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L'école fondamentale généralement moins chère en Flandre

30 août 2018 à 04:003 min
Par Sarah Heinderyckx

C'est inscrit dans la constitution : l'enseignement en Belgique doit normalement être gratuit. Mais dans les faits, bien souvent, difficile de respecter ce principe entre les fournitures scolaires, les activités, voyages ou frais de garderie. Pourtant, dans l'enseignement maternel et primaire en tout cas, la Flandre impose de nombreuses limites et interdit par décret de facturer aux parents les fournitures nécessaires à l'apprentissage.

La plupart du matériel fourni dans les écoles néerlandophones

Dans sa maison de Tervuren, Magali Vandermeersch déballe les fournitures scolaires qu'elle a achetées pour ses trois filles, élèves dans une école néerlandophone. Deux classeurs pour Célestine et Zoé qui entrent en troisième primaire, une équerre et une calculatrice en plus pour Élise qui entre en cinquième, mais c'est tout !

"Tout le reste est fourni par l'école", précise Magali, "ils n'ont même pas besoin de plumier. Ils ont un petit bac dans lequel se trouve tout leur matériel : crayons, gommes, stylos, bics... qui sont fournis par l'école elle-même".

Magali déballe les quelques fournitures achetées pour ses 3 filles
Magali déballe les quelques fournitures achetées pour ses 3 filles RTBF

"Maximum factuur" : les dépenses plafonnées

De sacrées économies pour la rentrée, d'autant qu'en Flandre toujours, des plafonds sont fixés pour les activités d'un jour.

"Chaque année on reçoit dans le règlement ce qu'ils appellent la maximum factuur", ajoute la maman, "en tout cas en primaire ici, c'est 85 euros par enfant par an, ce qui n'est vraiment pas grand-chose"

Un plafond est même fixé par le décret pour les voyages scolaires : pour les six années de primaire, ils ne peuvent dépasser les 435 euros.

Les enfants, ce n'est pas gratuit

Côté francophone, la situation est bien différente. Les listes de fournitures sont souvent longues et très détaillées. Feuillets à la main, de nombreux parents errent dans les rayons à la recherche des produits parfois très précis demandés par les écoles.

"On remarque que beaucoup d'établissements demandent des marques", explique une vendeuse de supermarché, "il faut Bic, Maped, et pas de marques propres".

"C'est un budget en plus", ajoute le papa de jumeaux dans le rayon, "comme les vêtements, les repas... c'est un budget aussi c'est clair. Les enfants, ce n'est pas gratuit".

Côté francophone, les listes de fournitures scolaires sont souvent longues et détaillées
Côté francophone, les listes de fournitures scolaires sont souvent longues et détaillées RTBF

Les achats groupés

Alors certains s'organisent. À l'école La Vierge fidèle à Schaerbeek, deux mamans responsables d'une association de parents sont passées par un fournisseur pour proposer des achats groupés. Cent trente familles en ont profité.

Marie Dupuy Decaestecker, coprésidente, précise : "L'avantage c'est qu'ils commandent pour de nombreuses écoles en Belgique, donc on a des tarifs qui sont plus intéressants. En moyenne, on gagne 20% sur des produits classiques qu'ils achètent en gros".

Initiatives communales

De nombreuses communes ou écoles tentent aussi de réduire les coûts de la scolarité. Dans les classes de l'école numéro 10 à Schaerbeek, le directeur répartit les nombreux cahiers et manuels fournis gratuitement depuis cinq ans en Fédération Wallonie Bruxelles. Mais dans cet établissement, on fournit aussi d'autres articles.

"Nous avons un budget de plus de 6000 euros annuels pour toutes les commandes de matériel de bricolage", explique Badr eddine Ouartan, le directeur, "pour du matériel pour la fête des mères par exemple, mais aussi de la peinture, des pinceaux, des ciseaux ou de la colle. Autant de choses qui ne se retrouvent pas sur la liste de fournitures puisqu'elles sont prises en charge par l'établissement".

Depuis 5 ans, la circulaire gratuité interdit de faire payer manuels et cahiers en Fédération Wallonie-Bruxelles
Depuis 5 ans, la circulaire gratuité interdit de faire payer manuels et cahiers en Fédération Wallonie-Bruxelles Sarah Heinderyckx

Un budget pour les transports

La commune de Schaerbeek, à l'instar de la Flandre, a elle aussi décidé de plafonner les activités d'un jour à 85 euros par an en primaire, et fait pas mal d'efforts pour y arriver.

"L'administration communale a mis à disposition un budget pour les transports", précise le directeur, "ce qui fait qu'il y a vraiment un moindre coût pour les parents. On ne s'en rend pas toujours compte, mais bien souvent ce qui coûte le plus cher ce sont les transports".

Une autre histoire dans le secondaire...

Grâce à cette mesure, certaines sorties passent donc de 17 à 5 euros par enfant. Soupe gratuite en maternelle, réduction voire exonération des frais de garderie pour les parents en difficulté, de gros efforts sont mis en place pour réduire les coûts, mais il s'agit souvent d'actions au cas par cas.

En règle générale, l'école fondamentale coûte moins cher chez nos voisins néerlandophones. Mais dans un cas comme dans l'autre, c'est clair, la gratuité totale n'existe pas. Notons aussi que dans le secondaire, l'absence de décret flamand rend la situation très comparable au côté francophone.

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