jan Vertonghen

"Dans ce genre de matches, la conclusion est importante. Mais nous n’en avons pas eu car nous étions prêts à repartir pour la prolongation. Personne ne s’attend à ce but extraordinaire qui tombe à la 94e minute. Nous n’avons pas pu faire de conclusion et dire ce qu’on voulait dire. A savoir, dans un premier temps, bravo aux joueurs japonais. Ensuite, bien sûr nous pouvons poser des questions à Martinez, mais il a réussi et chapeau à lui", poursuit notamment notre collègue RTBF.

Michel Lecomte, chef de rédaction, s’est bien sûr entretenu avec Rodrigo Beenkens après cet épisode qui suscite de nombreuses réactions : "Commenter un match des Diables rouges en 1/8 de finale de la Coupe du monde avec une génération comme celle-là, c’est évidemment un exercice très différent qui nécessite une certaine empathie, dans lequel on met forcément une solide dose d’émotion. Celle-ci doit être maitrisée et mesurée. Rodrigo reconnait qu’il est allé trop loin. Lui et moi sommes d’accord sur ce point. N'oublions pas Philippe Albert, aux côtés de Rodrigo, qui a fait preuve de son habituelle placidité en tempérant régulièrement. J’avoue que je me suis aussi demandé comment nous allions sortir de cette impasse japonaise. Manifestement, Martinez a fait les bons choix. C’est la plus noble des réponses à notre commentateur qui prônait, de son côté, la montée de Batshuayi. Au bout du compte, les Belges gagnent, sont qualifiés pour les quarts de finale, et le premier mérite en revient à ce que le coach national a mis en place et comment il est parvenu à sortir son équipe du trou hier à Rostov. Ce que Rodrigo a reconnu très rapidement une fois l’émotion retombée. En résumé, pour commenter un match pareil, il faut être échauffé, mais pas trop chaud. Je suis sûr que ce match sera un tournant dans la carrière du commentateur des Diables."

"Avec les Brésiliens, ça va venir de tous les côtés"

Au stade suivant, l’équipe belge sera opposée au Brésil, tombeur du Mexique. Ce sera le 5ème duel entre les Diables et la Seleçao.

"Les rôles seront inversés pour le ¼ de finale. Le Brésil aura une pression énorme et doit se qualifier. Si on est éliminé, tout le monde trouvera ça normal. Si on se qualifie, on peut devenir champion du monde. Cette génération belge devra montrer toutes les qualités qu’elle possède vendredi soir. Mertens nous sauve contre le Panama, Vertonghen nous relance contre le Japon : on n’aura pas toujours cette chance. Défensivement, il y a encore des choses à travailler. L’entrée au jeu de Fellaini et Chadli a boosté cette équipe. Ce serait difficile de penser que Martinez va débuter avec la même équipe qu’hier. On devra absolument dédoubler les flancs contre le Brésil, pour contrer des éléments comme Neymar ou Coutinho. Avec les Brésiliens, ça va venir de tous les côtés", ponctue Philippe Albert.

La conclusion revient à Rodrigo Beenkens : "Plus que jamais, il faut qu’on soit tous derrière les Diables et leur entraineur."

Le choc tant attendu entre Belges et Brésiliens se tiendra vendredi à 20h00.

Articles recommandés pour vous