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La Belgique, trop tolérante avec la vitesse au volant ?

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Le drame de ce dimanche 20 mars à Strepy Bracquegnies n’a pas encore livré tous ses secrets mais une chose est sûre, la vitesse excessive du véhicule a joué un rôle majeur dans la gravité du bilan: 6 morts et des dizaines de blessés. L’occasion d’interroger le regard de notre société sur la vitesse et l’arsenal des sanctions prévues. Déclic a tenté d’y voir clair.

Les Belges, mauvais élèves européens

Selon une étude internationale (ESRA) menée dans 32 pays, les Belges n’hésitent pas à prendre régulièrement des libertés avec les limitations de vitesse. 68% des Belges indiquent avoir dépassé la limitation sur autoroute au cours du mois écoulé. Davantage que la moyenne européenne qui s’élève à 62%.

6 conducteurs sur 10 (62%) avouent avoir dépassé la vitesse maximale autorisée en agglomération (contre 56% dans le reste de l’Europe). Hors agglomération, 72% des Belges avouent rouler parfois trop vite, la moyenne européenne est de 68%.

La récidive, problème majeur

La tragédie de Strepy interroge aussi l’enjeu de la récidive, un problème particulièrement criant en matière de sécurité routière. 2 chiffres, issus d’une étude de VIAS, pour s’en convaincre :

  • Plus d’un tiers des accidents sont le fait de conducteurs récidivistes, déjà sanctionnés pour plusieurs infractions
  • Les multirécidivistes – sanctionnés au moins à 5 reprises en un an – ont 35 fois plus de risque de provoquer un accident que les personnes jamais ou pratiquement jamais épinglées en infraction.

Quelle réponse politique ?

Cela plaide-t-il pour la mise en place d’un permis à point dont l’un des objectifs est de décourager la récidive ? Le gouvernement fédéral a en tous cas prévu d’étudier la question. Dans l’accord politique noués par les partenaires de la VIVALDI, il est prévu de " réaliser une étude sur le rôle du permis de conduire à points, comparé à d’autres pays (…) Le gouvernement travaille sur une approche structurelle de la récidive persistante, également pour les infractions qui sont habituellement traitées avec perception immédiate ".

Interrogé sur le sujet, le ministre fédéral de la mobilité (ECOLO) Georges Gilkinet indique que ce qui est étudié avec les ministres de l’intérieur et de la justice " c’est vraiment un système de lutte contre la récidive. Que ce soit via un permis à point ou un autre système, il faut pouvoir identifier les personnes qui sont systématiquement en infraction parce qu'elles sont beaucoup plus dangereuses pour les autres… et ensuite prévoir les sanctions adéquates. D’ailleurs une sanction ça peut être aussi une nouvelle formation à la conduite et une sensibilisation au risque que l’on fait courir aux autres usagers ".

Les circonstances tragiques du moment, le rappel douloureux des risques liés à la vitesse créent peut-être un Momentum politique pour faire avancer ce dossier souvent considéré comme impopulaire.

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