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L'industrie alimentaire veut rendre l’achat de boissons et d’aliments locaux plus attractif et "mettre un terme aux achats transfrontaliers"

L'industrie alimentaire veut rendre l’achat de boissons et d’aliments locaux plus attractif  et "mettre un terme aux achats transfrontaliers"
11 juin 2020 à 10:212 min
Par RTBF

Ce début d'année 2020 est marqué par la crise du coronavirus qui affecte de nombreux secteurs, dont celui de l’industrie alimentaire belge. Alors que 2019 avait été une année record pour le secteur en termes d’investissements (+ 8,8%), d’emplois (+ 2,0%), de chiffre d’affaires (+ 5,9%), d’exportations (+ 2,5%) et de ventes intérieures (+9,4 %) en 2019, la mise à l’arrêt de l’horeca et des exportations entre mars et juin a entraîné une baisse moyenne du chiffre d’affaires de 30%.

Fevia estime également que pas moins d’une entreprise agroalimentaire sur trois a des problèmes de liquidité.

Néanmoins, la fédération de l’industrie alimentaire belge se veut optimiste et "voit un potentiel de reprise économique, bien que cela ne sera pas évident".

Bart Buysse, CEO de Fevia, appelle les décideurs politiques à soutenir les entreprises alimentaires dans trois domaines avec un total de 9 mesures. "Nous devons avoir l’ambition de remonter la pente, de travailler à la reprise économique et d’inverser la courbe. L’industrie alimentaire a prouvé être un moteur potentiel de la reprise économique, mais ce moteur ne démarrera pas tout seul. "

Parmi ces mesures pour aller de l'avant, le secteur demande du soutien et des mesures politiques, notamment pour renforcer le marché belge et développer les échanges internationaux.

Renforcer le marché belge

Parmi les mesures demandées : voici celles visant à renforcer le marché intérieur : 

  1. Rendre plus attrayant pour les consommateurs belges l’achat d’aliments et de boissons dans leur propre pays et mettre un terme aux achats transfrontaliers, qui ont encore augmenté l’année dernière de 3,5 % pour atteindre 639 millions d’euros.
  2. La transposition de la nouvelle directive européenne sur les pratiques commerciales déloyales en droit belge doit protéger correctement tous les acteurs de la chaîne alimentaire et garantir des règles équitables pour tous.
  3. Aider les entreprises à se préparer à l’avenir en réalisant des investissements ciblés dans la transformation numérique et l’économie circulaire.

L'intention est donc claire, il s'agit ici de protéger la production locale et éviter notamment que les consommateurs n'aillent faire les courses en France ou en Allemagne où les prix de certains bien de consommation sont beaucoup plus attractifs en raison d'une fiscalité différente. Fevia souhaite la fin de "la lasagne de taxes et achats frontaliers" et "des règles du jeu équitables pour tous".

Développer les échanges internationaux

Mais la fédération alimentaire se défend pour autant de promouvoir un protectionnisme belge puisque dans le cadre de ses demandes de développement des échanges internationaux, le premier point est clair à ce sujet : 

  1. Continuer à opter pour une politique commerciale ouverte, avec des accords commerciaux équilibrés et dire "non" au protectionnisme. Nous devons préparer nos entreprises autant que possible à un scénario Brexit avec des droits de douane de 18% en moyenne sur 85% des produits alimentaires et des boissons que nous exportons au Royaume-Uni. Cela représenterait un surcoût de 321 millions d’euros (sur un total d’exportations de 2,1 milliards d’euros).

Face au défi de la reprise économique d'un secteur qui a souffert de la crise du coronavirus, l'industrie alimentaire appelle les politiques à prendre des mesures de protection de la production belge, tout en gardant une politique commerciale ouverte. Un fameux challenge à relever.

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