Economie

La BCE frappe un grand coup pour gagner son pari sur l'inflation

© Jaap Arriens/NurPhoto

08 sept. 2022 à 05:56 - mise à jour 08 sept. 2022 à 13:13Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Anthony Roberfroid

Rattrapée par les records d'inflation, la Banque centrale européenne (BCE) a accéléré jeudi le resserrement de sa politique monétaire en décidant d'une hausse de ses taux d'intérêt d'une ampleur inédite.

Le Conseil des gouverneurs de l'institut monétaire a décidé de relever les taux directeurs de 75 points de base, une première en deux décennies d'existence - hormis un ajustement technique en 1999.

Servant de référence dans un contexte de liquidités abondantes, le taux sur les dépôts bancaires à la BCE, ramené de -0,5% à 0% en juillet, passe ainsi à 0,75%. 

Les deux autres taux directeurs, celui appliqué aux banques sur les opérations de refinancement sur plusieurs semaines et celui visant la facilité de prêt marginal au jour le jour, passent eux respectivement à 1,25% et 1,50%.

Des hausses de taux doivent favoriser l'épargne et réduire la consommation, pour abaisser la pression sur les prix.

En juillet, la BCE avait eu la main ferme en annonçant par surprise une hausse de 50 points de base, quand 25 points étaient attendus.

Cette première hausse en plus de dix ans est intervenue après une longue période d'argent pas cher qui a permis de stimuler l'économie.

La promesse était alors d'en faire autant en septembre à moins que les tensions inflationnistes refluent.

Or, les prix ont grimpé en août à un niveau record de 9,1% sur un an en zone euro, très au-dessus du taux de 2% visé par la BCE et la poussant jeudi à envoyer un signal fort.

Les nouvelles tensions des prix de l'énergie depuis l'arrêt complet de la livraison de gaz russe vers l'Europe présagent même d'une inflation à deux chiffres à l'automne.

Le reflux espéré de prix va donc se faire attendre, comme en témoignent les nouvelles prévisions d'inflation dévoilées jeudi, nettement relevés jusqu'en 2024. 

L'agrégat, selon la BCE, devrait monter à 8,1% en 2022, avant de ralentir à 5,5% en 2023 et à 2,3% en 2024.

La Banque centrale européenne a relevé ses prévisions de croissance du PIB en zone euro pour 2022, mais les a drastiquement réduites pour 2023, dans ce contexte de crise énergétique.

L'institution monétaire s'attend à une "stagnation" de l'activité économique fin 2022 et début 2023, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Elle prévoit désormais une croissance de 3,1% cette année mais seulement 0,9% en 2023, contre 2,8% et 2,1% respectivement prévus dans ses projections de juin.

JT du 10/08/2022

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