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La bulle de Josef Schovanec : Puck, héroïne de l'école inclusive ?

Puck écolière, un classique de la littérature jeunesse

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Le sujet de discussion majeur dans l’univers du handicap est celui de la place des enfants dits différents à l’école. Et on aime à répéter un beau slogan : école inclusive. Une fois que l’on a dit cela, on est au paradis. Ou presque.

A vrai dire, rien n’indique que l’école ait été moins inclusive avant. J’en discutais avec une amie ayant une expérience particulièrement longue du handicap à l’école : elle me suggéra de lire la collection de romans autour de Puck.

Le nom de Puck ne dira peut-être plus rien aux plus jeunes. Toutefois, pour toute une génération, celle qui connut les années 60, Puck était l’héroïne absolue, celle qui incarnait les rêves de tant de jeunes personnes à travers l’Europe. Ecrits sous le nom de plume de Lisbeth Werner, les récits de Puck couraient à travers des dizaines de volumes, furent traduits dans un peu toutes les langues.

Puck incarnait une jeune fille idéale selon les standards de l’époque, droite, un peu espiègle, mais foncièrement gentille. Elle habite et apprend dans un pensionnat.

C’est là que les choses deviennent intéressantes. Alors même que le lecteur peut suivre quasiment en temps réel les moindres faits et gestes de Puck à l’école, ce ne sont pas les mathématiques ou autre qu’elle apprend réellement. Puck apprend avant tout à interagir avec la multiplicité des profils des autres enfants.

Certes, la collection de livres ne parle pas de handicap, encore moins n’utilise nos terminologies contemporaines sur l’autisme, la dyslexie et tant d’autres particularités. Certes, les argumentations peuvent nous paraître désuètes voire épouvantablement incorrectes sur le plan du politiquement correct, comme lorsque l’on présente telle ou telle personnalité comme le résultat naturel du divorce des parents de l’enfant.

Pour autant, le tableau général est que le pensionnat de Puck est particulièrement inclusif. Parfois les enfants ne s’aiment pas trop, comme dans le cas de l’hostilité entre Puck et une dénommée Karen, que d’ailleurs on aurait peut-être diagnostiquée autiste de nos jours. Mais que l’on s’apprécie ou non, chaque enfant reste membre du groupe ; Puck, quant à elle, essaie toujours et encore d’établir des liens avec Karen, quoi qu’en pensent ses copines. A titre de curiosité historique : pour les amateurs de culture populaire numérique, le surnom " Karen " donné de nos jours à des personnes fort désagréables pourrait venir justement de la série de romans autour de Puck.

Alors, on se demandera quelle est la méthode qu’utilise le pensionnat de Puck pour être inclusif. La fameuse méthode. En fait, il n’y en a aucune. Les responsables du pensionnat sont simplement de belles personnes et l’établissement est à taille humaine. Hier, en assistant à la fête du 50ème anniversaire de l’enseignement spécialisé, tel fut au demeurant le message marquant : être humainement proche avant tout. Les pages jaunies de Puck émeuvent, tout en faisant frémir : une telle histoire, un tel monde seraient-ils encore possibles aujourd’hui ?

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