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Economie

L'HoReCa a du mal à recruter : "il y a une véritable professionnalisation du secteur qui est nécessaire"

L'invité dans l'actu

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14 juil. 2022 à 05:57Temps de lecture3 min
Par M. Allo sur base de l'invité dans l'actu

L’Horeca souffre et on le voit avec ce nouvel exemple de la brasserie Dubuisson qui a tiré la sonnette d’alarme cette semaine. Celle qui produit entre autres la Bush et qui possède une série de bars et restaurants en Wallonie n’arrive pas à trouver des employés depuis des semaines, 34 postes sont vacants.

L’Horeca a du mal à retrouver son souffle, le secteur a souffert de la crise sanitaire, des horaires et une pression qui sont parfois compliqués à assumer, il y a moins de volontaires.

Pour illustrer cette situation, un reportage à écouter ci-dessous, réalisé ce mardi par Margaux Dubrulle du côté de la place Saint-Boniface à Ixelles, en Région bruxelloise.

Reportage HoReCa place Saint-Boniface

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Dans le reportage qui précède on entend un employeur dire que les nouveaux employés demandent une certaine flexibilité. Y a-t-il chez les jeunes un autre rapport au travail que celui que demande l’Horeca ?

Certainement, explique Thierry Neyens est le porte-parole du secteur HoReCa pour la Wallonie. C’est un peu la réalité, dit-il. Il y a évidemment toujours des exceptions dans un sens ou dans l’autre. "Oui, le secteur a du mal à recruter. Le secteur doit aussi être rentable et donc l’ensemble de la problématique à la fois liée à un manque de main-d’œuvre, mais aussi à l’augmentation des coûts des charges, de l’exploitation et des matières premières fait que les perspectives pourraient être assez sombres au niveau du secteur pour la fin de l’année."

La période estivale est aussi celle des jobs étudiants, cela doit aider un peu, mais est-ce que le problème est plus structurel ?

Pour le porte-parole du secteur HoReCa en Wallonie, il y a un problème plus structurel à la situation actuelle. Il rappelle qu’historiquement, "il y a toujours eu une certaine réticence par rapport à envoyer les enfants dans des filières de formation technique, que ce soit dans l’Horeca ou dans la construction ou dans d’autres métiers manuels."

Une situation qui a été amplifiée par la crise Covid et les confinements, ce qui a eu un impact financier pour les salariés, mais aussi pour les entreprises. "Il y a un problème d’attractivité parce que le revenu de remplacement pendant la période de chômage était de 70% environ. Certains travailleurs ont choisi de quitter le secteur pour avoir une certaine sécurité d’emploi et donc une sécurité financière." Face à cette réalité, des étudiants viennent en support, mais, dit-il : "ils ne vont pas remplacer un chef de cuisine, un commis, un chef de rang. Donc, il y a aussi une nécessité d’avoir un cadre pour entourer le personnel extra".

Augmentation des charges et des prix de l’alimentation

Le fait est que le secteur HoReCa a évidemment besoin de gaz et d’électricité pour fonctionner. Or, l’augmentation des prix de l’énergie est une réalité : "donc vous multipliez ça par 5, 10 ou par 100 en fonction de la taille d’une entreprise. Et vous verrez que ce poste est difficilement répercutable dans le prix de l’addition. Et donc comment être en équilibre dès lors que, certains jours il faut refuser des clients par manque de personnel, et néanmoins faire face à des coûts de loyers, de primes d’assurances qui vont elles-mêmes aussi augmenter", détaille Thierry Neyens. Cette succession, voire superposition de problématiques et de coûts inquiètent le secteur, dit-il.

Que peuvent mettre en place les employeurs pour garder leur personnel ?

Avant de devoir recruter, "il faut d’abord fidéliser et fidéliser ça fait partie des discussions, ça fait partie d’un esprit d’équipe, d’un coaching, d’une réflexion entre employeurs et salariés", selon le porte-parole du secteur HoReCa pour la Wallonie.

il faut aussi que la clientèle accepte qu’il y ait une majoration légère ou majorations des prix dans les menus, dans les boissons

Certaines adaptations ont déjà été faites depuis plusieurs mois, dit-il. ET ajoute : "Il faut vraiment avoir une vision sur la répartition des tâches, sur la diminution peut-être du stress, être vigilant par rapport au bien-être au travail et donc à ce moment-là, c’est aussi renforcer aussi les équipes avec des extras. Mais l’ensemble de ces coûts se superposent et il faut aussi que la clientèle accepte qu’il y ait une majoration légère ou majorations des prix dans les menus, dans les boissons".

Se réinventer

Face à cette série de problèmes, le secteur doit-il se réinventer ? Selon Thierry Neyens, il faut prendre un peu de hauteur. "Il faut partager les trucs et astuces, les bonnes pratiques entre confrères, entre collègues et la fédération est là aussi pour donner un petit peu l’input, et organiser et coordonner ces réflexions".

Il y a aussi, dit-il, une nécessité d’analyser l’ensemble des coups afin d’envisager des solutions pour les réduire. Cela concerne l’énergie, mais aussi la politique d’achat. "Et donc on ne peut plus s’improviser restaurateur, cafetier, hôtelier, comme ça a pu être fait il y a quelques dizaines d’années, en étant autodidacte. Mais il y a une véritable professionnalisation du secteur qui est nécessaire et la gestion est primordiale."

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