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Cinéma - Interviews

L'interview de Vincent Lindon pour "L'apparition"

L'interview de Vincent Lindon pour "L'apparition"

"L'apparition" c'est l'histoire de Jacques, grand reporter pour un quotidien français, qui reçoit un jour un mystérieux coup de téléphone du Vatican. Dans une petite ville du sud-est de la France une jeune fille de 18 ans a  affirmé  avoir eu une  apparition de la Vierge Marie. La rumeur s’est vite répandue et le phénomène  a pris une  telle ampleur que des milliers de pèlerins viennent désormais se recueillir sur le lieu des apparitions présumées. Jacques qui n’a rien à voir avec ce monde-là accepte de faire partie d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur ces événements.

L'interview intégrale de Vincent Lindon

Ayrton Touwaide : Vincent Lindon, bonjour.  Merci d’être ici en Belgique avec nous pour parler de votre dernier film, "L’apparition".  Je vais commencer par une question un petit peu bateau mais je voudrais savoir ce qui vous a séduit dans le projet de Xavier Giannoli.

Vincent Lindon : Je comprends que vous me disiez… Vous ne coupez pas quand on vous répond ? 

Non.

Non, alors je comprends que vous me disiez "une question bateau " parce qu’elle l’est mais ce n’est pas de votre faute, tout le monde a toujours envie de demander aux acteurs ce qui nous a plu dans le film ou dans le scénario. C’est probablement la question la plus compliquée à laquelle il faut répondre parce que c’est un abîme de vide. C’est-à-dire qu’on est obligé d’essayer de trouver une réponse organisée et précise pour expliquer quelque chose qui vous est arrivé avec insouciance, inconsciemment, et de manière complètement aléatoire. C’est-à-dire une impression, un choc, un goût. J’ai lu un scénario qui m’a bouleversé. J’aurais été bien incapable après la lecture, comme aujourd’hui d’ailleurs, de vous expliquer dans les détails pourquoi. Par contre, une fois que j’ai beaucoup aimé une histoire, avant de m’intéresser même à mon rôle, avant de m’intéresser au personnage qu’on me propose, je me dis : est-ce que j’ai envie d’être dans cette aventure, est-ce que je veux faire partie de cette histoire ? Est-ce que je veux être lui ? Est-ce que je veux tourner ce film mais ce n’est pas seulement tourner un film, est-ce que je veux qu’il appartienne un jour à ma filmographie, est-ce que j’ai envie d’aller en parler après quand il sortira ? C’est tout un truc un film, ce n’est pas juste je tourne et puis on n’en parle plus. Il y a un avant, il y a un pendant et il y a un après. Quand je me réponds oui au trois, je fonce, je fais le film. Ce qui m’a plu c’est d’abord la façon dont Xavier me l’a proposé. Il m’a dit qu’il avait besoin d’un acteur auquel on croit tout de suite. Pas l’acteur son jeu, quelqu’un qui par son incarnation fait qu’on ne se pose pas la question de savoir s’il faut croire ou ne pas croire pour rentrer dans une histoire comme ça. Si l’acteur se pose une question en se disant est-ce que j’ai envie de m’intéresser à cette enquête canonique, on ne met pas en doute sa décision, et on a envie de partir avec lui. Ne pas qu’on perde du temps déjà à être sceptique… Suivre. Quelqu’un qui fédère, quelqu’un qui pense comme vous. Ça m’a plu de lui inspirer ça. Ensuite il est venu me montrer sur ordinateur des faits "apparitionnaires". Ça m’a évidemment énormément interpellé. Ça m’a beaucoup choqué.  Ce n’est pas rien. C’est la première fois que je voyais ça. Rajouté à un scénario qui m’avait beaucoup plu, et un metteur en scène que j’admire énormément pour tous les films qu’il a faits, là je me dis il y a tous les ingrédients pour y aller. Après, est-ce que ça va prendre, est-ce que la grâce va être là… ce n’est plus de mon ressort. Enfin, à moi d’essayer d’être au plus près du personnage, ne pas être en avance sur lui, ne pas être en retard, l’incarner, me laisser envahir de ses doutes, me laisser envahir de son questionnement, me laisser envahir par sa rédemption, par sa tristesse, par son ouverture d’esprit, et surtout c’est une enquête. Jouer un enquêteur c’est passionnant. C’est très intéressant. C’est comme un jeu. C’est quasiment une enquête policière mais canonique.  Mais elle relève des mêmes choses. 

L'APPARITION Bande Annonce (2018 )

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Justement, est-ce que vous connaissez un petit peu l’univers des enquêtes canoniques, la manière dont ça se déroule ?

Maintenant oui mais avant de faire le film non. C’est tout l’intérêt. C’est ce que je vous disais, je n’ai pas pris d’avance sur le personnage. Vous demandez à un enquêteur s’il connaît son enquête, non parce que s’il la connaissait il l’aurait résolue.  Tout enquêteur qui va enquêter ne sait pas sur quoi il va tomber. Ne sait pas sur quel os il va tomber. Ne sait pas à quel point on va le trimballer à droite, à gauche. C’est toute l’excitation de l’enquête. Non seulement je n’en savais pas grand-chose, notamment et plus particulièrement des enquêtes canoniques, c’est passionnant, c’est fascinant, je ne vais pas vous le raconter là parce que c’est le film, mais je suis entré dans un monde qui m’était complètement étranger. Dont j’avais entendu des bribes. C’est un mélange de thriller et de foi, de croyance, c’est quelque chose quoi.

Une fois que vous avez digéré toutes ces informations, que vous avez lues, comment est-ce que vous avez appréhendé ce rôle de journaliste pour qui le doute, la certitude… 

Vous n’avez pas entendu, je n’ai pas digéré les informations, je ne les digère qu’aujourd’hui. Je les digère avec vous, là. Quand je fais des émissions de radio. Je n’ai rien digéré du tout. Je suis arrivé, je vous dis, je vous le répète parce que c’est important, je n’ai pas d’avance ni de retard sur le personnage. Je n’ai pas commencé à aller voir des brochures, lire des choses sur des enquêtes canoniques, non, je suis arrivé en l’état. Totalement prêt à recevoir, prêt à découvrir, prêt à enquêter. J’ai avancé dans le film, moi l’acteur, au fur et à mesure avec le même étonnement et les mêmes interrogations par rapport à ce que je voyais que le personnage. Ce qui aide évidemment énormément pour jouer la comédie puisqu’on est d’autant plus sincère. On découvre pendant qu’on joue. Donc comme on découvre pendant qu’on joue on joue mieux la découverte, puisqu’on est en train de le découvrir pour de vrai. C’est ça qui m’a intéressé. C’est ça que j’essaie de faire de plus en plus, même depuis un petit bout de temps dans les films, c’est que je ne veux pas, quand le metteur en scène veut me parler — ce qui n’a pas été le cas là — mais quand le metteur en scène veut me parler de psychologie du personnage, je n’ai pas envie quand je vais attaquer le premier jour la scène 1 du film de connaître la psychologie du personnage à la séquence 33, puisque le vrai homme dans la vraie vie qui est ce personnage, moi je ne sais pas ce qui va arriver dans 4 secondes, donc si quelqu’un jouait mon rôle de ce que je suis en train de faire là, il aurait un scénario et il saurait ce que je vais faire en partant d’ici, remonter dans la voiture, aller à l’hôtel, moi-même je ne le sais pas. Donc c’est intéressant. Je vais être forcément sincère puisque je ne sais pas ce qui va m’arriver. De plus en plus j’essaie d’être comme ça en acteur, être à la hauteur exacte du personnage que je vais incarner.  Donc je ne me suis pas renseigné sur Rome, je n’ai pas lu d’enquêtes canoniques, Xavier m’a montré au début une ou deux apparitions pour de vrai sur l’ordinateur, mais quasiment pour me pécher, pour me chopper, pour me ferrer. Mais après plus rien. J’ai rencontré l’actrice au dernier moment, juste avant qu’on tourne. Je n’ai pas lu d’ouvrages là-dessus.  Rien. 

L'interview de Vincent Lindon pour "L'apparition"
L'interview de Vincent Lindon pour "L'apparition" © Tous droits réservés

En tant qu’homme croyant ou non, est-ce que ce film vous a aidé à vous poser des questions que vous ignoriez ?

Probablement. Mais sur le moment, tout le monde me pose cette question et je la comprends très bien, probablement que ça va bouger peut-être des choses chez moi, dans une sorte de questionnement, ou d’intérêt pour le sujet qu’on a évoqué, pour le sujet dont Xavier a fait un film, mais je n’en sais rien, ça n’est pas vérifiable tout de suite. Sur le moment je n’ai pas eu le temps de me concentrer là-dessus, j’avais un rôle à faire, un rôle à jouer, j’étais trop près, j’étais comme ça sur le sujet. La vitesse à laquelle un personnage donne des choses à un acteur est beaucoup plus lente que la vitesse à laquelle un acteur apporte des choses au personnage. Moi c’est un effet immédiat. J’arrive, je joue, Jacques Mayano il est moi. Enfin il me ressemble beaucoup puisqu’il a ma voix, mon nez, ma bouche, ma tête, mon corps, il est moi. Il est là. Je l’incarne. Je lui donne moi. Lui, le personnage, il n’est pas incarné tant que je ne suis pas entré dans sa peau, il est un personnage de papier, un personnage d’écriture. Il s’appelle Jacques Mayano, il est comme dans un livre. Il n’est pas palpable mais il a une psychologie, un chemin, un questionnement, des interrogations, des doutes. Tout ça c’est en étant lui que je vais faire comme un buvard, je vais me faire inonder par lui, mais pendant que je le fais lui je ne prends pas le temps de me rendre compte de ce qu’il me donne. C’est en sortant de ce personnage, plus tard, à des moments auxquels je ne m’y attends même pas, où ça va venir. Ça va me remonter. Mais comme c’est le cas pour les gens, j’allais dire les gens normaux, je suis comme vous, mais vous savez, quelques fois on vit un événement, sur le moment on n’a pas le temps d’analyser cet événement, on réagit, on se débat, on se défend, on se bagarre, on fait le bien, quelques fois on participe au mal, sans le faire exprès, contre son gré, on est en action, et c’est après, ça vous prend, ça peut vous prendre n’importe quand, en vacances, pas en vacances, le matin, le soir, où tout d’un coup on se dit mais au fait, c’est moi qui ai fait ça, c’est dingue. Quelques fois ça nous arrive, on a un dîner formidable, on est tellement impressionné par une personne qu’on rencontre, sur le moment on est totalement en immersion, et puis le soir on se couche, on a envie de se pincer, je ne suis pas fou hein, j’ai bien déjeuné avec telle femme aujourd’hui, j’ai bien vu untel, il m’a bien dit ça, il m’a fait ce compliment… Vous voyez ce que je veux dire ? Mais c’est après. C’est ça avec un personnage.  Sur le moment, là j’étais dans le match, je n’ai pas vu ce que j’ai fait, après vous regardez comme joueur de foot ou de rugby, ce que vous voulez, vous regardez le truc à la télé, vous vous voyez, et vous faites oh la vache ! Sur le moment j’étais à ce que je faisais. Il n’y avait de la place pour rien d’autre. Même pas pour analyser ce que je faisais. J’espère que j’ai répondu à votre question.  

 

L'interview de Vincent Lindon pour "L'apparition"
L'interview de Vincent Lindon pour "L'apparition" © Tous droits réservés

Qu’avez-vous justement retiré d’un rôle comme celui-ci en tant qu’acteur ? Cette immersion au sein d’un monde où le sacré a une grosse importance mais laisse aussi beaucoup de place aux interrogations. Xavier Giannoli l’a dit, ce n’est pas du tout un film qui propose une réponse oui ou non, est-ce que le miracle existe ou pas. Il y a beaucoup plus de subtilités évidemment. Mais vous, en tant qu’acteur.

Ça a été un film long, on a tourné 15 semaines, assez lourd, assez compliqué à faire, j’ai adoré travailler avec Giannoli parce qu’on était tout le temps d’accord au final, mais notre manière d’appréhender les choses, notre manière d’arriver aux choses n’est pas toujours la même donc ça donnait lieu à des discussions, pas des disputes, des discussions, ce qui n’est pas du tout pareil, des discussions, des questionnements, de temps en temps Xavier disait "je ne sais pas, montre-moi, parce que là ce sont des mots, montre-moi ce que tu veux faire".  Donc je disais plutôt que de rentrer…  "Non, montre-moi".  Je lui montrais, il regardait sur le combo, tout d’un coup il faisait "d’accord, je comprends, très bien, c’est vachement bien, je n’avais pas vu la chose comme ça mais c’est très bien si tu rentres par là, dans ce cas-là allons-y carrément, va t’asseoir carrément jusque là-bas". Là c’est moi qui disait " attends ", au lieu de lui dire " montre-moi " parce qu’il ne peut pas me montrer puisque c’est moi qui le fais, c’était une façon de dire montre-moi, je vais essayer et voir si… Ça c’était très intéressant ce travail où… on n’aborde pas les choses de la même manière, il était énormément sur le regard, il me disait tout le temps donne-moi ton regarde, Vincent. Donne-moi tes yeux. Je veux voir tes yeux. Et moi je m’aperçois, quand je joue, que c’est la chose que je donne le moins.  Là, je vous parle, je ne vous regarde pas. C’est une autre manière de donner de l’énergie. Lui voulait que je sois tout le temps comme ça. C’est très intimidant, c’est très difficile, on se délite, c’est très costaud de regarder quelqu’un dans les yeux et de lui parler. Donc quand c’est pendant 15 semaines, tout le temps, à tous les personnages… Et puis on a tendance de penser que ça pourrait être ennuyeux. Alors que quand ça bouge… Voilà c’est des discussions comme ça, j’ai appris tout ça. J’ai appris, très bizarrement vous allez me dire, après 60 films, j’ai appris à de temps en temps donner mon regard, à me poser, à ne pas faire deux choses en même temps, à essayer d’accepter — c’est le personnage — d’accepter que juste par un regard, juste par une immobilité on peut être aussi intéressant et vrai qu’en étant en mouvement. C’était un des principaux travaux. Il m’en restera ce qui m’en restera, c’était pour ce film, il n’est pas question d’appliquer ça à tous les films, on verra bien. Ça aussi je le verrai plus tard, je ne sais pas quand ça va resurgir.

L'interview de Vincent Lindon pour "L'apparition"
L'interview de Vincent Lindon pour "L'apparition" © Tous droits réservés

Vous jouez vraiment dans l’instant en fait. Vous ne prévoyez pas de dire "voilà je vais aborder le rôle de telle ou telle façon, jouer comme ça", c’est vraiment sur le moment aussi… 

Que je dis hein, attention, là je vous parle de la part consciente de l’acteur, en général, moi en particulier mais je pense en général, en fait je travaille beaucoup plus que ça, les acteurs travaillent plus que ça, mais ils captent, ils chinent, ils chopent des choses, ça s’appelle les coïncidences en fait, on s’aperçoit qu’avant un film comme par hasard on ne relève que des choses qui ont à voir avec le film. Je ne sais pas si vous avez déjà fait l’expérience mais vous êtes dans une rue, un matin, vous sortez, tout d’un coup vous voyez passer une vieille Porche ou une vieille DS — vous savez ce que c’est une DS ?

J’adore.

Oh il y a une vieille DS ! Et vous n’avez pas remarqué que dans la même journée vous en voyez 4. Vous vous dites : c’est pas possible, je n’en ai pas vu une depuis deux mois, là j’en vois 4. En fait vous en avez peut-être vu mais quelques fois l’œil ou l’oreille n’entend pas les choses, ne voit pas des choses parce qu’il ne veut pas les voir, et là parce que vous en avez vu une le matin ça a réveillé une petite case DS, du coup vous les voyez toutes. S’il y en a 3 qui passent dans la journée, vous les chopez. C’est un peu ça travailler, en tout cas pour moi. En tout cas à partir du moment où je savais que j’allais être Jacques ben comme par hasard j’entendais mille fois plus fort la cloche de l’église en face de chez moi le dimanche, je me suis mis à croiser une troupe d’enfants de chœur Place Saint-Sulpice — mais ils ne sont pas sortis juste aujourd’hui pour moi ! Ça existe depuis la nuit des temps, sauf qu’avant je ne les vois pas.  Vous voyez ce que je veux dire. 

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L'interview de Vincent Lindon pour "L'apparition" © Tous droits réservés

Vous y faites attention. 

C’est très intéressant. Ça, c’est du travail par exemple. C’est pas du travail en tant que tel, ça veut dire qu’on est en état de travail, on est en état de réception. Moi c’est ça qui m’intéresse. Être en état de réception. Pouvoir recevoir des choses pour pouvoir les restituer, les donner à ma manière, le plus vite possible. Mais il y a d’autres acteurs qui travaillent très en amont, vraiment en travaillant. Chacun a sa technique. Il y en a qui révise un examen jusqu’à 6h du matin la veille de l’examen et qui ont de très bonnes notes, il y en a d’autres qui ont pour philosophie 3 jours avant de couper les machines. Aller au cinéma… j’ai assez bossé… Et qui ont des très bonnes notes. Moi je coupe les machines. À un moment ça ne m’intéresse plus. Je ne peux plus. Je ne veux pas trop en savoir. Quand je fais une interview en direct, ou même si elle est enregistrée, peu m’importe, ce qui est le cas, ça ne veut rien dire enregistrée, on ne va pas refaire les choses, je ne vais pas revenir demain pour la refaire, donc je suis en direct en fait, je ne prépare rien avant. Jamais il ne m’arriverait de demander à un journaliste qu’est-ce que vous allez me poser comme questions. Je verrai bien. 

Je pensais aussi à la thématique du film, c’est un film qui aborde aussi le sacré avec énormément d’humanité, c’est presque un film sur l’humain plus que sur le sacré.

Oui, c’est un film très…très précieux, dans le sens comme un bijou précieux, très délicat. Le metteur en scène est un homme très délicat, très cultivé, très érudit, s’intéressant à beaucoup de choses, dont d’ailleurs la qualité principale est la curiosité. Il a abordé ce film avec énormément de respect pour les chrétiens, les catholiques, l’église, la foi, pour toutes les religions du monde d’ailleurs. Parce qu’il n’est pas question que d’une religion. Avec beaucoup de respect, sur la pointe des pieds, sans vouloir déranger, comme un observateur, qui donne son avis mais c’est très intéressant, je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais il est très attaché aux courtoisies, il n’y a rien de vulgaire, il n’y a pas de gros mots, il n’y a pas de moqueries, il n’y a pas de cynisme, il prend au sérieux ces choses-là. Au sens prendre au sérieux. Sans que mon personnage soit un personnage qui se prend au sérieux. Mais il les prend au sérieux. Il les prend sérieusement, voilà. C’est ça que j’aime dans ce film. C’est qu’il en parle sérieusement. Avec parfois de l’humour. Mais c’est puissant. 

Il y a un ton très singulier au film, quel que soit les gens, le pays, une approche parfois documentaire au début quand votre personnage est immergé dans le Vatican, dans la distance, j’ai eu vraiment ce sentiment en voyant le film de me dire je n’ai jamais vu un film comme celui-ci.

Je pense exactement comme vous. Et de plus en plus ce sont des choses qui m’attirent.Je n’ai jamais vu un film comme celui-ci. Il n’est pas question de mieux, moins bien, juste… En fait ça me fait très plaisir que vous me disiez ça parce qu’en fait c’est un prototype. Moi j’adore les prototypes. C’est un film on ne l’a pas vu avant, j’imagine qu’on ne le verra pas après, et c’est très intéressant. On le sent, je le sentais quand je le tournais, je voyais bien que je faisais partie d’une entreprise, d’une aventure très singulière. Les mots sont déformés, maintenant ils peuvent faire peur, mais si on reprend vraiment le mot à ce qu’il veut dire, je trouve que le film est assez magistral. 

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