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L'impossibilité pour les couples longue distance et non mariés de se revoir à cause du COVID-19

L'impossibilité pour les couples longue distance et non mariés de se revoir à cause du COVID-19

La Belgique a réaffirmé ce lundi sa volonté de maintenir ses frontières fermées aux 15 pays pourtant considérés comme sûrs par l’Union européenne. Une décision qui a déçu plus d’une personne. Et plus particulièrement les couples dont le partenaire vit hors Union européenne. Des couples qui ne sont pas mariés et dont le statut n’est donc pas reconnu.

En attendant, pour ces amoureux séparés de force, le temps commence à devenir long. C’est le cas d’Amandine, en couple depuis 7 ans. Son compagnon, un Belge, travaille pour l’instant à New York dans le cadre d’un post-doctorat. Ils devaient se revoir au mois de mars, mais ça a été annulé à cause du confinement. Résultat : ils ne se sont plus vus depuis le nouvel an.

"Pour le moment, on vit plutôt de semaine en semaine", nous explique-t-elle avec un petit trémolo dans la voix quand nous lui demandons comment elle vit cette situation. "On espère que cela va quand même se débloquer un moment ou un autre. Mon compagnon a quand même envisagé, à un moment, de démissionner… Mais comme ce genre de bourse est quand même assez difficile à décrocher, ce serait vraiment dommage pour sa carrière de devoir renoncer à un financement pour lequel il a dû se battre pour l’obtenir. Mais là, c’est vrai, cela devient long. Je crois que l’on est jamais resté si longtemps sans se voir".

L’imagination comme seule espoir pour l’instant

En tant que Belge, son compagnon pourrait revenir en Belgique. Par contre, il ne pourrait sans doute pas retourner aux Etats-Unis : "La législation au niveau fermeture des frontières aux Etats-Unis, c’est qu’ils n’autorisent pas les personnes qui ont séjourné les quatorze derniers jours en Europe à rentrer sur le territoire. Donc, éventuellement, la dernière idée que l’on a eue, c’était qu’il revienne en Europe et puis, qu’il aille passer quatorze jours dans un autre pays hors Europe qui est ouvert aux Etats-Unis. Mais cela l’obligerait à partir pour une durée assez longue, même s’il ne veut revenir qu’une semaine en Belgique, et sans l’assurance que cela marchera", nous confie Amandine.

"D’autant que dans l’université où il est, certains post-doctorants sont rentrés dans leur pays. Et depuis la fermeture des frontières américaines, ils ne sont plus autorisés à revenir sur le territoire américain. L’université a tenté de les aider, mais elle n’y est pas parvenue…"

Se rendre dans un autre pays pour pouvoir se retrouver. Jeremy y a également pensé. Son petit ami, avec qui il partage sa vie depuis 3 ans, est Américain : "On a déjà regardé pour se retrouver, peut-être, aux Caraïbes, éventuellement. Mais maintenant, cela devient très compliqué, même pour les Américains parce que, vu la situation sanitaire aux Etats-Unis, les Américains commencent aussi à être un peu bloqués à travers le monde. Ils n’ont plus accès aux pays autour d’eux maintenant", témoigne ce Belge.

Prévoir une exception comme au Danemark et en Suède

Aujourd’hui, il demande à la Belgique de suivre l’exemple du Danemark et de la Suède : "C’est que le gouvernement belge accepte d’étendre l’accès au territoire, pas seulement aux personnes mariées, mais aussi aux gens qui sont en couple depuis un certain temps et qu’ils puissent le prouver. Et qui grâce à ça aurait accès au territoire belge, sous certaines conditions très claires, comme c’est déjà le cas pour les personnes mariées".


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Cette reconnaissance des couples non mariés, c’est également ce qu’espère Eva dont le petit ami habite en Israël. Une relation qui dure depuis 2 ans. Ils devaient se revoir cet été chez lui, mais son visa a été refusé par l’ambassade israélienne, son voyage n’étant pas considéré comme "essentiel". Depuis 4 mois, elle appelle tous les jours et envoie des e-mails aux responsables politiques et autres, pour tenter de trouver une solution à sa situation, sans résultat pour l’instant.

Une mobilisation sur Facebook

Raison pour laquelle elle a créé, le 2 juillet dernier, un compte Facebook appelé "Belgians separated from loved ones by travel bans – loveisnottourism". Un compte via lequel, elle récolte les différents témoignages de Belges qui se trouvent dans la même situation qu’elle. En une semaine, elle affirme en avoir déjà récolté presque 3000.

"Il y a aussi un autre grand groupe qui a été créé sur Facebook et qui a déjà aussi beaucoup de membres, près de 3000 aussi, je pense. Je connais aussi d’autres personnes qui ont un petit ami en Israël. Donc, je ne suis vraiment pas la seule", affirme Eva. "Pour nous, c’est difficile, mais dans notre groupe nous avons aussi une femme qui est enceinte de son premier enfant et le futur papa ne peut pas venir en Belgique. On se sent seules".

Eva demande également aux personnes concernées d’utiliser les hashtags #LoveIsNotTourism et #LoveIsEssential sur les médias sociaux.

L’Europe réagit mais pas la Belgique

Si au niveau européen, il y a déjà eu une réaction, notamment du député européen Moritz Körner via Twitter, les autorités belges restent, pour leur part, muettes.

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Nous n’avons pas réussi non plus à obtenir de réponse ni du côté des Affaires étrangères ni de la part de la Première ministre.

De son côté, Eva prépare une lettre ouverte qu’elle compte envoyer à la Première ministre, au ministre des Affaires étrangères et à la ministre de la Santé ce mercredi soir.

Une pétition est également en cours de préparation.

L'impossibilité pour les couples longue distance et non mariés de se revoir à cause du COVID-19
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Reportage JT du 06 avril dernier:

Confinement : déplacements autorisés pour les couples non officiels

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