Guerre en Ukraine

L'embargo pétrolier pourrait être l'ultime sanction énergétique de l'UE contre Moscou, selon Alexander De Croo

Le Premier ministre Alexander De Croo arrive à la réunion spéciale du Conseil européen, au siège de l'Union européenne à Bruxelles, lundi 30 mai 2022.

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31 mai 2022 à 08:53Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Estelle De Houck

Le large embargo sur le pétrole russe décidé lundi soir à Bruxelles par les chefs d'État et de gouvernement de l'UE pourrait marquer un point final dans la politique de sanctions énergétique européenne contre Moscou, a confirmé mardi le Premier ministre belge Alexander De Croo, alors que son homologue hongrois Viktor Orban criait victoire.

"Pour la Belgique, ce paquet est un grand pas en avant, arrêtons-nous là pour le moment et voyons son impact. D'ailleurs nous devons décider aujourd'hui comment mieux maintenir les prix de l'énergie sous contrôle, et éviter que nous connaissions cet hiver les mêmes difficultés que l'hiver dernier, c'est ça la priorité", a commenté Alexander De Croo à son arrivée au deuxième jour du sommet de Bruxelles.

De son côté, Viktor Orban a salué l'accord, qui prévoit une exemption pour le pétrole acheminé par oléoduc, permettant ainsi à son pays de continuer à recevoir du brut bon marché venu de Russie. Le dirigeant nationaliste bloquait depuis plusieurs semaines le projet d'embargo européen, parlant de "bombe atomique" lancée sur son économie.

Finalement, pour lever le veto de Budapest, les Vingt-sept ont limité l'arrêt des importations au pétrole russe transporté par bateau, soit les deux tiers des achats européens. Avec un engagement de l'Allemagne et de la Pologne de se priver du pétrole de l'oléoduc Droujba, ce sont 90% des importations de brut russe dans l'UE qui seraient coupées d'ici la fin de l'année.

L'extension de l'embargo aux livraisons par oléoduc sera ensuite discutée "dès que possible" sans qu'une date butoir ne soit fixée.

Un "compromis honteux"

Pour l'ancien Premier ministre belge et eurodéputé Guy Verhofstadt, il s'agit ni plus ni moins d'un "compromis honteux" qui permettra à l'UE de continuer à acheter du pétrole russe jusqu'à la fin de l'année, finançant ainsi la machine de guerre de Poutine, d'autant plus que des pays comme la Hongrie bénéficient d'une exemption indéfinie.

Il a une nouvelle fois appelé à mettre fin à la règle de l'unanimité dans la politique étrangère de l'UE.

"Non, c'est une grande victoire pour l'Europe, qu'à nouveau, nous ayons été capables de décider à vingt-sept pays", estime pour sa part l'actuel Premier ministre.

Quid du gaz ? 

Des pays de l'est de l'Europe appellent déjà à un septième paquet de sanctions, réclamé aussi par l'Ukraine.

Pour la Première ministre estonienne Kaja Kallas, un embargo sur le gaz devrait figurer dans ce septième paquet, "mais je suis réaliste, je pense qu'il n'y sera pas", a-t-elle tempéré. Vu les coupures de gaz déjà imposées par Gazprom aux pays qui refusent de payer leurs achats en roubles, elle constate que "ce sont les Russes qui mettent (eux-mêmes) les sanctions sur le gaz".

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