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Le 6/8

La bande dessinée fait écho à l'actualité avec "Black Squaw" et "L'Odyssée d'Hakim"

« Black Squaw » une BD inspirée d'une histoire vraie

Le 6-8

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22 juin 2020 à 14:43 - mise à jour 22 juin 2020 à 14:434 min
Par François Saint-Amand

Mathieu Van Overstraeten a présenté deux nouvelles bande dessinées semi-fictionnelles qui devraient vous transporter tout en vous interpellant sur deux sujets qui reviennent au cœur de l'actualité en ce début d'été dans Le 6-8 ce 22 juin.

Le 9ème art est lui aussi vecteur de transmission d'idées, d'éducation et de protestations comme le prouvent ces deux nouvelles bandes dessinées qui mettent en lumière deux phénomènes au cœur de l'actualité ou qui l'ont été : la discrimination raciale et la crise migratoire.

L'histoire vraie d'une aviatrice afro-américaine

La bande dessinée fait écho à l'actualité avec "Black Squaw" et "L'Odyssée d'Hakim"

Black Squaw raconte l'histoire d'une aviatrice dans les années 1920 aux États-Unis nommée Bessie. Le titre se réfère à l'origine de l'héroïne. "Elle est née dans une famille afro-américaine mais elle a aussi du sang indien qui coule dans ses veines puisque son papa a des origines cherokee" précise Mathieu Van Overstraeten.

Outre sa double origine ethnique, ce qui étonne encore plus c'est son métier, "une situation totalement inédite pour l'époque" note le chroniqueur.  "À l'époque les femmes pilotes étaient très rares et les femmes pilotes noires l'étaient encore plus sans oublier que Bessie est issue d'une famille très pauvre donc les chances pour piloter un avion étaient assez minces".

Elle travaille en réalité pour le crime organisé et même Al Capone en assurant des livraisons d'alcool clandestin vers les îles Saint-Pierre-et-Miquelon, "qui étaient à l'époque une véritable plaque tournante de la contrebande d'alcool".

Une autre particularité de cette bande dessinée est son inspiration. Le récit est basé sur l'histoire vraie de Bessie Coleman tout en y ajoutant une partie fictionnelle pour plonger le lecteur dans aventure encore plus palpitante.

Bessie Coleman reste d'ailleurs la "première personne d'origine afro-américaine et même la première femme noire au monde à obtenir une licence de pilote en 1921" affirme Mathieu.

Un sujet toujours d'actualité

La bande dessinée fait écho à l'actualité avec "Black Squaw" et "L'Odyssée d'Hakim"

La sortie de cette bande dessinée ne passe pas inaperçue, celle-ci arrivant alors que suite au décès de George Floyd aux États-Unis, le monde scande le Black Lives Matter afin de faire cesser les discriminations raciales.

Même si l'histoire de Black Squaw se déroule il y a cent ans, le message revendicateur est encore d'actualité aujourd'hui. "Bessie vit dans le Sud très raciste des États-unis et va se retrouver confrontée au Ku Klux Klan puisque notamment lors d'une scène très spectaculaire elle s'attaque avec son avion à un avion du Ku Klux Klan qui lâche des prospectus. Sur le moment elle est très contente de son exploit aérien mais on imagine que cela lui posera des ennuis dans les épisodes suivants puisque les racistes masqués ne sont pas très contents qu'elles se soit attaquée à eux" déclare le chroniqueur.

Mathieu Van Overstraeten apprécie fortement cette bande dessinée qui fait écho à plusieurs combats sociaux : "C'est à la fois une histoire d'émancipation : un modèle pour les femmes mais aussi un modèle de lutte contre la discrimination raciale". Il ajoute en plus de cet aspect : "Mention spéciale aux magnifiques dessins de Alain Henriet qui est particulièrement doué pour dessiner les avions".

Le duo Yann-Henriet, déjà auteur de la série Dent d'ours sur une aviatrice allemande pendant la Seconde Guerre devrait prévoir une suite à cette nouvelle histoire selon le chroniqueur avec une fin ouverte sur ce premier tome intitulé Night Hawk. L'auteur explique aussi à la fin la véritable histoire de Bessie Coleman, afin de permettre au lecteur de déceler la dimension réelle de ce récit.

La crise migratoire vécue de l'intérieur

La bande dessinée fait écho à l'actualité avec "Black Squaw" et "L'Odyssée d'Hakim"

L'Oydssée d'Hakim de son côté se penche sur un autre problème de la société contemporaine : la crise des réfugiés.

Pour Mathieu Van Overstraeten, cette BD est "absolument indispensable""Elle raconte de manière très détaillée et précise l'histoire d'un réfugié qui vit aujourd'hui en France mais qui a dû affronter les pires épreuves avant d'enfin goûter à cette vie paisible" déclare-t-il.

Hakim a mis trois ans depuis son départ de Syrie pour rejoindre la France. Chaque tome a raconté une part de son périple : le premier se penchait sur le trajet entre son pays natal et la Turquie, le second entre la Turquie et la Grèce, le troisième qui est sorti début juin conclut cet odyssée : de la Macédoine à la France.

Dans ce dernier tome, le voyage reste éprouvant pour Hakim et son fils après leur traversée de la Méditerranée. 

"Ils vont passer en réalité par d'autres épreuves terribles comme les centres de rétention et la police des frontières en Hongrie" explique Mathieu. "On se rend compte à quel point la Hongrie est un pays très peu accueillant pour les réfugiés mais heureusement il y a aussi des moments positifs dans cette histoire : ils pourront compter sur des coups de mains et actions de solidarité de la art soit de parfaits inconnus soit d'autres migrants" révèle-t-il.


►►► À lire aussi : On élargit la sphère de nos bulles avec "Au bonheur des dames" et "Les omniscients"


 

La BD « L'odyssée d'Hakim » raconte le parcours d'un réfugié

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Une BD pour sensibiliser sur la crise des réfugiés

La bande dessinée fait écho à l'actualité avec "Black Squaw" et "L'Odyssée d'Hakim"

Ce récit est aussi basé sur une histoire vraie. L'auteur Fabien Toulmé a rencontré Hakim pendant plusieurs mois pour connaître son histoire et la raconter car il remarque que les Européens manquent d'identification envers les migrants qui périssent souvent en mer lors d'une traversée vers le vieux continent. Avec ce constat, il raconte "le destin individuel d'un migrant qui va vers l'Europe pour que les gens se mettent à sa place" dévoile le chroniqueur.

Alors que l'histoire est grave et touchante, les dessins sont à l'opposé, très simples, "presque naïfs même y compris dans la narration" analyse Mathieu Van Overstraeten.

"Sans avoir l'air d'y toucher, en se mettant en scène dans ses livres, Fabien Toulmé parvient à aborder des sujets très sensibles et complexes" estime-t-il. On le retrouve en effet lui-même en dessin lorsqu'il se rend dans une école raconter L'Oydssée d'Hakim.

Il avait déjà écrit Ce n'est pas toi que j'attendais, où "il décrit de manière très touchante la naissance de sa fille trisomique. C'est donc quelqu'un qui parvient à aborder des sujets très difficiles de manière très réussie". L'histoire d'Hakim est donc "crédible comme récit journalistique" et à la fois passionnante comme une histoire d'aventure selon Mathieu. Cette BD est aussi "idéale pour permettre aux enseignants d'expliquer à leurs élèves le drame des migrants et de réfugiés" selon lui.

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