La Belgique, bientôt pionnière de la lutte contre l'obsolescence programmée

Un monde où les cuisinières ont droit à une seconde vie.

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30 mai 2017 à 07:47 - mise à jour 30 mai 2017 à 07:47Temps de lecture2 min
Par RTBF

Les consommateurs se plaignent régulièrement de l’obsolescence programmée de leurs appareils électro-ménagers. Des imprimantes qui s’arrêtent de fonctionner après un certain nombre d’impression, des machines à laver en panne après quatre ou cinq ans.Peut-on enrayer ce phénomène? Un bureau d’études spécialisé pense que oui.

Le bureau d’études RDC Environment à Bruxelles sait pertinemment que les fabricants d’électroménager et d’électronique ont tendance à limiter volontairement la durée de vie de leurs produits, mais reconnaît que ce mécanisme est aussi difficile, voire impossible à prouver. Ce bureau a donc été mandaté par les ministres Marghem et Peeters, en charge de l’environnement et de la protection des consommateurs au gouvernement fédéral pour voir comment contrecarrer cette obsolescence programmée.

Favoriser l’écoconception

Le directeur de RDC Conseil, Bernard de Caevel a mis une stratégie en place: "On peut agir d’une part pour favoriser l’écoconception et le fait que les consommateurs achètent des produits qui vont durer longtemps et qui sont réparables, et il y a toute une série de mesures qui peuvent être prises pour que les produits soient plus faciles et moins chers à réparer, comme par exemple rendre obligatoire la mise à disposition de pièces détachées dans un délai raisonnable et à un prix raisonnable".
On pourrait aussi, favoriser la réparation auprès des consommateurs. Pour Bernard de Caevel, cela  favoriserait, d’un point de vue économique, la réparation auprès des réparateurs en jouant sur la TVA, la déductibilité des impôts et les baisses de charges sociales.

Il suffirait d’un encouragement fiscal

Mais peut-on, dans un petit pays comme la Belgique imaginer que notre pays puisse imposer des normes plus sévères aux fabricants d’électroménagers? Une action au niveau européen serait plus efficace, mais le gouvernement belge peut très bien favoriser les constructeurs qui produisent des appareils plus durables et qui s’engagent à fournir des pièces de rechange. Le gouvernement peut aussi favoriser fiscalement la réparation des appareils. Après tout, cela n’est pas neuf. Il existe chez nous toute une filière de remise en état d’électroménager. C’est le chez Les Petits Riens à Bruxelles.  Pour Julien Coppens, directeur de l’association, tout appareil peut avoir une seconde vie. "Ici, on répare toutes les machines à laver, frigos, lave-vaisselle qu’on a été collecter chez les particuliers. D’une part, ça va nous permettre de former des personnes peu qualifiées aux métiers de réparateurs, d’électromécaniciens. Et ensuite, les machines, une fois réparées, vont être revendues à un tiers du prix du neuf avec un an de garantie dans nos magasins".

3000 électroménagers par an

Et surtout, cela va permettre d’approvisionner toute une clientèle, qui n’a pas beaucoup de moyens, en équipement de qualité. "Et avec les bénéfices qu’on va réaliser avec cette vente, on pourra financer nos actions sociales d’hébergement de sans-abri".
Cette activité est évidemment marginale, mais l’association collecte tout de même 3000 électroménagers par an. Un tiers d’entre eux sera réparé. "Mais nous sommes prêts à monter en cadence et avec un coup de pouce du fédéral pour baisser la TVA sur la réparation par exemple, c’est tout à fait possible. Alors tous ceux qui ont des machines obsolètes ne doivent pas hésiter, l’histoire a montré que les choix des consommateurs peuvent être déterminants dans l’évolution économique".

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