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L'Irak commémore les dix ans de la chute de Bagdad

Montage de photos prises le 9 avril 2003 montrant la destruction de la statue de Saddam Hussein à Bagdad
09 avr. 2013 à 05:49 - mise à jour 09 avr. 2013 à 05:54Temps de lecture2 min
Par AFP

Le 9 avril 2003, les troupes de la coalition menée par les Etats-Unis fondaient sur Bagdad, ne rencontrant que peu de résistance de la part de l'armée de Saddam Hussein, démoralisée et désorganisée.

L'image qui synthétise cette journée, et plus largement la fin du régime du raïs, est celle de soldats américains détruisant sa statue à l'aide d'un char muni d'un treuil sur la place Ferdaous, en plein centre-ville.

Mais la joie éprouvée par nombre d'Irakiens à ce moment-là a été de courte durée.

Selon un rapport de l'ONG Iraq Body Count, 112.000 civils ont péri entre mars 2003 et mars 2013 dans les violences qui continuent, dix ans après, à endeuiller l'Irak.

Prises en tenaille entre les milices chiites et les insurgés sunnites, les troupes américaines ont, elles aussi, payé un lourd tribut aux violences qui ont pris un tour résolument confessionnel à partir de 2006. Selon le site spécialisé icasualties.org, 4.486 soldats américains sont morts en Irak pendant les huit années d'occupation, qui s'est achevée en décembre 2011.

Dans ce contexte, le gouvernement irakien n'a prévu aucune cérémonie mardi pour marquer la chute de Bagdad.

De plus, cet anniversaire tombe en pleine campagne électorale. Dans 12 des 18 provinces du pays, les électeurs sont appelés à renouveler leurs assemblées provinciales le 20 avril. Mais ce scrutin, le premier depuis le départ des derniers soldats américains, se prépare dans le sang.

Douze candidats ont été tués depuis le début de l'année, selon des données officielles. Samedi, un attentat a fait 25 morts et 60 blessés lors d'un meeting électoral à Baqouba, au nord de Bagdad.

Avec 271 personnes tuées et 906 blessées dans des attentats, le mois de mars a été le plus meurtrier depuis août 2012.

Crainte d'actes violents

Pour John Drake, spécialiste de l'Irak au sein du groupe de consultants en risques AKE Group, la chute de Bagdad "est une date plus chargée en émotion que le début de l'invasion. Les insurgés sont donc tout à fait susceptibles de marquer cette date avec davantage d'actes violents".

Ces groupes et groupuscules armés affiliés à l'Etat islamique d'Irak (ISI), la branche locale d'Al-Qaïda, ont certes vu leur élan freiné à partir de 2008, mais ils continuent de viser les forces de sécurité et les chiites, communauté majoritaire qui domine le gouvernement.

A ces violences s'ajoute une lutte politique houleuse entre Nouri al-Maliki et la minorité sunnite. Plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent chaque vendredi dans les régions à majorité sunnite pour dénoncer leur "marginalisation" et réclamer la démission du Premier ministre.

Evoquant des impératifs de sécurité, Nouri Al-Maliki a décidé de reporter sine die les élections provinciales à Ninive (nord) et Al-Anbar (ouest), deux provinces où vivent d'importantes communautés sunnites.

Mais aux yeux des observateurs et des diplomates étrangers, la menace la plus sérieuse vient du conflit larvé que se livrent la région autonome du Kurdistan, dans le nord du pays, et le pouvoir central à Bagdad.


AFP

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