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L’État belge ne parvient pas à faire expulser Abdallah Ouabour

L’État belge ne parvient pas à faire expulser Abdallah Ouabour
28 janv. 2022 à 09:402 min
Par Alain Dremiere RTBF INFO avec Belga

EDIT : cet article a été modifié le 31 mars pour apporter une réaction des avocats de M. Ouabour.

Le titre initial de cet article a également été modifié. Issu d’une dépêche Belga, il ne permettait pas suffisamment d’identifier le terme "prédicateur de haine" comme une déclaration issue de rapports de l’OCAM et de la Sûreté de l’Etat. En revanche, le corps de l’article précisait bien que Monsieur Ouahbour avait contesté ce terme et obtenu gain de cause devant la Cour d'appel de Mons.


L’État belge souhaitait expulser Abdallah Ouahbour. Cet habitant de Maaseik (Limbourg) représente une "menace pour la société" pour l’OCAM. Cependant, le Conseil du contentieux des étrangers s’y est opposé, écrivent jeudi les titres du groupe Mediahuis.

Des rapports de l’OCAM et de la Sûreté de l’Etat décrivent effectivement Abdallah Ouahbour comme un "prédicateur de haine" présentant un haut degré de menace.

Haut degré de menace

L’individu serait un des principaux meneurs du "Groupe de Maaseik", lié aux attentats de Casablanca et Madrid qui ont fait 250 morts en Espagne en 2003. Un dernier rapport de la Sûreté de l’Etat pointe en outre son soutien moral et financier au groupe terroriste Etat islamique.

L’an dernier, l’Office des étrangers a entamé une procédure pour l’expulsion d’Abdallah Ouahbour, qui est marié et père de deux enfants. En juin, le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Sammy Mahdi (CD&V) a tranché que l’homme de 48 ans, qui dispose de la nationalité marocaine mais qui est né en Belgique et y vit depuis 1990, devait quitter le territoire.

M. Ouahbour s’est opposé à son expulsion car il dit souffrir du syndrome de stress post-traumatique et craindre d’être arrêté au Maroc.

Pas de "base solide" pour l’expulsion

"Ces affirmations sont terribles mais dénuées de fondement, raison pour laquelle, le 16 décembre 2021, le Conseil du contentieux des étrangers (CCE) a annulé la décision de retrait de séjour de Sammy Madhi. Cet arrêt est extrêmement positif pour notre Etat de droit. Six juges du CCE ont en effet décidé de faire primer, sur des rumeurs, deux principes fondamentaux de nos Démocraties : exiger des preuves suffisantes et respecter l’autorité des décisions de justice. Les six juges francophones et néerlandophones du CCE ne sont pas des laxistes. Ce sont des juristes indépendants et impartiaux qui ont tenu compte du droit et des faits.

Ainsi, Monsieur Ouabour n’est pas membre d’un groupe terroriste, du GICM ou " Groupe de Maaseik " disent les avocats dans une réaction communiquée à la RTBF.

Le Conseil du contentieux des étrangers a en effet décidé de rejeter la demande d’expulsion. Selon cet organe, les rapports de l’OCAM et de la Sûreté de l’Etat ne présentent pas de "base solide" pour expulser quelqu’un du territoire. Les accusations sont "trop vagues" et "trop générales".

 

 

Rectificatif de la rédaction

 

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