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L'Union européenne veut remplacer le bon vieux PIB

L'Union européenne veut remplacer le bon vieux PIB

Aujourd'hui, la richesse des nations se mesure à l'aune du seul produit intérieur brut, le fameux PIB. Soit la somme, sur une période déterminée, de toutes valeurs ajoutées réalisées par les agents économique d'un pays ou d'un ensemble de pays. En corollaire, l'autre indicateur économique majeur est tout simplement le taux de chômage. Ni l'un ni l'autre ne permettent cependant d'appréhender la situation globale de nos économies, en particulier sous l'angle social et environnemental.

En effet, le PIB peut croître lorsqu'on détruit une forêt pour en vendre le bois, alors que l'abattage de cette forêt constitue une atteinte évidente à l'environnement, a ainsi expliqué le commissaire européen en charge de l'Environnement, Stavros Dimas. "Cela devient un problème lorsque le PIB est considéré comme le critère unique de progrès (...)et qu'il ne prend pas en compte des questions qui sont essentielles pour la qualité de vie comme l'environnement, la cohésion sociale ou le bonheur des gens", a souligné le commissaire.

Voilà pourquoi la panoplie des indicateurs économiques de l'UE aujourd'hui dominée par le produit intérieur brut et le taux de chômage s'enrichira dès 2010 d'un "indice de pression environnementale".

Indicateur complexe

Il s'agira d'un indicateur complexe, incluant des données relatives au changement climatique, à la biodiversité, aux pollutions atmosphériques ou aquatiques, etc. Une première version de cet indice sera publiée sur base des données de l'année entière en 2010 a précisé le commissaire Stavros Dimas.

En clair, lorsque cet indice baissera, ce sera signe de progrès dans la protection de l'environnement. Lorsqu'il augmentera, il devra agir comme un signal d'alarme pour les gouvernements et les amener à réévaluer la pertinence de leurs politiques ou les objectifs assignés. Des moyens seront en outre dégagés pour développer à terme un indicateur global de "qualité environnementale" qui prendrait en compte la proportion de citoyens vivant dans un environnement préservé ou encore pour améliorer les indicateurs sociaux existants, pour mieux évaluer la qualité de vie et le bien-être.

La Commission veut publier ses indicateurs sociaux ou environnementaux plus rapidement, alors que ce type de données n'est souvent disponible qu'avec plusieurs années de décalage et que les données économiques principales le sont, elles, déjà au bout de quelques semaines.

"Pour changer le monde, nous devons changer la façon dont nous le comprenons, et pour ce faire nous avons besoin d'aller au-delà du PIB", un indicateur qui remonte aux années 1930, a asséné le commissaire Stavros Dimas.

Un projet porté par les altermondialistes

Ce projet s'inscrit dans une réflexion engagée au niveau mondial depuis quelques années pour compléter le PIB, sous la pression du mouvement altermondialiste. Toutefois, certaines organisations se montrent méfiantes face à l'annonce de la Commission. Ainsi, le site de l'hebdomadaire français Le Point fait état de la réaction mitigée du WWF (Worldwide Fund for Nature). Selon son représentant pour l'Europe, Tony Long,  "Nous n'avons pas avancé concernant la mise en oeuvre de mesures pour la durabilité environnementale, le progrès social ou le bien-être".

(T. Nagant)

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