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La Belgian Music Week 2022 débarque sur la RTBF : 5 questions à Rudy Léonet

La Belgian Music Week
18 janv. 2022 à 11:00 - mise à jour 18 janv. 2022 à 12:265 min
Par A. Glaudot

Pour la seconde année consécutive, la RTBF se mobilise autour d’une "Belgian Music Week". Une semaine de la musique (du 31 janvier au 6 février prochain) ponctuée d’une soirée, qui succède aux DMA. Comment expliquer cette évolution ?

Rudy Léonet : L’année passée, ce n’était pas un choix mais une nécessité. Dans une période de confinement complet, nous avons été contraints d’annuler la soirée des DMA, sans pour autant se croiser les bras et rester à rien faire. Le projet a donc évolué en une semaine complète "Belgian Music Week" sur toutes nos plateformes, ponctuée de la "Belgian Music Night" : à savoir une soirée en télévision avec des artistes de la Fédération Wallonie Bruxelles mais sans aucune forme de compétition. Soit, une émission sans gagnant ni perdant. Cette année, nous sommes repartis sur la même idée, d’une part au vu des circonstances sanitaires (on soulignera le report récent des MIAS qui auront lieu en principe le 30 avril prochain au lieu du 3 février). Et d’autre part, le bilan de l’année passée était excellent tant en termes de chiffres* que de retours des acteurs du secteur.

Dans la foulée, nous en avons profité pour avoir une réflexion sur le problème global et structurel de ce type de cérémonie et pas seulement au niveau belge. Si on prend les César, les Oscars, les Victoires de la Musique, les Golden Globes, les Grammy’s, les Baftas, toutes ces remises de prix sont aujourd’hui fortement remises en question dans leur organisation et dans leur légitimité. Et de ces cérémonies, on ne retient pas forcément les artistes gagnants mais plutôt un discours, un coup de gueule, une prise de parole, un happening, et pas le nom des lauréats. On sent que nous sommes à un moment charnière, un tournant.

On sent bien la fin d’une période et pour nous, c’était aussi l’occasion de rebondir sur quelque chose de nouveau.

La réflexion autour de la tenue d’une remise des prix en Belgique a aussi été évaluée en fonction de notre paysage : le marché chez nous est complètement dérégulé ! Nous avons la chance d’avoir des artistes exceptionnels comme Angèle, qui fait un duo avec Dua Lipa, qui a son docu sur Netflix, ou Stromae qui fait son grand retour cette année, ou encore Damso ou Roméo Elvis qui explosent les ventes en France. Ce sont des phénomènes hors catégories, hors-norme. Il est totalement impossible de les mettre en compétition avec des artistes locaux émergents. Or, si nous voulons être logiques, ils sont tous éligibles au même titre et si nous devions les mettre face à face, il est certain qu’ils (Angèle, Stromae…) rafleraient la mise ! Ce qui est tout à fait normal, c’est l’inverse qui ne le serait pas, ils le méritent très très largement ! Nous ne pouvons pas contourner cette réalité.

A cela s’ajoute le cas particulier des rappeurs, dominants sur le marché, qui ne veulent pas participer à ce genre de cérémonies et qui veulent garder un discours cohérent vis-à-vis de leur public étant donné leur statut d’outsiders. C’est normal. Nous sommes donc dans une configuration difficile à gérer. Une situation belgo-belge, qui ne ressemble encore une fois à aucune autre, même si la Norvège fait le même constat avec des chanteuses norvégiennes au succès international comme Aurora ou Girl in Red qu’ils ne peuvent pas mettre en face de leurs jeunes talents locaux.

Il est donc beaucoup plus intéressant et plus riche d’avoir une semaine complète et une soirée dédiée à tous nos talents, sans compétition ni hiérarchie, tant avec des artistes locomotives que des artistes plus émergents tous genres et tous styles confondus.

D’une situation qui a été mise en place pour des raisons sanitaires et indépendantes de notre volonté éditoriale, on s’est rendu compte par les retours qu’on en a eu, qu’une fenêtre d’une semaine multiplateforme et une soirée en télévision étaient beaucoup plus rentables en termes d’objectifs d’expositions de nos artistes que de tout concentrer sur un seul soir.

Une semaine noir jaune rouge qui prend place en même temps que celle de nos confrères de la VRT, on imagine que ça a toute son importance…

C’est très important, à la fois stratégiquement et psychologiquement. C’est très difficile en Belgique d’accorder le Nord et le Sud. Ici, au-delà des clivages et des centres d’intérêt, des particularités de chacune des communautés, il y a eu une entente entre la VRT et la RTBF pour réaliser une "Belgian Music Week / Week van de Belgische Muziek" aux mêmes dates. Nous allons répéter ça chaque année et nous caler dans le même calendrier avec la VRT de manière à proposer au public un véritable rendez-vous national pour mettre à l’honneur notre musique et nos talents belges. Pour le public, c’est beaucoup plus clair, plus lisible et pour nos partenaires, c’est plus facile à mettre en avant.

Autre nouveauté, il y a aussi une ouverture à plus de genres musicaux…

Oui et c’est l’avantage de la formule. Nous avons décidé d’inclure la musique classique et le jazz à travers la participation de Musiq3. On s’est aperçu que des jeunes artistes émergents ne proposaient pas que de la pop, du rock ou du rap mais aussi de la musique classique ou du jazz. Encore un exemple qui montre que faire une semaine dédiée à la musique belge, permet de faire cohabiter plus de genres différents sans être obligé de mélanger tout le monde, chaque radio mettant en avant ses talents en fonction de son ADN et de sa ligne éditoriale.

Quels sont les messages que la RTBF souhaite faire passer au secteur en proposant une BMW ?

En tant que service public, la RTBF est très attentive à mettre en avant les talents locaux comme le font tous les services publics audiovisuels à quelques nuances près. Que ce soit avec les Médias Francophones Publics (Suisse, France, Belgique, Canada) ou l’UER, Union Européenne de Radio-Télévision. Tout le monde a à cœur de soutenir les artistes de sa communauté, ça fait partie de nos missions. Nous voulons également témoigner de notre soutien à un secteur qui, depuis plus de deux ans, est véritablement en souffrance ! En plus d’un travail permanent au quotidien, nous voulons marquer le coup, avec un moment particulier où nous mettons encore plus nos artistes en évidence et en valeur.

Il va de soi que le soutien à nos artistes ne s’arrête pas à la fin de la BMW, nous continuons toute l’année, chaque radio et chaque chaîne dans son domaine et avec ses particularités.

Cette semaine de la musique belge est également soutenue par de nombreux partenaires : qui sont-ils exactement ?

Nous avons des partenaires du secteur qui nous soutiennent depuis les DMA et qui continuent à nous accompagner sur la BMW et la BMN, il s’agit de : la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Conseil de la Musique, Auvibel, la BEA, la SABAM et PlayRight. D’autres vont bientôt nous rejoindre, je pense à Court-Circuit. On réunit tous les acteurs importants qui défendent les artistes en Belgique, au même titre que la VRT qui travaille avec les mêmes et au même moment. Nous sommes donc à 200% dans notre rôle de service public en mettant en avant tous nos artistes et en travaillant comme incubateur culturel de notre communauté.

* Pendant la semaine de la Belgian Music Week, il y a eu sur tous nos médias plus de 580 points de contacts avec des artistes différents (sessions, interviews, live, airplay…).

Partenaires de la Belgian Music Week
Partenaires de la Belgian Music Week RTBF

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