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L'information de qualité coute cher

L'information de qualité coute cher
19 mars 2013 à 13:372 min
Par cbd

Est-ce la fin de la gratuité de la presse sur internet aux États-Unis ? Le Washington Post va développer son modèle payant. Après le Wall Street Journal et le New York Times, c’est un autre titre de référence qui tente ainsi de faire face à la baisse de ses revenus. Il a perdu 35 millions d’Euros au dernier trimestre de 2012. Dorénavant, chaque lecteur aura un quota de 20 articles mensuels gratuits. Au-delà, il faudra payer.

Pour sa Directrice Générale, le moment est venu de prendre ce virage : " Les lecteurs sont intelligents, ils savent que produire une information de qualité et des analyses en profondeur, ça coute cher ". Le constat parait assez évident.

Il survient alors le rapport annuel sur l’état des médias d’informations aux Etats-Unis indique pour la première fois qu’une partie du public constate une baisse de la qualité de tous les médias : écrits, radio, télé.

Le rapport publié par le Pew Research Center commence par énumérer une litanie de statistiques très sombres. L’audience des émissions d’info à la télé est en baisse. Les effectifs des rédactions de la presse écrite ont reculé de 30% depuis l’année 2000.  Ils sont passés sous les 40.000 personnes pour la première fois depuis 1978 !

Et cela a un impact sur l’offre de contenus, l’information politique et sociale a été réduite de moitié depuis 2005 sur les chaines de télé locales qui sont très puissantes aux Etats-Unis. Aujourd’hui, le sport, la météo et l’info trafic y occupent ensemble 40% du temps d’antenne. Et comme ce sont des infos que on trouve facilement partout ailleurs, la directrice de l’étude interrogée par le Huffington Post y voit, je cite, " la recette pour la poursuite de l’érosion… "

Le bilan n’est guère meilleur du côté des grands réseaux : CNN a fortement réduit ses reportages et la couverture d’évènements en direct pour les remplacer par des débats et des talk-shows qui sont beaucoup moins chers à produire.

Et le public commence à s’en plaindre. D’abord il faut constater qu’une majorité des américains n’a jamais entendu parler des difficultés économiques des médias. Mais ceux qui sont au courant sont ceux qui n’y trouvent plus leur compte et s’en détournent. Ce sont les personnes plus âgées, avec un niveau d’étude plus élevé et qui disposent de plus de moyens financiers plus importants. Très précisément ceux qui sont près à payer pour une information de qualité. Ce constat est donc une très mauvaise nouvelle pour les médias d’information : c’est son cœur de cible qui fout le camp…

Conclusion de la directrice du rapport annuel sur les médias: " Nous sommes arrivés au point où nous devons reprendre le chemin de la qualité et réfléchir à ce que nous offrons au public ".

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