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L'Îlot, une asbl pour sortir du sans-abrisme

L'Îlot, une asbl pour sortir du sans-abrisme
01 nov. 2018 à 21:10 - mise à jour 01 nov. 2018 à 21:102 min
Par Jim Nejman

Créée en 1960, l’asbl LÎlot promeut la justice sociale et vise le développement d’une société solidaire. Adoptant une "posture qui n’est pas celle de l’approche caritative, mais celle du rétablissement des droits fondamentaux des personnes", cette asbl accompagne tout au long de l’année des sans abris en situation de grande précarité ou de difficultés sociales. Ariane Dierickx, la Directrice de l’Îlot, était au micro de François Denamur dans Week-end 1ère.

"Le droit au logement est un droit mentionné dans l’article 23 de la constitution belge mais force est de constater que ce droit est loin d’être respecté" s’exclame François Denamur. Ne pas avoir de logement aujourd’hui signifie ne pas pouvoir bénéficier des droits qui en découlent. Sans adresse, impossible de trouver un travail, ni d’inscrire ses enfants à l’école par exemple. Sans adresse, difficile d’exister.

Luttant 365 jours par an contre l’exclusion sociale, L’Îlot se compose d'une cinquantaine de volontaires qui mettent en place des actions concrètes au quotidien avec un objectif clair : l’approche par le logement pour permettre aux personnes en situation de précarité d'en sortir durablement. "Sans un toit au-dessus de sa tête, il est très compliqué de se projeter dans l’avenir. On ne pense qu’aux 24 heures qui vont suivre… Donc en effet l’approche par le logement nous paraît être la seule, ou en tout cas un des points centraux d’une approche qui doit permettre de durablement sortir ces personnes de cette très grande précarité" explique Ariane Dierickx.

La fin du sans-abrisme, un choix politique ?

Lorsque François Denamur s’interroge sur l’incapacité des politiques à résoudre cette crise sociale, la réponse d’Ariane Dierickx est sans équivoque : "la politique du gouvernement contre le sans-abrisme est un échec. Le constat c’est que l’ambition politique n’est pas assez forte. Nous avons aujourd’hui les moyens de mettre fin au sans-abrisme, ou en tout cas on devrait en avoir les moyens. Il y a parfois des avancées dans les bonnes directions mais pas avec l’ambition qu’on souhaiterait voir de la part des politiques, donc pour nous c’est un gros échec."

Deux femmes sans abris victimes du froid à Bruxelles

Difficile de ne pas évoquer l’actualité de ces derniers jours avec les deux femmes sans abris mortes d’hypothermie dans les rues de Bruxelles. "L’hiver est à peine à nos portes et déjà un drame" déclare avec émotion François Denamur. Une constatation qui ne manque pas de toucher Ariane Dierickx qui, la voix tremblante, explique à quel point vivre dans la rue isole du reste de la société. "Tout d’abord, on voudrait aujourd’hui pouvoir présenter nos condoléances aux proches et aux familles de ces personnes. Malheureusement, à l’heure où je vous parle, nous ne connaissons même pas encore leurs noms. Vivre en rue, c’est devenir invisible au point que même jusqu’à la fin, personne ne vous connaît, personne ne vous reconnaît."

Cependant, Ariane Dierickx ne manque pas de rappeler que selon elle, il n’y aurait pas plus de décès en hiver qu’en été. "Le Collectif des Morts de la Rue avait recensé en 2015 qu’un peu plus de 350 personnes étaient mortes en 10 ans mais que le pourcentage n’était pas plus élevé l’hiver que l’été. On voit que c’est une distribution quasiment égale tout au long de l’année. La réalité c’est qu’on meurt toute l’année quand on est sans abri."

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