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Belgique

La Belgique comptera 13 millions d’habitants en 2070 et l’espérance de vie atteindra 90 ans

08 févr. 2022 à 08:00 - mise à jour 08 févr. 2022 à 10:30Temps de lecture4 min
Par Eric Boever

Combien serons-nous dans 50 ans ? Le Bureau du Plan s’est posé la question et il a estimé que la population belge allait augmenter de 1,3 million d’ici 2070 pour atteindre presque 13 millions d’habitants. Une croissance qui ralentit par rapport au passé mais qui n’a rien à voir avec la crise sanitaire actuelle. Parallèlement, notre espérance de vie augmente aussi. En 2070, les hommes vivront en moyenne jusqu’à 88 ans et les femmes frôleront les 90 ans. On détaille tout cela sans attendre.

Une croissance qui ralentit, à l’image de l’immigration internationale

Durant les 30 dernières années, la population vivant en Belgique a augmenté de 1,5 million d’habitants. En gardant le même rythme, nous aurions dû être 2,5 millions de plus et dépasser les 14 millions d’habitants dans 50 ans. Or, selon les projections démographiques du Bureau du Plan, ce ne sera pas le cas. La population n’augmentera " que " de 1,3 million pour s’établir juste sous les 13 millions. La progression continue donc mais son rythme ralentit par rapport au passé.

Comparé aux trois dernières décennies, le nombre moyen d’habitants supplémentaires par an est réduit de moitié : si entre 1992 et 2020, ce nombre grimpait de 52.000 habitants par an, l’augmentation s’établit à 27.000 habitants entre 2021 et 2070. Les naissances par exemple excèdent les décès jusqu’en 2040, ce qui dynamise la croissance, mais après c’est l’inverse. Cela dit, le nombre de naissances n’est pas le facteur déterminant, loin de là.

Le vecteur principal de cette croissance démographique, c’est sans surprise la migration internationale. Marie Vandresse, experte démographe au Bureau du Plan explique : “La migration internationale a été le moteur principal de la croissance démographique au cours des 20 dernières années et le sera encore à l’avenir. À long terme, les flux migratoires restent à des niveaux élevés, sans toutefois augmenter. En effet, les flux en provenance des pays hors de l’Union européenne progresseront jusqu’en 2070 mais ils seront compensés par une baisse des arrivées en provenance des nouveaux Etats membres de l’Union européenne, en particulier la Roumanie, la Pologne et la Bulgarie.”

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Une croissance particulièrement faible en région bruxelloise

En 2070, la Région de Bruxelles-Capitale comptera 100.000 habitants supplémentaires (+7%). Dans le même temps, la Région wallonne connaîtra une hausse de 200.000 habitants (+6%) et la Région flamande d’un million (+15%).

Bruxelles ne sera donc plus le leader de la progression démographique comme par le passé et cela s’explique : alors que la Région bruxelloise a connu une croissance moyenne de 9000 habitants par an depuis 1992, cette augmentation n’est plus que de 2000 habitants par an à partir de 2021.

Pourquoi ce ralentissement ? Dans les années à venir, la contribution des naissances et de la migration internationale sera quasiment compensée par les départs de Bruxelles vers les deux autres régions.

Mais cet exode ne profitera pas pleinement aux deux autres entités régionales car la croissance de la population en Région flamande (+ 15%) et en Région wallonne (+ 6%) sera freinée par l’augmentation des décès qui deviendront plus importants que le nombre de naissances.

La population de la Région wallonne augmentera ainsi en moyenne de 4000 habitants par an jusqu’en 2070 (contre 13.000 depuis 1992), celle de la Région flamande de 21.000 (contre 30.000 depuis 1992).

Les Belges vivront plus longtemps, presque 90 ans pour les femmes

Autre enseignement des projections du Bureau du Plan, l’espérance de vie des Belges repart à la hausse dès 2021. Elle atteindra 90 ans pour les femmes et 88 ans pour les hommes en 2070, contre 84 et 80 ans aujourd’hui.

Si les femmes gagnent 6 ans de longévité, les messieurs rallongent leur vie de 8 ans. Un allongement qu’on doit aux progrès de la médecine et à l’amélioration des conditions générales de vie. Cet allongement représente aussi un fameux défi pour les générations futures, chargées d’encadrer ce nombre croissant de super-seniors.

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Un chiffre résume à lui seul ce défi : le nombre de personnes de 80 ans et plus vivant dans ce que le Plan appelle des "ménages collectifs", ce qui recouvre principalement les maisons de repos. Ce nombre augmentera dès 2030 et il aura doublé à l’horizon 2070. On voit sur le graphique ci-dessous que la crise covid a laissé des traces et causé de nombreux décès, le nombre de personnes vivant en maisons de repos ayant diminué de 83.579 à 75.938 en l’espace de 2 ans, mais ce nombre repartira en flèche dans quelques années.

Bien sûr, le rôle du Bureau du Plan n’est pas de dresser les contours d’une politique pour le futur, mais il est clair que ses projections sont de nature à susciter et à nourrir des débats, et pas seulement dans les enceintes parlementaires, sur notre politique d’accueil et d’accompagnement des aînés. En clair, comment va-t-on à l’avenir accueillir, loger, accompagner et soigner ces contingents supplémentaires de " cheveux blancs " ?

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La crise sanitaire a-t-elle influencé notre démographie ? Pas à long terme

A la lecture de l’actualité des deux dernières années, on pourrait penser que la crise sanitaire va influencer notre démographie, et pourtant, de manière générale, le covid n’affectera pas la croissance de la population à long terme. Contrairement à ce qui avait été prévu dans l’exercice de projection précédent, les flux migratoires internationaux en 2020 ont été peu impactés par les restrictions visant à limiter la mobilité internationale.

Selon le rapport du Bureau du Plan, la crise sanitaire n’aurait pas non plus un impact marqué sur la fécondité. Bref, ce qui est ressenti par beaucoup d’entre nous comme un phénomène majeur qui bouleverse nos vies depuis deux ans n’aura sans doute pas de répercussions sur l’évolution de notre démographie. Pour préserver notre moral, on pourrait se dire que c’est finalement assez rassurant de voir que certains domaines restent imperméables au Covid 19, qu’ils soient vaccinés ou pas !

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